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Refondation sociale patronale : L’éthique du bouffon, Valérie Marange

Publié, le mercredi 3 janvier 2007 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : mardi 29 avril 2014


Quand le philosophe François Ewald, colégataire de l’oeuvre de Foucault, et son compère Denis Kessler, numéro deux du Patronat, vilipendent en coeur la « démoralisation » contemporaine c’est pour faire l’éloge de l’« économie politique du risque » et du contrat social qui « trouve sa vérité dans l’assurance » [1]. Dans le détournement de la référence à Foucault, l’éthique de la « refondation sociale » patronale [2] se révèle ainsi une véritable éthique du bouffon.

« Quoi ? Vous ne savez pas encore le secret d’obliger tous les riches à faire travailler tous les pauvres ? Vous ne savez pas encore le premier mot de la police ». Ce trait de Voltaire, cité par Michel Foucault au sujet du grand renfermement des improductifs à l’âge classique, jette sur la dite « refondation sociale » et les politiques de plein emploi un éclairage très cru. Qu’est-ce que le « Pare », en effet, sinon chose de « police au sens très précis qu’on lui prête à l’âge classique, c’est à dire l’ensemble des mesures qui rendent le travail à la fois possible et nécessaire pour tous ceux qui ne sauraient vivre sans lui »  ? [3] Vision saisissante du généalogiste qui nous décrit des mécanismes d’assujettissement toujours à l’oeuvre dans le workfare fin de XXe siècle, même si ce dernier se donne de nouveaux moyens de police que l’internement, moyens de la « surveillance » ou du « contrôle » qui n’excluent pas l’enfermement ni le stockage à vie [4]. La surveillance psychosociale se fait, en effet, toujours plus large et insinuante, au travers de la « lutte contre la violence » [5], mais aussi et d’abord des modèles de l’employabilité. On ne déporte plus les chômeurs comme le faisait l’Amérique de la grande crise, on déploie les « incitations » qui rendent possible et nécessaire leur embauche pour des sommes à peine supérieures au RMI, voire inférieures aux allocations de chômage. Il y a de nouvelles pages de l’histoire de la folie et de la prison à écrire aujourd’hui, de la « police » comme partage des bons et des mauvais pauvres, confusion - distribution de l’oisiveté volontaire, de l’incapacité médicale et de la transgression des lois. Cette histoire, en même temps, serait celle d’une éthique « travailliste », qui prend le pauvre comme sujet moral, symétrique d’une éthique capitalistique, l’« obligation » dont parle Voltaire, que la CFDT n’a de cesse de rappeler aux « entrepreneurs » [6]. Une histoire de l’objectivation du sujet productif et du gouvernement par l’individualisation [7], mais aussi celle des modes de subjectivation liés au refus du travail, de la norme du « petit travailleur infatigable », refus dont les récents mouvements de chômeurs et précaires nous disent encore la vivacité.

Le risque comme principe moralisateur

Or dans cette histoire, aujourd’hui, l’« incitation » majeure au bon comportement a pour nom : « risque », dont le philosophe François Ewald, colégataire de l’oeuvre de Foucault (avec Daniel Defert) et son compère de la Fédération des assurances françaises Denis Kessler [8], font la grande « catégorie moralisatrice » en même temps que la grande « ressource » économique. Dans un article cosigné qui vilipende la « démoralisation » contemporaine, les deux compères nous proposent en effet un autre genre d’histoire, une histoire universelle relue comme travail du risque parvenant à la conscience de lui-même, fondant aussi bien la prudence aristotélicienne que l’engagement sartrien, en même temps que l’économie politique « qui n’est qu’une économie politique du risque », et le contrat social qui « trouve sa vérité dans l’assurance ». Mariage de raison préfigurant de « nouvelles noces » plus passionnelles, à la condition de faire du risque une « ressource » plus qu’une contrainte ou un danger. Sur ce « nouveau pli » de l’État, Ewald-Kessler restent imprécis, se défendant de l’assimilation au libéralisme [9] tout en dénonçant les « rentiers de l’État providence » et une période de « démoralisation » obsédée par la sécurité [10]. La réinstitution du social remplacera la protection de l’État par des appuis institutionnels permettant/obligeant chacun à « assumer les risques qui sont les siens ». La grande fresque dialectique du risque (en quoi Ewald n’est guère généalogiste mais plutôt idéologue de la fin de l’histoire) débouche donc sur l’individualisation du risque dit « de l’existence ». Source des valeurs - bien prouvée par la sagesse populaire et le pari pascalien -, le risque est à la fois ce qui pousse l’individu à « maximiser son utilité » et le « principe de la dignité de l’homme ».

Cette coïncidence heureuse se précise quand Kessler écrit seul sur des enjeux plus concrets ou quand Ewald sert la soupe à Seillière sur la « refondation sociale. » [11] Le consommateur, dit Seillière, doit cesser de reporter sur « d’autres que lui les risques de la consommation ». La société ne se répartit pas entre riches et pauvres mais selon une « division morale, de modes de vie, de style », celle qui oppose les « riscophiles aux riscophobes ». Les premiers sont l’avenir, les seconds des assistés démoralisés et démoralisants, sont condamnés à disparaître. Le problème, dit Kessler, c’est la répartition des risques entre l’individu, la famille et autres corps intermédiaires, les entreprises et l’État. Ce dernier doit cesser de couvrir tous les « risques de l’existence », et laisser aux entreprises à la fois le marché de l’assurance et le loisir de faire prendre aux autres des risques, ici naturalisés et confondus avec les « risques » du capital, abstraction faite de la charge vitale des premiers. Le « reengeniring » du politique proposé par Ewald se traduit ici par l’institution d’un « monitoring des comportements », pour transformer les assistés en êtres responsables.

Mortalité, danger, partage

L’intérêt du retour aux sources foucaldiennes est ici double : à la fois pratique, pour mettre à plat de tels énoncés pour ce qu’ils sont, « chose de police » ; et polémique, puisque l’un des principaux locuteurs se réclame ici si ce n’est de l’éthique, du moins de la méthode de Michel Foucault : il s’agirait de comprendre une épistémè, un « pli » du sujet et du pouvoir, biopouvoir visant « à produire des forces... plus qu’à les barrer ». D’autre part, la dénonciation constante des apôtres sécuritaires du danger n’est pas sans résonance avec les thématiques chères à Foucault, toujours soucieux de déjouer les dispositifs de sécurité. Pour peu qu’on ait un souvenir lointain de son oeuvre, il suffirait de se rappeler d’une interview donnée par lui à la CFDT sous le titre « Un système fini face à une demande infinie » [12] pour le ranger sous l’antienne de l’éthique de l’assureur : celui qui entend remplacer l’État dans la fonction de l’assurance des risques vitaux, tout en refusant de trop les couvrir au nom des « risques » que cela fait courir aux investisseurs. De ce nouvel agencement, le Pare est emblématique, puisqu’il reporte sur les assurés de l’Unedic la charge de se garantir eux-mêmes (en continuant à cotiser). C’est par ce mécanisme de « responsabilisation » que la mise en danger des uns devient ressource... des autres, par un tour de passe-passe que peut comprendre tout assuré. Cette imposture n’est ici possible qu’au prix d’un autre tour destiné aux cadres sociaux et intellectuels : celui de la transcendantalisation du « risque », l’indistinction du risque le plus banal et du plus vital, de l’incertitude concernant le rapport d’un investissement et de celle qui concerne l’existence elle-même, individuelle ou collective.

Dans la nouvelle distribution du risque proposée par le Medef et dans la vocation à disparaître des « riscophobes », le lecteur attentif de la Volonté de savoir ne peut donc lire qu’un nouvel avatar de la naturalisation de l’exposition à la mortalité (du « faire vivre et rejeter dans la mort » propre au biopouvoir [13]), voire une revisitation de la théorie de la sélection naturelle. L’idéologie du risque, dont un ancien conseiller de Claude Allègre prônait récemment l’enseignement [14], rejoint ainsi la longue cohorte des « grandes falsifications sous le règne des valeurs morales » dont nous parlait Nietzsche : « dans le domaine de la physiologie, doctrine de l’évolution (« perfectionnement », « socialisation », sélection ») [15]. La pauvreté économique renvoie à une « pauvreté morale » : celle de la vie qui « recule d’horreur devant la mort » [16], ne sait pas positiver les destructions ni la précarité de sa propre existence.

Ici, la dénonciation des « riscophobes » prolifère dans au moins deux directions : celle de l’euphémisation du négatif, devenu « ressource » pour l’économie assurancielle et médicale voire humanitaire, et qui définit un seuil de profitabilité du danger et de la peur ; celle d’autre part du danger que représentent eux-mêmes les riscophobes, qui veulent faire porter par la collectivité leur droit à persévérer dans l’être, protégés du prion, des catastrophes climatiques ou de la vieillesse misérable. Seillière le dit clairement dans l’interview signée par Ewald : le principe de précaution, c’est la lutte des classes, et la lutte des classes, c’est en réalité la démoralisation de l’assisté qui avance sous le masque de l’éthique [17], c’est un partage des styles de vie. Contre l’association de l’irresponsabilité, de la déraison et de l’immoralité, il s’agit de « défendre la société »  [18], le partage socialisant, qui attribue à chacun ses risques [19].

Le souci de soi des hommes infâmes

Que tous les risques ne se valent pas, que chacun n’en ait pas la même part, voilà ce que masque au fond ce discours tout en le légitimant : ce qu’on nomme dans un autre langage l’inégalité des chances, le partage des espérances de vie, relatif à leur moralité... [20]

Or, il se trouve que cette question du partage est au coeur de la vie et de l’oeuvre de Michel Foucault, au coeur de sa lutte : partage de la folie et de la raison, du délinquant et du gentil garçon, du normal et de l’anormal... Deux textes en témoignent parmi d’autres, édités sous la coresponsabilité d’Ewald, et dont celui-ci ne peut ignorer la charge qu’ils recèlent contre le « monitoring des comportements » préconisé par Kessler.

Dans le premier, « Un système fini face à une demande infinie » [21], Foucault se livre à une certaine critique du système de la Sécu, montrant comment celui-ci génère dépendance et assujettissement. Mais cette critique vise à la fois « un effet de mise en dépendance par intégration », et « un effet de mise en dépendance par marginalisation ou exclusion ». Les deux sont à combattre comme les deux faces d’un même partage entre « populations exposées et non exposées », question qui recoupe celle des modes de vie. Sera protégé celui qui travaille, vit en famille, est intégré dans une communauté ou un territoire, celui qui en somme « est déjà protégé », dit Foucault. Le problème, c’est que la protection soit conditionnée par les chances et choix d’existence des personnes, par leur place sociale. Face à cette conditionnalité normalisante -qui décrirait parfaitement des dispositifs tels que le RMI ou le Pare-, « existe bel et bien une demande positive : celle d’une sécurité qui ouvre la voie à des rapports plus riches, plus nombreux, plus divers et plus souples avec soi-même et avec son milieu, tout en assurant à chacun une réelle autonomie » [22].

Le « souci de soi » relègue donc la « riscophilie » au rang des âneries, des rodomontades de ceux qui se protègent des vrais risques. En même temps apparaît l’espace d’une éthique des usagers dont le cofondateur du GIP et de Aides est l’avocat logique, récusant au passage la connotation péjorative dont les économistes libéraux affligent la notion d’État [23]. Foucault affirme même ici : « l’objectif d’une couverture sociale optimale associée à un maximum d’indépendance est assez clair » [24]. L’enjeu est de faire exister l’espace d’une éthique des gens concernés, des styles de vie minoritaires ou dissidents (y compris et peut-être d’abord face au travail obligé), et cet espace implique une sécurité matérielle garantie pour tous, au-delà des risques propres à chacun.

L’autre texte, « Le sujet et le pouvoir » [25], est l’un des écrits de Foucault qui articule le plus précisément son épistémologie et sa pragmatique. Ce que nous dit ici Foucault, c’est que ce qui l’a toujours intéressé, c’est le caractère subjectif du pouvoir. Et que ce dont il est toujours parti, c’est des modes de subjectivation minoritaires ou réfractaires aux grands assujettissements normatifs, qui « classent les individus en catégorie, les désignent par leur individualité propre, les attachent à leur identité » tout en les coupant de toute communauté. C’est bien de ce « premier Foucault », solidaire des fous, des vagabonds et des prisonniers, des « hommes infâmes », que sortira le second Foucault, celui du « souci de soi », d’une « vertu sans moraline » [26] refusant l’exposition sacrificielle à la mort mais affirmant ses valeurs, dans une autoréférence individuelle et collective. A l’énumération que fait Foucault dans cet article - luttes des femmes, des homosexuels, des prisonniers, des malades mentaux - il faudrait aujourd’hui ajouter : lutte des séropositifs, des chômeurs, des intermittents, des sans-papiers... de tous ceux dont la sécurité d’existence est déniée au nom des risques qu’ils prennent ou qu’on leur fait prendre effectivement et qu’ils doivent assumer seuls pour devenir des « ressources » alléchantes.

Souci du monde

A cet égard, l’actuelle campagne médiatique mettant en cause les pratiques préventives du VIH au nom du « goût du risque » ne laisse d’ailleurs pas d’interroger. Car qui se soucie de la maladie des gens de mauvaises moeurs, sinon eux-mêmes ? Qui se soucie de l’état de santé des populations en général, au lieu de juger leur moralité à l’aune en réalité inverse de leur prise de risque, c’est à dire celle des garanties dont ils sont entourés ? « Toute existence qui peut être niée mérite de l’être », écrivait Nietzsche. Ewald entendrait la leçon à sa façon et dans ce sens, sa citation de Foucault s’apparente à des trahisons bien connues de la pensée de Nietzsche. Foucault l’entendit autrement, comme le font aujourd’hui les collectifs de chômeurs, de malades, de transsexuels, d’habitants, de consommateurs, de « licenciées des grandes surfaces » qui réévaluent les valeurs collectives en même temps que la valeur de leur existence. Et qui souvent développent des façons de vivre, de travailler, d’aimer, d’habiter le monde, plus responsables et surtout plus hospitalières que celle des apôtres protégés du risque d’autrui. Autovalorisation et revalorisation du monde ont ainsi partie liée comme l’a montré Foucault dans le Souci de soi et comme l’exprime d’une certaine façon le « principe de précaution », rempart contre une individualisation du risque par nature illusoire quand c’est le monde commun qui est menacé. Le pli de la responsabilité prend ici une toute autre figure, qui pourrait rendre un sens au projet de « faire de l’homme un animal capable de tenir ses promesses » [27], au-delà de l’éthique de l’assureur ou du bouffon.

Multitudes n°4, mars 2001.



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L’éthique du bouffon

Taille : 28.5 ko
Mise en ligne le : 3 janvier 2007

Notes :

[1] On sait ce que cela donne en matière de chômage... voir Unedic, les mobiles du crime - Pollen.

[2] Refondation « sociale » patronale : Le Pare, une entreprise travailliste à la française ainsi que « Refondation sociale » patronale : Le gouvernement par l’individualisation, Maurizio Lazzarato.

[3] Michel Foucault, Histoire de la folie à l’âge classique, 1972, Tel Gallimard, p 75.

[4] Bon nombre des anciens pensionnaires des hôpitaux psychiatriques qui ferment actuellement des pavillons se retrouvent dans des MAS (institutions dont les statuts prévoient le séjour définitif), un certain nombre d’autres en prison. D’autres enfin dans la « nature » sous contrôle d’injection de neuroleptiques - retards. Comme le soulignent Deleuze et Guattari dans divers textes des années 1980-1990 (« Les sociétés de contrôle », « Les Années d’hiver », etc.) les sociétés de contrôle ne remplacent pas totalement les anciennes procédures disciplinaires, mais y ajoutent une nouvelle strate, produisent divers mixtes.

[5] Voir Mais que fait la police ?

[6] CFDT, syndicat jaune ?

[7] Le gouvernement des individus - Université ouverte 2008-2009..

[8] Ewald est le directeur de recherches de cette Fédération dont Kessler, numéro 2 du Medef, est le patron.

[9] Non sans raison, sauf si l’on persiste à amalgamer le néolibéralisme à la limitation du rôle de l’état alors même que ce n’est pas son credo, cf La mort du libéralisme, Laurent Jeanpierre.

[10] Kessler, Ewald, « Les noces du risque et de la politique », Le Débat, n° 109, avril 2000. On peut lire ici : « Le risque, c’est tout à la fois une morale, une épistémologie, une idéologie, en fait une manière de définir la valeur des valeurs ».

[11] Denis Kessler, L’avenir de la protection sociale, Commentaire, automne 1999, n° 87, et François Ewald, « Entretien avec Ernest-Antoine Seillière », Président du Medef, in Risques, n° 43, septembre 2000.

[12] « Un système fini face à une demande infinie »

[13] Foucault, La Volonté de savoir, Gallimard 1976. Ch. Droit de mort et pouvoir sur la vie, en particulier pp. 179-181. Il est intéressant de noter qu’Ewald cite dans son article quelques mots de ces pages, où Foucault définit le biopouvoir comme « un pouvoir destiné à produire des forces, à les faire croître et à les ordonner plus qu’à les barrer, à les faire plier ou à les détruire », tout en omettant la seconde partie de l’exposé, qui porte sur le nouvel exercice du droit de mort dans ce contexte, qui atteint les dimensions inédites d’holocaustes : « Mais ce formidable pouvoir de mort - et c’est peut-être ce qui lui donne une part de sa force et du cynisme avec lequel il a repoussé si loin ses propres limites- se donne maintenant comme le complémentaire d’un pouvoir qui s’exerce positivement sur la vie... Les massacres sont devenus vitaux. », Voir également L’hypothèse du bio-pouvoir : entre polémique et cybernétique ? Muriel Combes..

[14] « Enseigner le risque », in Le Monde, 7 décembre 2000.

[15] Nietzsche, Volonté de puissance, P. 181.

[16] Hegel, Phénoménologie de l’esprit : « Ce n’est pas la vie qui recule d’horreur devant la mort et se préserve pure de la destruction, mais la vie qui porte la mort et se maintient dans la mort même, qui est la vie de l’esprit ».

[17] Voir le renforcement de ce partage par Lionel Jospin qui alors quil était premier ministre répondait en 1998 à une mobilisation des chômeurs et précaires par un trop oublié « je préfére une société de travail à l’assistance" en guise de fin de non recevoir, À gauche poubelle, précaires rebelles, Collectif d’Agitation pour un Revenu Garanti Optimal (CARGO), mai 1998.

[18] Comme le dit ironiquement le titre d’un séminaire de Foucault au Collège de France, qui porte sur la guerre sociale menée par la bourgeoisie aux classes dangereuses au nom de son style de vie supérieur.

[19] Clairement, ce modèle ne peut guère conduire qu’à la guerre sociale et à l’accroissement de la « police », dans le sens où l’entend Jacques Rancière, comme gestion du « lot » de chacun et contournement de la question de la « part des sans part », qui fonde l’espace politique. Cf. Rancière, La mésentente, Galilée 1998.

[20] Hazard, en anglais, désigne à la fois le risque et la chance. L’éloge de l’Aléa, qui peut passer pour libertaire, devient ici naturalisation des « karmas » dans la philosophie spontanée de l’assureur, voire de l’assuré bien couvert.

[21] Entretien avec Robert Bono (alors secrétaire national de la CFDT), in Sécurité sociale, l’enjeu, Syros 1983, in Dits et écrits, T.IV, p 367-383.

[22] Ibid, pp 368-369.

[23] Ibid, p 374.

[24] Ibid, p 372.

[25] « Le sujet et le pouvoir », Chicago 1982, Dits et écrits, T. IV, pp 222- 243.

[26] Selon les mots de Nietzsche dans l’Antéchrist.

[27] Selon les mots de Nietzsche, Généalogie de la morale, Seconde dissertation.



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