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Le défi de la production d’intelligence collective/Isabelle Stengers

Publié, le mardi 26 avril 2005 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : mardi 26 avril 2005


Le défi de la production d’intelligence collective

Isabelle Stengers

Entretien réalisé par Andrée Bergeron

Andrée Bergeron. Avec le mouvement des intermittents, on assiste à la (re)prise de la parole par les concernés, qui, au-delà de la dénonciation d’une réforme dont on relèverait soigneusement les incohérences, s’emparent de l’expertise et produisent du savoir. Quels sont, selon vous, les aspects les plus importants de cette expérience ?

Isabelle Stengers. Que des concernés s’emparent de l’expertise et produisent du savoir n’est pas un cas unique. Il suffit de penser aujourd’hui à Act up, ou aux collectifs des usagers de drogue. Et, à l’époque où les mouvements syndicaux étaient vivants, cela devait être « normal ». Mais le mouvement des intermittents a pour très grand intérêt d’intervenir à notre époque marquée par les mots d’ordre étatico-patronaux : « des réformes sont nécessaires » ; « il faut bien ». Il y a eu un grand mouvement de dénonciation des réformes, à propos des retraites notamment. Mais il n’a pas réussi à désarticuler le mot « réforme », à sortir d’une problématique générale de lutte purement politique, du genre « d’autres choix sont possibles ». Grâce aux intermittents, on sait désormais que le gouvernement travaille un peu à l’aveugle, ne dispose pas des chiffres lui permettant de prétendre qu’il sait ce qu’il fait lorsqu’il « réforme ». Le sens du « il faut bien » se transforme, renvoie non à une nécessité que tous devraient reconnaître, mais plutôt à une opération globale de réagencement des relations entre État et Capitalisme. Ce que les intermittents ont mis au jour était un secret de polichinelle chez « ceux qui savent », mais pas un argument à « mettre en politique », parce que justement cette situation d’opacité était tolérée de tous, voire favorisée. Je reprendrai ce qu’a écrit Deleuze : la différence de nature entre la « gauche » et la « droite », c’est que la « gauche » a besoin que les gens pensent, donc besoin de fabriquer de la « matière pour penser » - ce qui n’est pas le cas lorsque l’on occupe, sur le mode de la légitimité, une position de pouvoir (gouvernemental ou oppositionnel, ou académique). Le mouvement des intermittents a déjà pris les moyens de produire un savoir de type nouveau et a, lui, intérêt à le propager, à initier d’autres modes de résistance aux dites réformes. Il s’agit peut-être maintenant de faire passer, de faire sentir, avec leurs moyens propres, la possibilité de parer à l’attaque que constitue l’énoncé : vous êtes trop nombreux, surnuméraires. La catégorie de surnuméraire est une véritable machine à fabriquer ce qui est aujourd’hui l’enjeu de la nouvelle articulation entre État et capitalisme, la production de gens prêts à tout pour ne pas tomber dans cette catégorie. Résister à cette machine demande précisément ce qu’elle détruit, une intelligence collective qui n’a rien à voir avec les « compétences » associées au general intellect : des compétences, cela se possède, alors que l’intelligence collective n’existe que sur le mode de la création, et avec des vertus épidémiques - cela donne des idées à d’autres, met leur imagination en mouvement. Il y a là un enjeu important : les intermittents du spectacle seront-ils capables de l’intelligence collective qui transformerait le savoir qu’ils ont produit en mode d’interventions capables de faire sentir et penser ?

Andrée Bergeron. Lors de la rencontre qui a eu lieu à la coordination, vous avez attiré l’attention sur le fait que ce que l’on appelle expertise peut recouvrir des réalités bien différentes. Il y a les cas (et vous avez cité l’exemple de Lavoisier) où l’expertise pourrait être qualifiée d’ « intéressante » : le problème posé est pris au sérieux, l’expertise se déroule de façon assez transparente et peut aboutir à la production de connaissance. Et il y a les autres, ceux où les experts sont choisis aussi en fonction de leur capacité à respecter un cadre tacitement pré-assigné, où ils ont intégré le fait qu’il y a des questions qu’on ne peut pas poser et ne les poseront pas. La lutte pour le choix de l’expert serait donc déjà une lutte politique ?

Isabelle Stengers. Un cas tel que celui de Lavoisier étudiant l’insalubrité des prisons est intéressant en ce qu’il met en scène un « scientifique moderne », académicien et se présentant comme fondateur d’une science, la chimie, qu’il a « enfin débarrassée des mauvaises questions », selon le mot d’ordre moderne, et qui met sa science au service d’un problème d’intérêt public. C’est donc la figure d’un expert au sens désormais usuel, mais assez nouveau à l’époque car le duo discipline autorisant l’expertise/problème de terrain n’en est alors qu’à ses premiers pas. Lavoisier prend au sérieux sa tâche, étudie le terrain, fait des hypothèses, les teste. Mais il est sur le terrain, pas au laboratoire. Par définition, la question d’un terrain comme les prisons insalubres déborde son savoir de chimiste, alors qu’au laboratoire les situations ont pour première caractéristique de rendre éventuellement décidable une interprétation contre les autres. Un expert, tout scientifique qu’il soit, n’a jamais l’autorité que confère la clôture d’une controverse scientifique. La qualité d’une expertise, sa fiabilité, dépend de la lucidité avec laquelle est envisagée et prise en compte l’incommensurabilité entre les problèmes appelant expertise et les situations purifiées et contrôlées qui autorisent (parfois) un « verdict scientifique » ; elle dépend d’abord de la manière dont le problème est posé, c’est-à-dire aussi de la manière dont ceux qui nomment l’expert définissent sa tâche, explicitement ou non. À un extrême, le médecin légiste, par exemple, qui doit répondre à des questions précises pour lesquelles il est qualifié ; à l’autre peut-être ce fameux expert dit indépendant, qui prend sur lui de réduire une question à des chiffres réputés neutres, au-dessus de la mêlée, et ne s’interroge pas sur la pertinence pratique des catégories que traduisent ces chiffres et qui le vouent comme par hasard à rester sourd au savoir des intermittents. La neutralité, lorsqu’il s’agit d’une question politique, est une neutralisation, une opération qui n’est jamais neutre, qui correspond toujours aux perceptions de l’État. Lorsque les catégories d’une discipline opèrent cette neutralisation, c’est-à-dire autorisent ce que Deleuze appelait la « bêtise », un jugement qui s’abat sur une situation et la démembre, les experts de cette discipline sont tout préparés pour servir ce qu’ils nomment alors l’intérêt général, dont l’État est le garant : il y a convergence entre la surdité de la formalisation et celle qui permet la définition de ce qui est nommé l’intérêt général. Entre ces deux extrêmes, il y a toute la gamme, avec quelques points cruciaux prévisibles. Par exemple, l’opposition entre des chiffres dits objectifs et ce que vivent les gens, dans le cas des mesures de bruit autour des aéroports par exemple. Ou alors la formalisation administrative et politique de ce qui est du ressort de l’expertise : par exemple, l’expertise OGM est légitime en ce qui concerne la santé et l’environnement, et il y a déjà une lutte pour que soient étudiées les conséquences pour l’environnement des pratiques agriculturales concrètes, qui ne répondent pas souvent à l’idéal abstrait, mais pas question de poser la question des conséquences économiques et sociales. Et encore les zones de silence et de tabou : par exemple, il y a encore dix ans, la question des conséquences pour les consommateurs de drogue des lois de prohibition - « s’intéresse-t-on aux conséquences pour les violeurs de l’interdiction du viol ? » - était alors un argument courant. Quant aux conséquences du régime de guerre économique défini aujourd’hui comme sans fin, l’expert qui les mettrait en scène de manière frontale, qui ne ferait pas comme s’il s’agissait de problèmes transitoires auxquels il faut s’adapter serait disqualifié comme « faisant de la politique ». L’expert doit faire comme s’il avait affaire à un « problème » auquel une « réforme » apportera sa solution, il doit pouvoir armer les « il faut bien » de l’État.

Andrée Bergeron. N’y aurait-il pas, entre les deux extrêmes de la gamme, une différence qui irait au-delà de la simple opposition expertise/contre-expertise, qui serait davantage une différence de nature ?

Isabelle Stengers. L’opposition expertise/contre expertise est importante lorsqu’une question est assez précise, identifiable, pour que cette opposition puisse s’articuler. C’est souvent le cas devant un tribunal. En revanche, lorsqu’une position campe sur une définition locale du problème alors que l’autre a besoin de remonter vers une mise en cause plus générale - par exemple celle qui inclurait la question du développement durable dans le problème de la localisation d’un aéroport et mettrait en cause la densification du trafic aérien - il est difficile de parler de contre-expertise. Les experts n’ont rien à se dire, ce qui est un fait pour les uns est ce qui pose question pour les autres. Les uns ont des chiffres, les autres des « choix de société ». Dans certains cas, la contre-expertise a néanmoins un sens, c’est lorsque l’on peut soupçonner que, même dans les termes officiellement acceptés par les experts, ce qu’ils proposent peut être contesté. C’est le cas avec les intermittents. Mais pour un groupe en lutte, le choix d’une telle démarche n’a rien d’évident, et il a avantage à être bien construit. Parce qu’il va susciter l’accusation de réformisme - accepter l’inacceptable - et exposer aux conflits - la contre-expertise, si elle doit tenir la route, et dans ce cas il le faut, produira peut-être des savoirs qui n’arrangent pas tout le monde. Si les contre-experts ne sont pas nourris par le mouvement, se retrouvent isolés, accusés de trahison, ils peuvent en venir à confirmer toutes les suspicions et devenir les gestionnaires du compromis qu’ils auront aidé à établir. On pourrait dire que c’est un choix entre la pureté de la lutte et les risques de l’apprentissage, et qu’il s’agit de le construire pour ne pas le subir. Deleuze et Guattari insistaient, dans Mille Plateaux (p. 588), sur l’importance de la lutte autour des axiomes, c’est-à-dire la lutte qui en passe par les conditions axiomatiques de l’État. Mais ils ajoutaient : « la lutte autour des axiomes est d’autant plus importante qu’elle manifeste et creuse elle-même l’écart entre deux types de proposition, les propositions de flux et les propositions d’axiomes ». Là, il s’agit en effet d’une différence de nature, et pas du choix catastrophique entre pur et réformiste. Construire le choix d’une contre-expertise, c’est apprendre à doubler la lutte que l’on choisit d’engager autour des axiomes, d’une invention pratique d’un tout autre genre, qui engage un devenir minoritaire, une intelligence collective, qui ne contredit pas mais crée. L’humour est très intéressant, de ce point de vue, parce qu’il protège des poisons que sont toute perspective « apocalyptique » (rien n’est possible en dehors de la lutte finale) ou puriste (ne pas se salir les mains), perspectives toutes deux majoritaires. C’est un art minoritaire, parce qu’on ne fait pas d’humour en général, mais plutôt au corps à corps avec le pouvoir. Et c’est bien là l’enjeu : la création de manières de faire et de se connecter qui ne se laissent pas soumettre aux axiomes quels qu’ils soient, mais les plongent dans leur propre mode de calcul. Quant à une expertise « de flux », pour reprendre l’expression de Deleuze, elle diffère en effet de nature avec une contre-expertise, parce qu’il s’agit de suivre, d’itinérer, « à la recherche des < singularités > d’une matière ou plutôt d’un matériau, et non pas à la découverte d’une forme ». Mais elle ne peut se faire que dans une situation où, pour une raison ou pour une autre, il y a accord pour faire primer la pertinence, comme c’est apparemment le cas avec les accidents d’avion. Dans ce cas, les experts ne sont pas autorisés par des disciplines, ce sont d’abord des enquêteurs. Bien sûr, dans la plupart des cas où la politique est en jeu, ce type d’expertise est exclu, ou plus précisément il est à l’usage des groupes minoritaires en tant que minoritaires. Il peut alors aboutir à des recettes, à reprendre, expérimenter et modifier par d’autres groupes, c’est-à-dire à fabriquer une expérience transmissible dont nous manquons aujourd’hui cruellement.

Andrée Bergeron. Le mouvement des intermittents soulève également la question des singularités de l’expertise quand elle s’exerce dans le champ des sciences sociales. En quoi cette expérience interroge-t-elle le chercheur en sciences sociales ?

Isabelle Stengers. Les situations étudiées par les sciences sociales ne sont jamais définies et contrôlables au laboratoire. Cela pose donc la question générale : qui définit les questions, les catégories dont se prévaut le chercheur ? Un mouvement apprenant à poser ses propres questions peut donc, selon la définition que le chercheur donne de sa science, constituer une sorte de menace - qu’il peut lisser en recourant aux catégories d’idéologie ou de « perception » par les intéressés d’un problème dont ils sont les marionnettes - ou alors, constituer une formidable opportunité. En ce second sens, l’événement par où un collectif crée les moyens de poser les questions qui le concernent - ce que j’appelle « l’événement démocratique », parce que c’est l’effectuation de la démocratie en tant que pari - serait aux sciences sociales ce que la réussite de laboratoire est aux sciences expérimentales : ce grâce à quoi il y a innovation, possibilité d’apprendre de ce à quoi l’on s’adresse. Ce qui traduit également la différence, que la sociologie dite positive s’évertue à minimiser, entre le rôle des « faits » dans les deux types de sciences. Les faits expérimentaux sont des réussites rares et sélectives. Les « faits sociaux » posent la question de ce qui les fait tenir et des possibles qu’ils nient : le discours des sociologues qui s’appuient sur eux est en rapport de redondance, ratifiant un relief qu’il appartient précisément aux « événements démocratiques » de bouleverser. Évidemment, cela signifie que les sociologues devraient être aussi intéressés par de tels événements que les expérimentateurs le sont par leurs montages expérimentaux. Car ces événements sont ce qui fait d’eux des chercheurs, dont le savoir est mis en risque et en apprentissage par ce qu’ils étudient. Il ne s’agit pas tellement du vieux thème de la recherche participante, du « sociologue engagé ». Il s’agit d’apprendre, ce qui exclut de mettre le possible et le plausible, l’échec du mouvement, sur le même plan. De ce point de vue, la démarche de contre-expertise constitue un excellent site, si elle se double du devenir minoritaire qui est une autre manière de parler de l’événement démocratique. Car le contre-expert est en position d’apprendre à partir de la manière dont le groupe va gérer la contre-expertise qu’il a décidée. Il me semble qu’il est important de ne pas viser l’idéal d’indistinction entre chercheurs et groupe en lutte, mais de réussir à créer activement les rôles. Afin d’éviter toute mise en cause des personnes. Afin de donner au groupe l’espace de jeu problématique lui permettant de se situer par rapport aux contraintes de l’opération. Et afin de donner aux chercheurs l’espace de production de ce qui n’est pas l’énonciation d’un groupe, mais l’énonciation d’un chercheur, destiné à modifier d’autres chercheurs. Mais il y a d’autres manières d’être transformé en chercheur par l’événement. Par exemple, à l’occasion de l’événement OGM, des sociologues sont sortis du rôle d’interprètes des « perceptions des risques par le public ». Ils se sont saisis de l’occasion pour explorer les dispositifs de consultation susceptibles de favoriser les processus de construction de positions et de questions, au lieu de s’intéresser encore et toujours à « expliquer » l’opinion en termes d’influence, d’habitus, de rapport de domination. Les résultats de leur étude( ), le type de questions que des soi-disant incompétents se rendent capables de formuler, peuvent désormais servir de point d’appui pour refuser la mise en scène qui prévaut, selon laquelle il s’agit de avec le progrès technico-scientifique un public dont l’ignorance expliquerait l’inquiétude.

Andrée Bergeron. Cela souligne une fois encore l’importance d’une « propagation » des acquis issus de la lutte. Les intermittents du spectacle, qui sont d’une certaine manière des professionnels de l’invention des formes, ne sont-ils pas particulièrement armés pour « spectaculariser » leurs trouvailles (de lutte, de savoir) ? Je pense notamment à l’usage qui est fait de la formule, donnant la valeur de l’indemnité journalière dans le Nouveau modèle : utilisée en banderoles lors des manifestations, bombée sur les murs, vendue en rubans de soutien... Il y a là une forme d’incongruité - car les objets mathématiques sont rarement ainsi brandis dans la rue, même pas par les mathématiciens - et partant d’humour, qui rendent d’autant plus visible l’existence d’une alternative aux propositions gouvernementales qui réunit du monde derrière elle. Une façon simple et efficace de dire que l’expertise n’est pas un monopole...

Isabelle Stengers. La banderole est certainement une bonne idée, mais elle risque de se heurter à un ressentiment général : nous aussi on est victimes de « rationalisations » aveugles... Ce sont les limites de la contre-expertise : elle implique que le savoir importe, alors qu’il faut aussi créer la situation où il peut devenir important. Il me semble que la « spectacularisation » d’Act up, par exemple, ne s’est pas bornée à « rendre visible » mais a tenté de « faire sentir ». C’est là qu’est essentielle la fabrication d’une intelligence collective qui rende capable de « faire exister » pour elle-même et donc aussi pour d’autres ce qui est en train d’arriver : peut-être le sentiment d’impuissance sur lequel jouent les soi-disant réformes, sans doute leur absurdité, mais aussi cette alternative qui ne tient pas seulement à des chiffres. Les chiffres disent un possible, mais en termes de contre-axiomes, dans le langage de l’État. Ils ne peuvent donc pas rendre ce possible vivant. Or, le rendre vivant voudrait dire que les « gens du spectacle » s’emparent de la contre-expertise avec leurs moyens propres, et se rendent capables d’explorer ce dont ce qu’ils défendent les rend capables. Je crains un peu des mots d’ordre comme « on ne joue plus, on lutte ». Je préfèrerais « ils vont voir ce dont ceux qui savent jouer sont capables ! » Trois fois le mot « capable » en deux phrases, cela veut dire que pour moi le « devenir capable », le « se rendre capable » est le défi de la production d’intelligence collective, ce en quoi elle peut faire coïncider lutte et joie. Ce que les activistes américains appellent empowerment.





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