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Le plein emploi est mort, vive le plein emploi précaire !

Publié, le mardi 7 février 2006 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : lundi 16 novembre 2015


Réforme des retraites [1], destruction de l’assurance-chômage, contrôle des chômeurs sans cesse renforcé, loi Fillon, réforme de l’Université, les attaques se sont multipliées depuis des années.

Elles ont toutes donné lieu à des résistances, à de multiples formes d’action, de la manif à l’incendie en passant par des grèves ponctuelles ou plus durables, des occupations sur les toits [2] ou dans les halls.

Mais nous avons perdu.

Peut-être n’avons-nous jamais réussi à formuler un nous, ni dans les textes, ni dans les actes : lycéens, intermittents, précaires de l’Education Nationale ou de la restauration rapide, profs d’un côté, émeutiers de l’autre, nous avons sagement attendu notre tour pour agir.

Aujourd’hui, ce serait aux jeunes de se mobiliser contre le CPE [3] ; les autres ont passé leur tour, il fallait lutter contre le CNE en temps et en heure.

Pourtant ce qu’instaurent le CPE et le CNE, c’est un projet de société : celui du plein emploi précaire. La division entre chômeurs et travailleurs que nous n’avons jamais su combler dans nos luttes, ceux qui décident de notre sort la combleront pour le malheur de tous : des miettes de boulot, des miettes de formation et bien sûr des miettes de revenu, voilà ce qui nous attend. Ces deux contrats sont à ce titre exemplaires : tous les droits pour l’employeur, et rien pour le salarié, pas même celui de démissionner et d’accéder à l’assurance-chômage.

Des variables d’ajustement, voilà l’avenir qui nous est promis : trimballé d’une boite à une autre, d’un statut à un autre, apprenti à quatorze ans, travail de nuit à quinze ans, stagiaire gratuit à vingt, en CDD ou en CNE à trente, en contrat d’avenir à quarante, en cumul retraite boulot de merde à 70 ?

Que voulons-nous vraiment à la place de tout ça ? Si c’est le plein emploi, pas la peine de descendre dans la rue, on l’aura. Entre un CDI à Mc DO ou un temps partiel dans les services à la personne, une succession de contrats aidés, une dose de travail gratuit en stage ou en EMT (Evaluation en Milieu de Travail [4]), ou de l’intérim à plein temps, chacun aura l’embarras du choix.

Si même les organisations de gauche et les syndicats en sont désormais à classer tout désir de changement parmi les utopies révolutionnaires, rien n’oblige les principaux concernés, nous tous, à ne pas vouloir autre chose : une activité choisie, bouffer, se loger, se déplacer,..., une indemnisation entre les périodes d’emploi qui assure à chacun la possibilité de quitter un boulot, prendre le temps nécessaire pour étudier, se former...

Nous pouvons agir.

En prenant comme point d’appui la résistance aux destructions programmées de l’assurance-chômage, du droit du travail et du reste. Agir, c’est faire grève, manifester, s’organiser, communiquer, occuper, saboter, mais c’est aussi ouvrir des espaces de discussion et d’analyse dans les facs, les ANPE, les théâtres ou les entreprises.

AC ! Paris (Agir ensemble contre le chômage !)
http://www.ac.eu.org/

Nous sommes tous des irréguliers de ce système absurde et mortifère - L’Interluttants n°29, hiver 2008/2009

Les désirs ne chôment pas, fuck austerity

Outragé, Pôle emploi mord la poussière



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Tract mis en page à télécharger, imprimer, diffuser

Taille : 47.5 ko
Mise en ligne le : 7 février 2006

Pour ne pas se laisser faire, agir collectivement :

Permanence CAP d’accueil et d’information sur le régime d’assurance-chômage des intermittents du spectacle, lundi de 15h à 17h30. Envoyez questions détaillées, remarques, analyses à cap cip-idf.org

Permanences précarité, lundi de 15h à 17h30. Adressez témoignages, analyses, questions à permanenceprecarite cip-idf.org

À la Commune libre d’aligre, Paris 12eme
Tel 01 40 34 59 74

La coordination a dû déménager en mai 2011 pour éviter une expulsion et le paiement de près de 100 000 € d’astreinte à la Ville de Paris. Nous vous demandions alors de contribuer activement à faire respecter l’engagement de relogement pris par la Ville. Il s’agissait d’imposer un relogement qui permette de maintenir et développer les activités de ce qui fut de fait, quia de charente, un centre social parisien alors que le manque de tels espaces politiques se fait cruellement sentir.

Pour mémoire : Nous avons besoin de lieux pour habiter le monde.



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