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Travail illégal des jeunes chercheurs : le rapport noir

Publié, le dimanche 14 mars 2004 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : dimanche 14 mars 2004


« Beaucoup de laboratoires de recherche français fonctionnent grâce à une main d’oeuvre parmi la plus qualifiée, mais ne bénéficiant pas de la protection sociale la plus élémentaire. Pire, de nombreux laboratoires fonctionnent précisément grâce au fait qu’une part essentielle de leur main d’oeuvre ne bénéficie pas de cette protection : le travail dissimulé, évidemment, permet des économies significatives sur la masse salariale. »

La Confédération des Jeunes Chercheurs rend public ce jour son « Rapport sur les conditions de travail illégales des jeunes chercheurs » 03/2004, 81p.

Une version électronique de ce rapport est téléchargeable au format PDF à l’adresse suivante :
[ http://cjc.jeunes-chercheurs.org/dossiers/ ] (taille : 1.5 Mo environ). Voir aussi la note de synthèse.

À quelques jours de la probable démission collective des directeurs de laboratoires de leurs responsabilités administratives (voir [ http://recherche-en-danger.apinc.org/ ] ), ce rapport de la CJC devrait faire l’effet d’une bombe dans le milieu de la recherche publique. Il lève le voile sur l’énormité du recours à la précarité dans la recherche, en épinglant par le détail l’illégalité des conditions de travail de nombreux jeunes chercheurs.

Le chiffre le plus alarmant mis en avant par la CJC est le rapport entre d’une part le nombre de chercheurs et enseignant-chercheurs permanents (environ 72 000 après calcul, ou 66 000 d’après le ministère) dans la recherche publique et d’autre part le nombre de (jeunes) chercheurs précaires : 70 000 doctorants (alors qu’il y en avait 30 000 en 1990) et une dizaine de milliers de contractuels post-doctorants. Pour rendre la réalité, il faudrait pouvoir ajouter à la cohorte des précaires de la recherche les post-doctorants hors contrats (travailleurs au noir payés sur libéralités, en nature ou sur fausses missions, bénévoles vivant du chômage, du RMI etc.) pour lesquels il n’existe bien entendu pas de données chiffrées publiques.

Dans ce rapport, la CJC épingle particulièrement le recours aux libéralités (rémunérations au noir sous forme de bourses de fondations) pour financer les recherches. Ces seules libéralités concernent plusieurs milliers de personnes. Elle explique aussi les mécanismes qui rendent possible cette situation et cette explication s’applique aux autres formes de précarité rencontrées dans la recherche.

Outre le manque de moyens, « le principe qui est généralement décliné pour justifier ou décider la rémunération de jeunes chercheurs au noir est la négation du travail de recherche des personnes concernées. Ensuite, la mise en oeuvre de ce principe général s’appuie entre autres sur des effets de déresponsabilisation des acteurs, d’hypocrisie et de jeu sémantique. » Toujours selon le rapport de la CJC, ces mécanismes reposent sur :
- un flou juridique : l’inscription universitaire des chercheurs doctorants fait qu’on les considère comme de simple usagers de l’université, à tort puisque leur production au sein des équipes de recherche est pleinement reconnue. La « rhétorique a fabriquer des étudiants à vie » est parfois pousée jusqu’après la thèse. la dissociation entre recruteur, employeur et financeur rend par ailleurs les recours juridiques inopérants ;
- un flou sémantique : où les contrats de travail sont appelés des bourses et où le travail est appelé formation complémentaire ;
- des déterminants structurels et économiques ;
- et une absence de reconnaissance (juridique, économique, démocratique et collective) des jeunes chercheurs.

Ce rapport avance un certain nombre de propositions visant à changer les pratiques des acteurs de la recherche vis-à-vis des libéralités et s’attaquant plus généralement à la précarité des jeunes chercheurs (double chez les étrangers du fait de « titres de séjours inadaptés »).

On peut espérer que ces propositions feront débat dans les laboratoires, et maintenant que l’ampleur de la précarité des jeunes chercheurs commence a être connue, il est indispensable que le mouvement actuel dans la recherche aboutisse à un ensemble de mesures la résorbant totalement.

Pierre, chercheur/chômeur, membre du collectif enseignants et chercheurs précaires (Marseille).





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