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5 points de convergences

Publié, le mercredi 25 février 2004 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : lundi 1er mars 2004


Points de convergences

1) CHOIX DE VIE, CHOIX DE PRATIQUES, CHOIX DE TEMPORALITE

Ce que nous, chercheurs et intermittents, avons en commun dépasse la production de savoir et de sensible. Ce sont des pratiques sensibles et sensées, c’est un certain rapport au temps déconnecté de l’emploi grâce à un statut pour les uns, à un régime d’assurance chômage pour les autres, ce sont des formes d’existences. Or les réformes qui nous touchent sont du domaine du contrôle de leurs fabriques, mais aussi de leurs temporalités et de leurs choix de vie. Il ne s’agit pas, pour les intermittents comme pour les chercheurs, de défendre un statut, mais de revendiquer la possibilité de la créativité, du choix de ses formes de vie, du préférer ne pas.

2) PRECARITE SANS DROIT

Ce n’est pas pour lutter contre l’intelligence, mais pour « remettre en cause des privilèges inéquitables, dénoncer des illusions, demander de justes efforts, faire confiance dans les initiatives », pour « remettre la France en marche et préparer l’avenir » que le gouvernement et le MEDEF s’attaqueraient aux « intellectuels », le premier s’occupant des chercheurs, le second des intermittents. Pourtant, comme dans toutes les sphères de la société, les emplois dans la recherche connaissent une précarisation croissante, précarisation non pas accidentelle mais structurelle. Non seulement il faut passer par au moins 20 ans de précariat, du DEUG au post-doc, avant de prétendre au moindre statut, mais les postes fixes sont désormais si rares que de plus en plus de « chercheurs précaires » alternent, voire cumulent, CDD avec des institutions publiques ou privées et ASSEDIC ou RMI. Quant aux intermittents, soit-disant trop nombreux à se reposer sur les ASSEDIC, une bon tiers ne bénéficie pas de notre régime spécifique d’assurance chômage. Or les réformes qui nous attaquent, et plus généralement toutes les réformes en court, s’inscrivent dans une politique générale de précarisation de toutes les activités de la société, sans les assurer de droits collectifs. Ce n’est pas une certaine précarité de nos pratiques que nous dénonçons, mais la destruction de droits collectifs qui les accompagnaient, alors même que nos systèmes de garanti du revenu dans la discontinuité de l’activité pourraient inspirer d’autres pratiques.

3) INTELLIGENCE HUMAINE COMME BIEN COMMUN

Nous ne défendons pas le monopole de l’intelligence, nous défendons au contraire toutes les créations de l’intelligence humaine comme bien commun de l’humanité. Nous rejetons ainsi la logique d’assujettissement du bien commun aux lois de la concurrence et du marché, et refusons toute application des dispositifs de l’AGCS (Accord Général sur le Commerce des Services). Nous combattrons toutes les réformes qui transforment en entreprises la culture, la santé, l’éducation, la recherche. Résister a la guerre contre l’intelligence, ce n’est pas se prétendre « les intelligents », c’est lancer un appel à l’intelligence de chacun. C’est pourquoi nous choisissons d’opposer des luttes transversales articulées par un refus commun et d’entreprendre une contamination où s’affirme, contre leur désert, nos mondes.

4) SCIENCE SOUS CONTRÔLE ET CULTURE DE L’ EXCEPTION

En même temps que l’offre d’emploi se réduit dans la recherche, nous assistons à une « thématisation » imposée de toutes les orientation de recherche. Ainsi le rapport Belloc , qui réforme le statut des enseignants-chercheurs (qui permettait de gérer sans contrôle nos recherches en échange de l’obligation de faire 192h devant un public d’étudiants) punit les contenus de recherches qui ne suivent pas les orientations thélmatiques choisies par des heures de cours supplémentaires. Il s’agit de ne permettre la survivance, à coté de la recherche et de la culture immédiatement rentables, que de quelques « pôles d’excellence » scientifique aux orientions choisies par l’Etat, tout comme le système de subventions discrétionnaires de l’exception culturelle ne fait que maintenir une culture sous contrôle. Nous refusons cette recherche comme cette culture de l’exception. Nous refusons de n’avoir le choix qu’entre les lois du marché, et les choix d’orientations thématiques imposés ou le goût de comités de lectures distributeurs de subventions. Nous revendiquons le droit de chercher et de créer même hors de tout statut, d’exercer librement nos pratiques selon nos propres temporalités, ce qui passe par une continuité de revenu permettant une certaine autogestion du temps, mais aussi par une certaine disponibilité d’accès vis-à-vis des outils de production et de diffusion du savoir et du sensible

5) OUVERTURE DE LA SCIENCE ET ACCES A LA CULTURE

La critique de la thématisation imposée n’implique pas que nous rejetons toute décision sociétale vis à vis des orientations de recherche. La question du public nous semble au contraire primordiale, et nous posons la question de l’évaluation de nos recherche. Nous demandons une véritable ouverture de la recherche à la société, et nous posons plus largement la question de l’accès à la culture.





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