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16 juillet 2003

Chorégies d’Orange : la réponse de France 2 à Jacques Chirac

Publié, le jeudi 31 juillet 2003 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : jeudi 31 juillet 2003

Le texte suivant est la réaction du personnel de France 2 à la suite de la rediffusion mouvementée du spectacle « Othello » de Verdi, lors des Chorégies d’Orange.


Les Chorégies d’Orange ont évité à ce jour les mouvements de grève voulus par leurs personnels artistiques et techniques pour s’opposer à l’accord scélérat du 26 juin sur les Annexes spécifiques Cinéma Spectacle des salariés intermittents. La Direction a usé d’un chantage systématique et culpabilisant : « ne faites pas le jeu du Front National qui, à la Mairie d’Orange, veut la peau de ce Festival ».

Les Chorégies retransmettaient hier soir sur France 2, en léger différé, le spectacle « Othello » de Verdi. Un accord entre les salariés et la Direction impliquait la retransmission, en préalable au spectacle, d’une adresse au public des personnels, expliquant qu’ils assuraient le spectacle pour que les Chorégies survivent au Front National, mais qu’ils continuaient à refuser l’accord du 26 juin minoritaire, destructeur et non négocié. Rappelons que cet accord prétend trouver sa légitimité dans la chasse aux dérives et aux abus, particulièrement des grandes sociétés de diffusion audiovisuelles et des sociétés privées de production prestataires de services qui camouflent des salariés permanents en intermittents pour « confier » à l’UNEDIC une part de leur masse salariale, rappelons que cet accord pourtant protège ces dérives et ces abus, et paradoxalement élimine les authentiques intermittents, un tiers dès sa mise en application, le reste progressivement plus tard. Rappelons enfin que Jacques Chirac, le 14 juillet après avoir fait l’éloge de cet accord, a affirmé que la chasse aux abus et aux dérives était prioritaire pour le gouvernement.

Ce soir-là, comme lors de la représentation de samedi, les personnels ont bien pu s’exprimer, soulevant des réactions contrastées, majoritairement hostiles du public : le département du Vaucluse bat des records en matière de vote pour le Front National. Les téléspectateurs ont pu voir la retransmission de cette intervention, mais ils ont eu droit à un cadeau inattendu de France 2.

France 2, après le brouhaha en public, a fait passer un déroulé publicitaire de l’UNEDIC vantant les mérites de cet accord, dans le plus grand silence, une voix suave le lisant pour les téléspectateurs à la vision défaillante. Après la tempête, le calme tranquille d’un accord signé entre le MEDEF et ses filiales hors de toute négociation, avec la bénédiction des plus hautes autorités de l’Etat : un sujet de réflexion pour Culture Pub sur M6 ! Ni le Président des Chorégies d’Orange, député UMP du Vaucluse, ni Eve Ruggieri qui commentait la retransmission, ni le réalisateur sur place n’ont été informés de cette décision de la chaîne.

Ni, bien sûr, les personnels qui, scandalisés par cette méthode de propagande pour le MEDEF (déjà initiée par France 2 sur le dossier retraites) votaient en majorité la grève immédiate. Après le 2ème acte, rechantage de la Direction des Chorégies, le spectacle reprend avec retard et sans les lumières, éclairé pleins feux par des quartz.

Cet épisode de grève, de discussion avec la Direction, puis de reprise du spectacle, bien qu’enregistré par les caméras, les téléspectateurs n’en n’ont pas eu connaissance. Les téléspectateurs n’ont même pas vu le spectacle en léger différé : il fallait leur cacher la décision des personnels jusqu’au bout. Sans la moindre annonce, France 2 leur a montré non pas la représentation en cours mais les images des deux derniers actes captées le samedi soir précédent.

Mépris de la Direction des Chorégies, mépris de la commentatrice, mépris du réalisateur, mépris des personnels artistiques et techniques, mépris du public : la totale pour France 2. Sa Direction dit qu’elle a décidé de " diffuser ces encarts par souci d’équité, pour que la chaîne ait une position équilibrée et que tous les points de vue soient exprimés ". La réalité oblige à dire qu’elle a obéi, très obligeamment, aux injonctions du sieur Loiseau, administrateur CFDT de la holding, qui semble préférer à l’unanimité hostile d’une profession vivante, les lignes glacées d’une page de publicité.

Des questions demeurent sans réponses :

1. La page de publicité mensongère qu’a passé France 2 a coûté fort cher au budget de l’UNEDIC si gravement déficitaire. Elle est en effet parue, à deux reprises, pleine page dans la plupart des grands quotidiens nationaux et régionaux : un budget considérable et secret, selon certaines sources de l’ordre de 35 000 € la page, décidé par le Président CFDT de l’UNEDIC et son Vice-Président MEDEF, pour un accord non agréé ! Question : France 2, qui a du mal à joindre les deux bouts, est-elle liée par contrat publicitaire à l’UNEDIC pour boucler son budget ou fait-elle délibérément cadeau de la somme très coquette que représente un passage de plusieurs minutes de télévision ? Question : le CSA a semble-t-il interdit la publicité dans le déroulement d’une œuvre à la télévision publique, ces « encarts » ont pourtant été clairement identifiés comme publicitaires dans la presse écrite ?

2. Le « souci d’équité » qui anime France 2 l’amènera-t-elle à accorder de façon systématique une intervention de la FNSAC CGT pour répondre aux slogans et mensonges du gouvernement, de la CFDT et de leur maître le MEDEF ? Car le souci d’équité n’est pas unilatéral.

3. On a beaucoup parlé des « montages » audiovisuels de la réalité dans les Balkans ou au Moyen Orient. Cette façon de passer sans avertissement du direct au message publicitaire, puis du direct aux images d’archives, et de censurer le direct (lors du débat filmé entre la Direction et les personnels) n’interroge-t-elle pas le CSA sur l’objectivité des images fournies par une télévision publique ?

Mais une réponse, celle de France 2 hier soir, ne souffre plus de questions. Les interventions sur les abus des chaînes publiques du Ministre Aillagon, du Premier Ministre Raffarin ou du Président de la République n’inquiètent ni France 2, ni Marc Tessier, PDG de France Télévisions. Elle sait que l’accord scélérat protège leurs combines, il leur suffit de se transformer en officine de propagande active, et toutes ces menaces officielles resteront paroles verbales et effets d’annonces.





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