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25 juillet 2003

Intermittents, désaccord profond


Article paru dans « L’Humanité ».

Publié, le lundi 28 juillet 2003 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : lundi 28 juillet 2003

La procédure d’agrément du texte portant atteinte au régime de l’intermittence est engagée. Journée de mobilisation dans toute la France, avec une manifestation à Paris.


Nul ne peut le nier : la mobilisation des intermittents n’a pas faibli d’un pouce.

Coordinations, syndicats ne cessent de plancher sur un texte qui chaque jour fait la preuve d’un nombre invraisemblable d’incohérences techniques qui rendent son application de plus en plus aléatoire.

Restant sourd aux appels qui montent de partout, le gouvernement laisse l’agrément du protocole d’accord du 27 juin sur les annexes VIII et X UNEDIC suivre la voie définie par les textes.

La nouvelle étape a lieu ce matin avec la première réunion à ce sujet du Conseil supérieur de l’emploi.


Rappelons que la loi précise que " toutes les personnes intéressées sont priées (...) de faire connaître leurs observations et avis au sujet de l’agrément envisagé ".

En foi de quoi, la FNSAC-CGT a invité tous les salariés à envoyer un courrier personnel s’opposant à l’agrément et à inciter, individuellement ou collectivement, tous les élus municipaux, départementaux ou régionaux ainsi que les députés et sénateurs à faire de même.

Elle appelle aussi tous les salariés intermittents à intensifier aujourd’hui les mouvements de grève, ainsi qu’à faire de ce 25 juillet une journée d’actions, occupations, manifestations et rassemblements.

À Paris, un premier rassemblement est prévu, dès 9 heures, devant la délégation à l’Emploi et à la Formation professionnelle, 7, square Max-Hymans, 75015 Paris (métro Montparnasse-Bienvenüe), où se tient la réunion du Conseil supérieur de l’emploi. Un autre rassemblement suivra à l’issue de la réunion. Rendez-vous à 13 heures esplanade Henri-de-France (75015 Paris), devant le siège de France Télévision.


L’amplification de la lutte est d’autant plus nécessaire que chaque jour apporte son lot de révélations, qui se résument à une, à savoir que le fort déficit du régime spécifique des intermittents n’est pas tant dû à eux qu’à ceux qui les emploient.

Dans ce domaine, l’État est le premier à donner le mauvais exemple. Il est plaisant, si l’on peut dire, de voir Jean-Jacques Aillagon dénoncer les abus du système alors qu’on ne l’a jamais entendu se plaindre que les chaînes de télévision publiques fassent des économies en ayant recours à des intermittents indéfiniment reconduits plutôt que d’embaucher. Un document confidentiel de l’UNEDIC, publié par le Monde le 23 juillet, montre que, parmi les quarante plus importants employeurs d’intermittents, figurent en première position France 3, en deuxième position Radio France et en troisième position France 2.

La suite de la liste est tout aussi édifiante, tant on est loin de l’idée du malheureux producteur fauché qui n’aurait d’autre biais que le détournement de la loi pour que les auteurs géniaux mais incompris qu’il tente de financer puissent s’exprimer. Pour ne citer que des noms connus de tous, on y trouve Europa Corp (Luc Besson), TF1, M6, Canal Plus, Pathé Films, Les films Alain Sarde (Canal+), UGC Image ou bien le parc d’attractions Euro Disney, dont on ignorait que le volume de travail y était si irrégulier qu’il avait massivement besoin d’avoir recours à l’intermittence ! En bref, il s’agit bien d’une mise en coupe organisée qui se défausse sur l’assurance-chômage pour prendre en charge une partie de la masse salariale ainsi économisée par les employeurs.

Ce n’est pas aux travailleurs de payer par un affaiblissement de leurs droits le déficit de leur secteur. Les intermittents l’ont compris qui, ces jours-ci encore, manifestaient devant les sociétés de télévision ou encore, mardi soir, tentaient de bloquer au dépôt Filmor l’acheminement des huit cents copies de Johnny English et des Larmes du soleil tirées pour la sortie du lendemain. Christian Célérier (Mars Distribution), distributeur de Johnny English, a sauvé la mise en assurant les intermittents de leur soutien et en affirmant qu’il n’y aurait pas de poursuites de sa part.

Jean Roy

Article paru dans l’ édition du 25 juillet 2003 .





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