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02 juillet 2003

Lettre au Premier ministre


« Monsieur le Premier ministre, nous attendons de vous un geste significatif »

Publié, le dimanche 20 juillet 2003 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : dimanche 20 juillet 2003

mercredi 02 juillet 2003 (Liberation.fr - 11:32)


Plusieurs dizaines d’artistes, d’acteurs et de réalisateurs (dont Charles Berling, Zabou Breitman, Catherine Deneuve, Antoine de Caunes, Jean-Pierre Vincent...) signent une pétition en faveur des intermittents. Libération.fr publie le texte et la liste des premiers signataires.

Face à l’extrême complexité de la situation de blocage actuel qui pénalise à la fois les artistes et techniciens mobilisés pour la défense de leurs droits, les publics déçus dans leur attente de spectacles pour lesquels ils se sont préparés durant des mois, les professions du tourisme, de l’hôtellerie qui vont perdre beaucoup si ce conflit ne trouve pas rapidement une issue positive, nous vous demandons :

- de surseoir à l’agrément nécessaire à la validation des modifications du statut des intermittents.

- de nommer un médiateur qui ait la confiance et l’estime de toute la profession chargé d’entendre les uns et les autres.

- de vous engager publiquement à encourager les partenaires sociaux et le Medef signataires à se remettre au travail dans le sens, ardemment désiré par tous, d’une chasse aux abus en particulier auprès des entreprises qui sont responsables d’une partie de ce déficit et de rétablir provisoirement la situation existante avant le 26 juin 2003 en ce qui concerne les durées d’obtention des 507 heures et la durée d’indemnisation.

- nous vous proposons par ailleurs d’engager avec votre gouvernement, les syndicats, une vaste concertation durant l’année sur la politique culturelle et les moyens permettant de résoudre d’une façon satisfaisante et pérenne la question du coût et de la prise en charge de l’intermittence en France.

Vous savez que, contrairement aux qualificatifs employés de part et d’autre : fainéants, irresponsables, suicidaires les professionnels et techniciens du spectacle sont des travailleurs passionnés, désireux de servir la création et de participer au rayonnement culturel de la France sur la scène internationale. Un artiste n’est pas un chômeur qui travaille de temps en temps ; il est un professionnel à temps plein dont une partie du travail invisible celui nécessaire à la gestation d’une oeuvre est rémunérée par les Assedic.

Vous savez aussi que, que contrairement aux assertions des uns et des autres, nous avons lu très attentivement l’accord proposé.

La mobilisation prend l’ampleur qu’elle a aujourd’hui précisément parce que nous avons analysé dans les moindres détails les termes de cet accord.

Ne vous laissez pas aveugler par le fameux spectre agité ici et là de notre soi-disant volonté d’entamer un troisième tour social.

Dès aujourd’hui un vaste consensus peut être trouvé si nous nous attaquons aux abus que nous connaissons tous. L’avis de la Cour des Comptes dans son rapport public 2002 précise : du point de vue des employeurs concernés, le régime des intermittents peut s’analyser dans des termes très favorables. En effet, il organise les conditions d’une grande flexibilité sur le marché de l’emploi dans le secteur du spectacle et contribue, par son caractère de revenu de complément, à la modération des salaires exigés par ces bénéficiaires. La triche opérée par certaines entreprises est, vous le savez, en partie responsable du déficit de ce régime. Commençons par là : attaquez-vous à ces abus avant de réduire les prestations des salariés.

Vous conviendrez, d’autre part, que la déclaration du ministre de la Culture, annonçant un plan de soutien plus particulièrement destiné aux jeunes compagnies est à la fois très vague et plus qu’aléatoire, étant donné qu’indépendamment des négociations sociales en cours, le budget de la Culture au regard de la lettre de cadrage pour le budget 2004, risque plutôt d’être fragilisé que conforté.

Ne pas jouer, ne pas travailler est pour nous un crève coeur contrairement aux assertions du patron du Medef qui dit que les artistes et techniciens du spectacle vivent de l’assurance au lieu de vivre de leur travail nous voulons nous remettre au travail.

Ce conflit, s’il ne trouve pas une issue rapide, va être long et douloureux pour tous ; en effet, il y a chez nous une détermination et une solidarité sans faille car c’est une question de survie pour une grande partie de nos professions. Près de 35% des professionnels, avec cette réforme, vont purement et simplement être exclus du régime des intermittents du spectacle et il s’agira, non pas de fraudeurs, mais des plus fragiles, ceux qui vivent avec 15 euros d’indemnités par jour.

Vous savez que dans certaines circonstances, un retour à la médiation et à la négociation est bien plus efficient qu’une situation de blocage qui fragilise toutes les parties concernées.

Répondez-nous par des actes avec le plus de célérité possible.

Nous attendons de vous un geste significatif. Le ferez-vous ?

Les artistes, professionnels du spectacle et autres soutiens.





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