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Lettre ouverte : construction d’un train Mayday des étudiant(e)s italiens

Publié, le dimanche 9 avril 2006 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : dimanche 9 avril 2006


Aux lycéens/nes et étudiants/es français/es, aux rebelles d’octobre et novembre 2005 et du printemps 2006, aux mouvements des précaires d’Europe.

ON N’EST PAS FATIGUÉES

Lors d’une rébellion, la rencontre ouvre un champs de possibilités à la fuite et à la résistance. En atteignant la Sorbonne, avec nos caravanes, en vous accueillant dans nos universités, à Rome, Padoue, Naples, Bologne et Turin, nous avons connu une rencontre heureuse.
Une rencontre qui pointe des éléments communs entre les choses extraordinaires qui ont lieu aujourd’hui en France et celles qui sont arrivées en Italie l’automne dernier.
Vos luttes sont aussi les nôtres. Vos blocages sont aussi à nous, les rues parisiennes nous attirent.

"On en a marre ! On est fatigués de votre chantage, nous voulons vivre, nous voulons être heureux" !

La précarité est le chantage que l’on veut nous imposer, en France comme en Italie, comme en Europe. Pourtant on nous demande d’être créateurs, souriants, capables d’inventer des choses que personne n’avait fait auparavant. Notre unicité, le caractère singulier, jamais répétable de la créativité n’a pas de prix. C’est une pratique qui n’accepte pas de chantages, qui ne veut ni pauvreté ni misère, c’est une pratique toujours contrainte par les droits et les formes traditionnelles du travail et de l’emploi.

Nous avons occupé nos universités pendant plus d’un mois l’automne dernier sans imaginer ce qui se passerait ensuite à Paris.
Refoulés plusieurs fois par les charges de la police, nous avons assiégé à 150 000 les palais du gouvernement et de la décision illégitime. Nous avons, nous aussi, essayé de généraliser le conflit contre la précarité et pour les savoirs et la connaissance. Mais en Italie, une culture politique et syndicale obsolète peine à mourir.
Celle-ci pense encore la formation comme un terrain séparé de la production, les étudiants comme une élite minoritaire et les luttes contre la précarité comme un corporatisme. Nous mêmes avons peut-être trop insisté sur l’autogestion des universités, au lieu d’envahir sans cesse la rue, de savoir nous risquer pleinement à des formes de « grève métropolitaine ». Ces formes extraordinaires qu’on voit à l’oeuvre, dans la vitesse du blocage, la rapidité et la force de l’indignation, durant les journées de mars et d’avril 2006 dans bien des villes de France, et jusqu’à Paris, cette capitale du contrôle.
Nous avons aussi assisté, parfois en en étant les victimes, à la férocité de la répression d’un gouvernement impopulaire et menteur.

3600 arrestation effectuées jusqu’ici : pour tous et toutes nous demandons la libération immédiate, comme nous demandons la liberté et l’amnistie pour les luttes sociales des dernières années en Italie, où environ 8.000 personnes sont encore incriminées pour les manifestations lors du G8 de Gênes.
Notre colère et notre bonheur ne peuvent pas être jugées !

Nous voudrions maintenant poser une autre question, à savoir la possibilité même d’une nouvelle rencontre. On sait, en effet, que Sarkozy tente d’ouvrir une négociation hypocrite avec les syndicats et qu’ils joueront peut-être le jeu. On sait que la « loi pour l’égalité des chances » et le CPE ont été conçus pour aggraver les conditions d’une précarité des jeunes déjà fortement présente dans tous les pays d’Europe.

Nous avons participé à plusieurs éditions de la manif « Mayday » en Italie, surtout à Milan les dernières années où nous fûmes des centaines de milliers. Nous pensons qu’aujourd’hui la MayDay parade de Paris peut être une formidable occasion de développer un tissu commun de lutte contre la précarisation.
La MayDay se déroulera, comme l’année dernière, dans de nombreuses métropoles et villes européennes, mais nous croyons que celle qui aura lieu à Paris représentera la possibilité pour tous de « changer de signe » l’imaginaire, c’est-à-dire de donner une nouvelle impulsion au souffle matériel des conflits européens.

L’Europe, la seule possible, est celle qui récuse sérieusement les souverainetés nationales et les frontières. C’est l’Europe des mouvements, des pratiques radicales, des instances irréductibles à la représentation politique.
L’Europe du soulèvement concret des précaires qui demandent droits, revenu, bonheur, vie : cette Europe est aujourd’hui à Paris ; ce Premier mai, elle sera là, à la MayDay parade de Paris !

Nous sommes disponibles à ouvrir un parcours en ce sens. Un parcours qui nous conduira à la construction des trains, parce que la mobilité est un droit qu’il ne faut pas payer. On arrivera ainsi à Paris le 1er Mai. Il s’agit d’un parcours que nous voudrions ponctué d’échanges, d’élaboration commune, de contamination réciproque, d’envie de partage même dans les moments les pires qui nous sont imposés.

Nous proposons aussi que le 2 mai soit organisée une grande assemblée européenne des étudiants et des précaires. Cette proposition est déjà la recherche pratique et la matérialisation d’une possibilité ! Nous ne sommes pas simplement solidaires de vos luttes.
Vos luttes sont aussi les nôtres, votre victoire est aussi la nôtre !

De l’automne italien au printemps parisien, on avance.... on n’est pas fatigués !

Étudiants et précaires en lutte.
(roma, padova, venezia, bologna, pisa, napoli, torino, trento, trieste, vicenza, alessandria)





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