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Du libéralisme au néolibéralisme, gouvernement et rationalité économique

Huitième séance : jeudi 31 mai 2007
Du libéralisme au néolibéralisme, gouvernement et rationalité économique

Publié, le mardi 3 juillet 2007 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : samedi 24 août 2013


- Du libéralisme au néolibéralisme, gouvernement et rationalité économique


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Du libéralisme au néolibéralisme, gouvernement
et rationalité économique



Le discours du nouveau président de la république rompt avec le gaullisme de « fracture sociale » pour assumer explicitement une position néo-libérale. La présidence de Sarkozy offre ainsi l’occasion d’interroger à nouveau « Naissance de la biopolitique », le livre proposé cette année comme fil rouge de l’université ouverte.  

« Cette politique nouvelle, j’en vois deux segments : l’un qui serait attaché à remettre sur pied une humanité jugée »défaillante« , c’est-à-dire une partie de l’humanité qui souffrirait d’un certain nombre de défaillances, du fait de la génétique, de la naissance, ou d’inégalités jugées »naturelles« , pour laquelle l’Etat doit intervenir. C’est par exemple une politique compassionnelle pour les personnes handicapées, une politique de discrimination positive pour les personnes discriminées. C’est enfin une politique sécuritaire contre les criminels (pédophiles, multirécidivistes, etc). On aurait donc une place réservée à l’Etat pour suppléer aux »défaillances« de cette humanité. Deuxièmement, pour le reste de l’humanité qui n’est pas défaillante, le programme sera celui du libéralisme, c’est-à-dire de l’effort et du mérite individuels, de la prise de risque qui doit être récompensée, de l’ascension sociale qui doit être accompagnée. L’ensemble de cela est très nouveau à droite. »(Xavier Jardin, politologue, Le Monde, 10 mai 2007)

 Cette « transformation de la droite », nous l’avons déjà en partie analysée lors notre dernier rendez-vous, centré sur la leçon du 7 mars 1979 où Foucault montre que la politique sociale est avant tout, pour les libéraux, une façon de faire jouer les mécanismes de la concurrence.  Mais une autre question peut être posée à Foucault : pourquoi le libéralisme économique est-il toujours accompagné de discours racistes et de valeurs telle que la famille, l’autorité, la nation ? Pourquoi l’hypermodernité de « l’entrepreneur de soi », du capitalisme actionnarial, de la new economy coexiste-elle avec le « néo-archaïsme » que la droite a récupéré à l’extrême droite (Ministère de l’immigration et de l’identité nationale, crispations religieuses...) ? Pourquoi, contrairement à ce que pensait Karl Marx, n’y a t-il jamais eu de fonction « progressiste » du capital ? Pourquoi la liberté des libéraux fait-elle appel au plus grand autoritarisme ?  

Les cours de Foucault amorcent des réponses à ces questions que la gauche n’a ni su ni voulu poser. Nous essaierons d’interroger selon cette perspective l’analyse que propose Foucault de la gouvernementalité néolibérale. « Il faut défendre la société” (1975-1976), mettait la guerre au coeur de l’analytique du pouvoir. Avec « Naissance de la biopolitique »(1978-1979) en revanche, les mécanismes du néolibéralisme ne sont plus pensés à partir du modèle de la guerre mais comme « gouvernement des conduites ». Que signifient ce concept de gouvernementalité, ce passage de la guerre au gouvernement ?  

Nous tenterons ensuite d’exposer ce que Foucault entend par « art de gouverner sous un régime de vérité économique », expression par laquelle il désigne le libéralisme. En 1979, Foucault décortique cet art de gouverner qui assume la nouvelle rationalité, la rationalité économique qui apparaît au milieu du 18eme siècle, avec l’émergence d’un « naturalisme économique ». Il s’agira lors de cette session de comprendre les traits généraux de cet art de gouverner et de souligner (en se référant notamment aux leçons du 28 mars et du 4 avril 1979) la rupture que constitue, par rapport à ce naturalisme, ce néolibéralisme, au moment où celui-ci hypothèque pesamment le présent et se manifeste avec de plus en plus de clarté.  

 “...Le nouvel art de gouverner va donc se présenter comme gestionnaire de liberté, non pas au sens de l’impératif : « sois libre », avec la contradiction immédiate que cet impératif peut porter. Ce n’est pas le « sois libre » que formule le libéralisme. Le libéralisme formule ceci, simplement : Je vais te produire de quoi être libre. Je vais faire en sorte que tu sois libre d’être libre...”  (Leçon du 24 janvier 1979, Naissance de la biopolitique, p.65)  

Quelle est donc cette liberté qui a besoin de la Loi sur la Securité Intérieure ou du contrôle des chômeurs pour exister ?





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