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(recueil de textes ayant circulé sur la liste videaudio@cip-idf.org)

groupe Boris Barnet - montage d’extraits du carnet des bords
(recueil de textes ayant circulé sur la liste videaudio@cip-idf.org)

Publié, le dimanche 19 février 2006 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : mercredi 22 février 2006



- Qu’est-ce que le cinéma ?
- Rien.
- Que veut-il ?
- Tout.
- Que peut-il ?
- Quelque chose.

Depuis janvier 2005 le groupe Boris Barnet projette régulièrement à la CIP-idf plusieurs films agencés ensemble.
Les images sont la plupart du temps comme les oies : domestiques et gavées de significations. Images imaginées.
Nous proposons à partir de films projetés ensemble et regardés à plusieurs d’envisager les possibilités qu’il y aurait à « restituer nos expériences » dans des modalités et délais que nous nous donnerons.

Boris Barnet fut un cinéaste soviétique. Au bord de la mer bleue et nous y étions à Cannes, c’est l’histoire d’une femme, de deux hommes, d’un kolkhoze de pêcheurs et d’un miracle (aussi loin que je m’en souvienne). Pourquoi Barnet plutôt que Vertov ou Medvedkine ? Parce que Vertov c’est le montage, Medvedkine l’histoire, et Barnet cela aurait pu être les deux. Je ne sais rien sur Barnet si ce n’est Au bord de la mer bleue qui aurait pu être un film de Flaherty mis en scène par Douglas Sirk ; j’en sais trop sur Vertov et Medvedkine (la peur les trahisons le courage la guerre le communisme de guerre et Mosfilm qui ne fut pas un Hollywood soviétique pas tout à fait).

- Nous avons dit qu’il n’y avait aucune différence entre faire et montrer des films.
- Regarder serait comme en faire.
- Qu’il n’était pas question de regarder une oeuvre en soi mais d’essayer de rapprocher (autant que faire se peut) des films sans distinction autre que ce dont nous aurions besoin. Parce que nous ne pouvons nous passer, ni du passé, ni de penser l’à présent.
- Que vouloir par exemple montrer Chats perchés et Qu’est-ce que vivre ?, c’est dire déjà que le montage existe autant entre deux films, qu’entre deux plans ; c’est dire qu’entre une foule qui manifeste et un homme qui parle depuis sa vie, il y va de l’avenir du collectif. Que ce n’est pas qu’une histoire de dispositifs filmiques, mais de rapport d’histoire(s) : complémentaire, disruptif, antagoniste, fécond. Que c’est aussi ce qu’avait inventé Griffith et Hollywood avec Naissance d’une nation.
- Que filmer un arbre ou la banquise est aussi important que filmer un homme si nous nous entendons pour dire que la politique ne concerne pas que ce qui est humain.
- Que regarder une archive, c’est entrer dans le labyrinthe des fictions :
"Tu vois, à ce moment là, j’étais là et je pensais à ça ; tu vois ce que je veux dire ?”

TOUS LES ENFANTS SONT DES ACTEURS
TOUTES LES FEMMES SAVENT FAIRE DE LA MISE EN SCENE
(ENREGISTRER CE QUI VA, ET LE COMPARER AVEC CE QUI NE VA PAS)

Avant d’être beau, cependant, affirmons-le avec simplicité, le cinéma, d’abord, est bête. Prenons ce gros mot vague dans une acception limitée. Le cinéma est né bête parce qu’il est né puissant. C’est sa malédiction originelle à lui. Il est bête comme le Pouvoir. C’est-à-dire bête deux fois : l’une comm e puissance, l’autre comme servitude, dans l’obéissance à la « seule force des choses ». Ses innombrables produits, qui lui ont assuré la domination des espaces imaginaires de l’humanité depuis plus d’un demi-siècle, ses œuvres voire ses chefs-d’œuvres, portent tous à des degrés divers la marque de cette brutalité primaire qui le caractérise dès l’origine.

On avait cru possible de s’entendre, mais il a fallu se demander, au fil de misères quotidiennes : comment se fait-il que nous ayons échoué ? Tu sais, c’est comme dans le film Léon : on ne tire pas sur les femmes, ni sur les enfants. Mais bien sûr, il y a des balles perdues.

On ne peut pas se passer de la nécessité de savoir ce qu’on fait lorsqu’on fabrique des images. Que fait-on des images, de nos nécessités de travail, de nos nécessités de montrer ? Comment considérer la lutte à partir de ce qu’on fait ? C’est quoi l’histoire ? Comment regarder ou construire des films ? C’est quoi, adopter un plan, comment on fait le montage si monter consiste à trouver un accord, la fiction et le docu par rapport à nos problématiques, c’est quoi un auteur ? cf photos de conflits. Comment faire avec tout ça ? C’est quoi le champ / contrechamp si on s’entend pour dire que les Palestiniens ne sont pas le contrechamp des Israéliens pas plus que Kerry le contrechamp de Bush ?

ON S’ÉMERVEILLE QU’UNE IMAGE ARRIVE IL POURRAIT NE RIEN Y AVOIR

Il n’y a pas de raison, pas de raison... si bien que dans un film, les images comme on dit ne sont pas sur la pellicule, elles ne sont pas dedans, elles se produisent entre qui a filmé et qui regarde. C’est un phénomène qui se produit « entre » et que vous ne pouvez pas maîtriser.

Je me souviens de ces questions :
A quoi engage le cinéma ? Plutôt que qu’est-ce que le cinéma engagé ?
Être précaire, être acteur : être forcé de se loger dans le désir de l’autre pour mériter son rôle ?
(Deleuze sur Minnelli : si tu es pris dans le rêve de l’autre, tu es fichu)

ailleurs
dans la profession
on ne parle que de montage
chaîne de montage
et les fonctions les plus usitées avec final-cut
sont « écraser »et « insérer »
(suivies pas « remplacer » et « sauvegarder »)

Ce que le cinéma ne sait pas, c’est que ce qui se passe au-dehors du cinéma rejoint ce qui se passe au-dedans du cinéma.

- Comment ça va ?
- Ca va pas.
- Oui, mais : comment ça va pas ?

A bientôt j’espère


Ce texte, montage d’extraits du « carnet des bords de Boris Barnet », a été publié dans Interluttants 24.
Le carnet des bords, recueil de textes ayant circulé sur la liste videaudio cip-idf.org, est consultable en version papier à la CIP-idf et téléchargeable ici.

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Document(s) à télécharger :

carnet des bords - extraits - à télécharger

Taille : 25.5 ko
Mise en ligne le : 22 février 2006



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