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CR de l’AG du 15 juin 2004

Publié, le samedi 19 juin 2004 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : samedi 19 juin 2004

Compte-rendu ASSEMBLEE GENERALE du MARDI 15 JUIN 2004

President : Arnaud

Moderateur : Jérôme


1) Le groupe Pollen

Ce groupe est la continuité de la commission revendications et propositions, c’est bien entendu ouvert a tous.

Pollen est une commission permanente de la CIP.

Pollen travaille sur 3 points essentiels :

- expertise du nouveau modèle

- financement de l’Unédic (cf le Rebonds dans Libé, article collectif du groupe juste apres sa création ; je le mets à la fin du CR)

petit rappel : l’intermittence, la discontinuité de l’emploi ne concernent pas uniquement les annexes 8 et 10

- champ d’application

L’ AIP a reçu un financement de 60 000 euros de la région Ile-de-France pour la réalisation d’une expertise citoyenne et indépendante de l’Unedic, Pollen est en train d’en rédiger le cahier des charges.

Pollen est composé entre autre d’économistes et de sociologues, chercheurs au CNRS, ce qui donne la possibilité via le CNRS d’accéder aux chiffres UNEDIC, ce qui n’est pas rien !

Pollen peut et veut se donner les moyens de la transparence sur les données Unedic en tant que citoyen => tout cela est tout de même un enjeu politique très important.

On rappelle que l’expertise de Pollen n’a strictementg rien a voir avec celle diligentée par le gouvernement, dont le rapport doit être rendue pour le 31 octobre 2004.

Il est à noter également que le fait qu’il y ait 2 expertises (la nôtre donc et celle du gouvernement) fera en sorte que l’état ne peut se permettre de faire n’importe quoi.

La responsabilité de la coord est donc engagée sur l’expertise, le cahier des charges doit être très précis, le 1er diagnostic doit être rendu le 15 juillet.

Chaque étape de l’expertise sera validée par

le conseil scientifique

COMPOSITION DU CONSEIL SCIENTIFIQUE Les chercheurs composant le conseil scientifique proviennent de structures publiques de recherche généralement de laboratoires mixtes associant le CNRS à des universités :
- Matisse-Ysys de Paris I / URM / CNRS

- Université de Paris 13
- Université de Paris 10 / CNRS / FORUM
- Université de Lille 1 / CNRS
- IRES
- INSEE

La prochaine réunion du groupe Pollen est fixée au

jeudi 24 juin à 19h à la CIP

Précision : la commission propositions/revendications existe encore, car il y a encore du boulot à faire sur le nouveau modèle !

Et le labo Matisse-ISYS travaille en aller-retour en permanence avec Pollen.

Nous connaissons maintenant le nom de l’expert designé par RDDV : Jean-Paul Guillot, voir son CV :

Jean-Paul Guillot, Président du BIPE, société de conseil en stratégie. Spécialiste de la prospective appliquée à la stratégie, expert dans lessecteurs aéronautique-espace-défense, emploi et formation et l’évaluationde politiques publiques, Jean-Paul Guillot a travaillé pendant 10 ans à laCegos où il était Administrateur et Responsable du département Orientationdes activités. En 1980, il fonde avec des collègues, Stratorg dont il estaujourd’hui Président d’honneur ; ce cabinet de conseil de directiongénérale est spécialiste des questions de stratégie et de management dansles entreprises tant privées que publiques. Jean-Paul Guillot prend la Présidence du BIPE, fin 1996. Ses responsabilités professionnelles se doublent d’engagements dansd’autres domaines de l’activité économique et sociale. En 1970, il a créé, avec les partenaires sociaux et l’éducation nationale,le premier institut universitaire d’éducation permanente à Paris XNanterre.

Il a participé activement aux travaux de l’Observatoire de la DécisionPublique qui est à l’origine du dispositif français d’évaluation des politiques publiques. Il a présidé l’APRAT, association de consultants créée pour développer deséchanges méthodologiques afin de mieux aider les organisations à associerles salariés aux changements les concernant.

Il a présidé de 1993 à 1996 le groupe emploi de l’association Europe et Entreprises (AEE), lieu d’échanges d’expériences et de réflexion entrechefs d’entreprises européens sur des problèmes concrets. Il est Vice-président de RDS (Réalités du Dialogue Social) association qui réunit des chefs d’entreprises, des syndicalistes, des responsables du Ministère du Travail, des chercheurs et consultants désireux d’échanger sur le développement du dialogue social.

Après avoir été membre du Groupe IV du Comité Stratégique de la Défense, mis en place par le Ministre de la Défense en 1995, il a été membre dupremier Conseil Economique de la Défense (janvier 1999 à mai 2003). Il est membre du Conseil d’Administration de l’association Futuribles International. Jean-Paul Guillot est docteur ès Sciences Economiques de l’université de Paris X. Thèse : « La prospective appliquée à la stratégie des organisations ».

2) Constitution d’un groupe de travail pour les journées du 25/26/27 juin

La discussion sur ce point oscille sur les différentes possibilités d’action : tractage aux assedics, la validation par l’AG sur la légitimité du groupe de travail, les contenus, les mandats etc .....

Donc par la suite le mercredi 16 juin, un groupe de travail a rédigé un tract d’appel à rassemblement les 25 et 26 juin. Le tract suivra

Concernant le 26 juin la cip oraganisera une AG exceptionnelle d’information à la grande halle de la Villette le 26 juin 2004 à 14 h.

Ce rassemblement a pour but d’informer le plus grand nombre sur le mouvement et ce qu’il a permis ou pas depuis un an. Durant ce rassemblement, il y aura des prises de paroles, l’ensemble de ces interventions ne devra pas dépasser 35 minutes, sans quoi on ne serait plus dans une démarche d’ouverture et d’information pour le plus grand nombre. Chacun des intervenants devra s’appuyer sur une contribution écrite, pour structurer son intervention, et surtout pour que l’ensemble des interventions puissent être distribuées par écrit aux personnes qui se trouveront rassembler et qui pourront ainsi informer à leur tour.

Une personne par sujet abordé qui peut-être interpellé par ceux qui désirent s’exprimer sur le dit sujet.

- Intro générale du mouvement (Fred D.) 4min

- Conséquences de l’application du protocole et mesures d’urgence ( Sam C.) 5min

- Nouveau modèle (Antoine M. sous réserve de son accord) 10 min

- Expertise UNEDIC (Jeanne L. sous réserve de son accord) 5 min

- Mobilisation : Voilà l’été (Mariline) 5 min

Ce dont nous avons le plus besoin c’est d’opérer sur ce sujet une diffusion très large. Des appels au tractage sont parvenus sur cette liste. Ce rassemblement est une réponse à la question souvent posée : « Alors où on en est ? »

Infos et mail envoyé par Arnaud

3 ) l’inauguration du CND (Centre National de la Danse)

Précision de Guillaume :

Nos « demandes » sont « acceptées » par le Cnd :

réunion avec les employés (étymologiquement : « mis dans le pli »)

(commission des mots not dead) du CND et les chorégraphes participant à l’inauguration.

L’inauguration, c’est

vendredi 18 et samedi 19 de 17h30 à 23h30.

Appel a plus de gens pour etre sur place a ce moment la !

Nous disposons de 12 entrées par jour, pour lesquelles il nous faut donner les noms, liste à donner mercredi. Après l’AG de demain soir, établissement de cette liste.

Attention : c’est en même temps que la Conjonction.

Essayons de constituer un groupe de Nous pour ce week-end ? Oui.

Il est important aussi d’envisager de tracter car il va y avoir bcp de monde qui va circuler la-bas

4) Infos Street Party

Une street party contre la précarité se tiendra à Paris le dimanche 20 juin à l’appel de précaires de toutes professions. Départ de belleville a 15h (devant la CFDT) puis direction le parc de Bercy par Bastille via l’unedic. arrivée prévue vers 19h au Parc de Bercy pour un pique nique, des stands info et des lives Sur le chemin, DJ’s [hip-hop, funk, Rn’B, house et techno] ; groupe de reggae, jazz manouche. et toutes les animations des manifesteurs et des festibattantes.

4-bis) Appel à la grève

nous sommes d’accord sur le fait de rédiger un texte appelant la CGT à appeler à la grève =

Nous, professionnels du spectacle et de l’audiovisuel, syndiqués ou non, prenons aujourd’hui l’initiative de lancer un appel aux fédérations CGT et FO du spectacle. Sachant qu’après un an de lutte sous les formes les plus diverses, l’accord du 26 juin est toujours en vigueur. Sachant que nous n’obtiendrons rien si nous n’instaurons pas de nouveau un véritable rapport de force. Nous demandons aux fédérations CGT et FO du spectacle de lancer un appel à une grève nationale reconductible jusqu’à l’abrogation du protocole du 26 juin et l’ouverture de négociations avec l’ensemble des concernés.

5) Compte-rendu Charpillon

Charpillon avait rdv à la coord vendredi 11 juin, cette réunion se faisait suite aux 2 réunions précédentes.

Présents à cette réunion : Jérôme, Jeanne, Mariline, Juliette W, Catherine, Jean-Marie, Anne et Guy. Tout le monde a rendu sa contribution écrite sauf FO (dixit Charpillon)

La CIP a pu exposer précisément sa position : pas touche aux champs d’application ! = la scolie D du nouveau modèle !

Charpillon a precisé que nous lui étions tres sympathiques, qu’il appréciait notre liberté de pensée, bien différente de celles des syndicats entre autre, ceux étant soumis à des directive générales.

Il a noté qu’il etait important de revenir à une passerelle entre le régime général et les annexes 8 et 10. Côte rocambolesque il a suggéré un concours pour devenir intermittent .....

Au niveau de la carte professionnelle, la CIP est absolument contre et apparemment tout le monde est sur cette position pour l’instant.

Bref charpillon a redit qu’une fois la méthode définie il faut revenir sur la liste des métiers, notre vision des choses le laisse perplexe et il a rappelé qu’il était tout de même payé pour réduire le champ d’application !

6) Revue Multitudes

Le numéro est vendu 18 euros, on propose de le vendre 5 euros à la coord qui elle pourrait le revendre à 10 et jusqu’à 18 euros, le prix restant à fixer exactement. La decision revient à la cellule de gestion, car l’AG n’objecte pas (prochaine réunion de la cellule de gestion : vendredi 18 juin à midi.)

7) AG de la CGT du lundi 14 juin à la Bourse du Travail à 18h

Il y avait environ 120 personnes

On a retenu que ça allait être dur de faire grève cet été, Vautrin du SFA a même precise : on va pas se tirer une balle dans la tête une 2e fois !

Voirin a déclare que si la grève partait, cela viendrait de la base car il ne lancerait pas de mot d’ordre pour ça. On a rappelé aussi le travail en commun que la CGT et la CIP doivent faire pour les journées du 25/26/27 juin. D’ores et déjà il y a l’appel du rassemblement devant l’UNEDIC rue Montgallet le 25 juin

8) Comité de suivi

la dernière réunion a eu lieu le mercredi 16, on attend le CR

On a toujours le probleme de circulation des infos. Il semble acquis que nous devons faire des réunions de préparation avant chq réunion du CS, réunions qui doivent être ouvertes à tous. Idée également retenue : qu’il y ait à chaque réunion du CS une nlle personne qui tourne.

On rappelle aussi qu’il est important d’insister auprès des parlementaires le cas des inculpés de Cannes, suite à l’opération policière au STAR cinéma.

Tour de paroles

Revient au galop le vieux débat : grève ou pas grève.

On reparle de l’idée de débrayage tournant, par exemple sur Avignon, au lieu de jouer, le spectacle est remplacé par des AGs , des prises de parole, l’idée d’occupation de ce type à tour de role, est intéressante. Le mot grève fait peur selon certains, pourquoi donc ne pas parler plutot de débrayage .. ?

L’occupation comme forme d’action, ce qui n’exclue pas la grève évidemment.

Autre question qui revient bcp : si il n’y a pas grève à Avignon : qu’est-ce qu’on fait ?

Faut-il prendre ou pas systematiquement les temps de parole qu’on nous propose ?

S’en suit une discussion sur l’accord passé entre Culture en Danger et Georges frêche, maire de Montpellier. Qq’un rappelle que l’année dernière il a suffi juste de 4 personnes pour basculer dans la grève.

L’histoire de la grève ou pas doit s’inscrire aussi avec notre solidarité avec les autres combats : genre EDF brûlant d’actualité, la Sécu et autres.

Certains trouvent important qu’il y ait un appel national a la grève.

Mais on doit donner l’envie de faire grève, et il faut à tout prix éviter que la profession se tire dessus, comme ce fut le cas à Aurillac l’année dernière.

Ceux qui sont à fond pour la grève rappelent qu’ils faut préparer les esprits, avec un minimum de délai.

Le président de l’AG suggère de différer le débat sur la grève à un autre jour, une fois que l’on aura amorcé la remobilisation.

Il faut contacter toutes les compagnies du Off à Avignon pour les informer du travail de la CIP, il faut faire comprendre aux gens que ce n’est pas terminé, sinon ils ne bougeront pas d’un poil.

Lors de la coord nat, on pourrait établir un calendrier de tous les endroits ou il faudrait que nous tapions cet été.

On évoque aussi le cas douloureux de la mobilisation dans l’audiovisuel car le nouveau protocole avantage bcp les techniciens du cinéma et de l’audiovisuel.

Bcp insistent sur le fait que pour pqs mal de gens les choses sont réglées : la force du gvt dans ses effets d’annonces !

Ne pas oublier d’organiser aussi un accueil central au tout venant sur les festivals, ce qui a cruellement fait défaut à Cannes : se présenter, dire qui on est et demander aux gens qui ils sont, c’est le premier moyen pour les impliquer.

On propose aussi de faire un interluttant de mouvement à Avignon.

Finalement on vote pour l’appel à la grève ou pas

Résultat du vote : 40 pour, 2 contre, 8 abstentions et 2 qui ne prennent pas part au vote

Coord nationale à Avignon

Du vendredi 18 juin au dimanche 20 juin

34 collectifs ont annoncé qu’ils seraient presents

ne pas oublier qu’il y a un fonds national pour défrayer les déplacements de ceux qui s’y rendent.

Se proposent pour être mandatés pour les plénières : Jérôme, Pierre, Mariline, Michel-Pierre, Antoine P

Pour autres mandats : Virginie, Antoine M, Pierre, Mariline, Max, Jeanne, Doume, Michel-Pierre, Michel, Antoine P.


Et pour finir comme bonus, histoire de relire le texte du groupe Pollen publié dans Libération en avril :

En matière de précarité, ce n’est pas, comme le préconisait le gouvernement précédent, le code du travail qu’il faut réformer mais le code des impôts. Intermittents : il faut taxer les nouvelles formes de richesse

jeudi 08 avril 2004

par le Groupe Pollen, composé de chercheurs, économistes, fiscalistes et intermittents, de la coordination des intermittents et précaires d’Ile-de-France

Nous avons beaucoup entendu depuis la débâcle électorale de la droite aux régionales que les réformes accomplies, entreprises ou à venir étaient absolument nécessaires et mal comprises ou mal acceptées. Sans doute la réforme de l’assurance-chômage des intermittents fait-elle partie dans l’esprit du gouvernement de ces potions amères que nos docteurs Diafoirus de la Faculté néolibérale prescrivent avec force lavements de cotisations, saignement des ayants droit et purge des emplois administrés à la malade France. Trop d’allocataires, trop de malades, trop de recherche, trop de notes, trop de trop, une saignée, une saignée !

Nous connaissons un peu le spectacle, c’est notre métier, alors souffrez, Molière oblige, que nous rappelions ici quelques vérités de bon sens concernant tout d’abord notre cas, même si, en cours de route, on verra que le problème est général, d’intérêt général. Nous, intermittents, nous disons et prouvons depuis un an que la réforme mise en place n’est pas la réforme qu’il faut parce qu’elle est injuste et inefficace. Injuste, car elle n’obéit pas au principe de la solidarité avec les plus fragiles au sein d’une activité imprévisible. Inefficace, car elle ne dissuade nullement les opérateurs publics et privés, centraux et régionaux, de la culture de la communication et de la publicité, de détourner cette forme d’emploi. Certains compensent un sous-financement massif de leur activité, d’autres optimisent leurs profits.

Que nos bons docteurs ne nous traitent ni de sourds ni de simples d’esprit. Qu’ils ne comptent pas trop sur leur supplément de pédagogie ou de bâton pour nous mettre « leur » réforme dans la tête. C’est peine perdue. Nous avons étudié de très près la réforme mise en place. Si nous disons avec constance sur tous les toits dans toutes les manifestations culturelles que nous n’en voulons pas, ce n’est pas parce qu’à l’instar d’ânes butés nous refuserions d’avancer, mais tout simplement parce que nous ne sommes pas d’accord.

Mieux encore, nous avons élaboré une alternative au protocole désastreux qui nous a été imposé. C’est le fruit d’un travail collectif, d’une réflexion qui condense l’expérience en première ligne de centaines d’affiliés de l’Unedic, de confrontations kafkaïennes avec les administrations, consternantes avec les employeurs. Les bobos et les maladies graves du système, nous les connaissons bien mieux que nos médecins imaginaires. Vous voulez une réforme, en voici une. Des droits stables pour compenser des emplois aléatoires, le soutien mutuel au lieu de l’exclusion que charrie la capitalisation ; les Assedic doivent être un revenu de remplacement et non de complément, certains doivent accepter de cumuler moins, bref, un peu d’égalité dans ce monde de brutes, voilà ce que nous proposons.

Nous réclamons qu’au minimum nous soyons respectés, et, au-delà, comme le souligne Thomas Piketty dans les colonnes de Libération le 29 mars, que notre modèle de réforme soit examiné sérieusement, avec les moyens que ce travail d’utilité publique requiert, avec un véritable accès aux données administratives retenues par l’Unedic. Prenons le temps d’évaluer notre modèle, ses avantages, ses éventuels défauts, et de mesurer les besoins de financement. C’est la seule garantie d’une expertise incontestable. Que ce soit la mission parlementaire présidée par Dominique Paillé (UMP) qui considère que la réforme ne répond à aucun des critères demandés, ou bien le comité de suivi, rassemblant les groupes parlementaires PC, Verts, UDF au complet et des personnalités de l’UMP, dont Marie-Josée Roig nouvelle ministre, on ne compte plus les voix qui s’élèvent pour demander une solution à ce conflit par « la renégociation de l’accord sur les bases des contre-propositions ».

N’étant pas réduit à l’état de ce bon « peuple d’en bas » voué par la grâce de notre grand chambellan du Poitou à la seule intelligence des mains, nous aimons nous servir de notre corps, de notre voix et, au besoin, de notre cerveau. Alors, quelques remarques de plus sur la réforme à long terme du régime des intermittents.

Au chevet des intermittents, se pressent aussi quelques bons conseilleurs ; tel « expert » en statut des artistes s’arroge le droit de juger qui est digne de l’excellence et de trancher dans les effectifs encore plus drastiquement que le protocole du 26 juin. Tel syndicat en la personne de son secrétaire confédéral François Chérèque a, dans les colonnes de Libération du 5 mars, proposé son remède. Ne saignons plus, ne purgeons plus, caisse-complémentarisons ! Ah, la belle médecine générale que voilà ! Chômeurs recalculés, retraités, hospitalisés et autres échaudés, vos pensions, vos indemnités, vos remboursements battent de l’aile, un seul remède : caisse-complémentarisez-vous ! Intermittents, votre régime sera toujours boiteux. Caisse-complémentarisez-vous !

Docteur Chérèque, nous sommes d’avis qu’indemniser des travailleurs précaires à l’emploi par définition discontinu, fagoté de pleins de contrats courts, de plus en plus courts, à partir des recettes des cotisations prises sur les salaires est un vrai tonneau des Danaïdes et qu’il faut faire quelque chose. Mais à propos, dites-nous, n’est-ce pas la situation du bon quart de la population active française qui se retrouve enrôlée sous le joli terme de « forme particulière d’emploi » (la réalité est moins plaisante) ?

Les intérimaires de l’automobile, du bâtiment, de la métallurgie, les saisonniers des stations de ski, les chercheurs contractuels..., n’auraient-ils pas droit eux aussi à leur miraculeuse caisse complémentaire ? Mais quand tous les secteurs auront chacun leur caisse complémentaire, le risque sera réparti sur des effectifs si faibles que la mutualisation sera abandonnée pour une assurance individuelle : les riches auront des compléments corrects, les pauvres auront des compléments misérables. Ah, l’admirable médecine... Nous aurons droit à un régime commun réduit au minimum et, pour le reste, le principe d’assurance y pourvoira, comme dit la fourmi de la fable. Docteur Chérèque, c’est étonnant, mais vous aboutissez aux mêmes remèdes proposés par le médecin du Medef, Denis Kessler et ses sociétés d’assurances.

Docteur Chérèque, nos métiers nous font nourrir un faible pour la cigale. Naïvement, nous pensions que la protection pour tous ceux qui sont le plus exposés à l’insécurité sociale consistait justement à mieux répartir, partager les risques, et non à organiser la charité. Voilà le terrain d’une belle réforme. Pour deux raisons dont chacune se suffit à elle-même. La première c’est que la maladie de l’emploi est générale. Vous proposez - quelle nouveauté ! - aux salariés flexibles du seul secteur culturel, un traitement exceptionnel : financer cette caisse complémentaire par des aides publiques... Ces sources de financement complémentaires ressemblent d’ailleurs étrangement aux subventions déjà rares de la politique culturelle. Une confusion trop commode : ce n’est pas sur le terrain de la politique culturelle que se résoudra cette question, mais bien sur celui de la solidarité interprofessionnelle. La guérison ne consiste pas à se débarrasser du microbe en le repassant à quelqu’un d’autre.

La seconde c’est que les cigales ne fournissent pas seulement du bon temps aux fourmis qui les entretiennent, comme le pense le baron Seillière, allocataire de la rente garantie. Mais les cigales, comme les abeilles, butinent ; avec quelques autres, elles sont en train de s’apercevoir qu’elles contribuent fortement au lien social, à l’intelligence collective, à la production de connaissance, à la coopération. Il n’est pas jusqu’aux buralistes et aux restaurateurs (d’Avignon ou d’ailleurs), pour ne pas parler des agences immobilières, qui ne dépendent de leur chanson pour savoir ce qu’ils auront dans leur assiette. Qui travaille pour qui ? Tout le monde. Celui qui se vante de faire vivre les autres de son industrie ou de son génie pourrait bien découvrir qu’il dépend lui aussi des intermittents. La richesse se fabrique dans le grand entrelacs de la société. N’allez pas la chercher seulement dans l’entreprise, car les profits ont appris à se cacher. La richesse se trouve là où elle passe. Et pour passer, elle a besoin de plus en plus d’actifs mobiles. Seulement, aujourd’hui, ces mobiles dont nous sommes sont voués à une condition précaire systématique. Sortir les travailleurs mobiles, non pas de la mobilité, mais de l’insécurité sociale généralisée suppose d’inventer autre chose qu’un financement reposant sur la cotisation sociale.

La droite se délecte à nous raconter tous les jours que nos finances sont à genoux : de moins en moins de recettes et davantage de dépenses. C’est sur ce débat d’intérêt général, sur la réforme de la protection sociale, que nous apportons notre contribution fondée sur nos pratiques. Il faut rompre avec la logique néolibérale de faillite organisée de l’Unedic par la baisse des cotisations, sans alternative de financement, où la variable humaine sert d’ajustement (850 000 recalculés et 30 000 intermittents exclus). La flexibilité devenant la norme et rapportant beaucoup d’argent tout en donnant de moins en moins d’emplois, l’assiette des cotisations ne suffit plus. Nous voyons la richesse là où elle circule (les flux financiers, interbancaires, de communication, autoroutiers...). Il faut réfléchir à d’autres formes d’impôt sur les nouvelles formes de richesse. Le système de prélèvements obligatoires qui devra financer la mobilité reste à inventer. Ce n’est pas le code du travail qu’il faut revoir de toute urgence, comme se préparent à le faire nos grands médecins, c’est le code des impôts.

Qu’enseigne-t-on à tous nos conseilleurs en réforme : peut-être devraient-ils passer par la formation permanente. Ou peut-être une saignée ?





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