CIP-IdF/Commune Libre d'Aligre : 3 rue d'Aligre-75012-Paris / Tél: 0140345974 Contact Plan


Suivez la CIP

             

Abonnement liste infos

Abonnement liste de discussions et débats

L'essentiel

 

recherche :

Accueil  >  Communiqués  >  Année 2009  >  Autres communiqués année 2009  >  Précaires, chí´meurs, desserrons nous la ceinture. Blocage de Speed Rabbit í Rennes.

Précaires, chí´meurs, desserrons nous la ceinture. Blocage de Speed Rabbit í Rennes.

Publié, le vendredi 23 janvier 2009 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : dimanche 25 janvier 2009


Jeudi 22 Janvier í Rennes vers 18h30, une trentaine de chí´meurs et précaires a bloqué la chaí®ne de restauration rapide Speed Rabbit Pizza, place Sainte Anne.

Les scooters de l’établissement ont été enchaí®nés.

Le collectif voulait par cette action manifester une forme de solidarité effective entre chí´meurs et travailleurs précaires. Ils revendiquaient une prime de 150 euros pour tous les employés de l’enseigne í Rennes, ainsi que l’abrogation des réformes actuelles renforí§ant les sanctions et le contrí´le des chí´meurs.

Le patron de Speed Rabbit í Rennes, contacté, a refusé toute négociation et a fait appel í la police. Vers 20 h 10, une trentaine de policiers a expulsé les manifestants, non sans donner quelques coups de matraque.

Les chí´meurs et précaires ont quitté les lieux aux cris de « Flics, pizzas, míªme combat ! »

Le tract suivant a été distribué durant l’action :

Desserrons nous la ceinture !

Prologue

Nous voulons d’abord dire ceci : le coup de « la Crise », í§a ne marchera plus. Le problí¨me, c’est que nous n’avons jamais connu autre chose.

Tout le monde en connaí®t les symptí´mes : stagnation des salaires, chí´mage de masse, travail en miettes, délocalisations, relégation des pauvres. Tout le monde connaí®t les « remí¨des » gouvernementaux, cent fois pires que le mal : privatisations, baisse des pensions, radiations des chí´meurs, expulsion massive de sans-papiers, occupation militaire des « quartiers difficiles » : bref, le « maintien de l’ordre » et des privilí¨ges comme seul horizon politique.

L’absurdité de ces pseudo-remí¨des, avérée par le creusement des inégalités et l’appauvrissement de la majeure partie de la population, conduit la « crise économique » í dégénérer visiblement en une crise de l’économie, c’est-í -dire en une crise politique. L’économie sensée nous réunir tend í se fissurer en deux partis : d’un cí´tés, ceux qui ont intéríªt í ce que l’économie soit « relancée », c’est-í -dire ceux qui sont príªts í toutes les restructurations que l’on voudra, pourvu qu’ils restent aux commandes ; de l’autre, ceux qui ont intéríªt í son effondrement, dégageant un horizon oí¹ la décision politique appartienne í tous, oí¹ soit mis fin, inséparablement, í l’exploitation de l’homme et de la nature.

Des emplois tellement « raisonnables ».

Ici, dans la restauration rapide, on sait bien comment í§a marche. Tu veux de l’argent ? Sois zélé, rapide, efficace, souris et ferme ta gueule. Ceux qui n’ont pas d’autre choix s’habituent, finissent míªme par y prendre goí »t, et deviennent « managers », c’est-í -dire gagnent le droit de faire trimer les autres, tout en restant í peu prí¨s aussi exploités qu’eux. Quant aux échelons supérieurs, on ne les verra pas sur une mobylette, par tous les temps. On ne les voit d’ailleurs jamais : c’est í croire qu’ils n’existent pas. Détrompons-nous.

Nous sommes ici pour dire : entre les chí´meurs, étudiants, précaires qui viennent ici gagner pauvrement leur vie et ceux qui possí¨dent les capitaux et dirigent l’entreprise, il n’y a pas d’intéríªt commun. Notre intéríªt, dirigeants invisibles mais bien réels, c’est de vous contraindre í augmenter les salaires, í augmenter les temps de pause, í baisser les cadences, í moduler les horaires comme nous l’entendons.

Cette action s’adresse aussi bien í ceux qui travaillent ici qu’í tous les collectifs de chí´meurs précaires existants et í venir, qui veulent dire tant leur refus d’accepter n’importe quel emploi que leur présence résolue aux cí´tés de ceux qui refusent l’ordre managérial. Voilí bien en effet le type de travail qu’on veut rendre obligatoire pour les pauvres : se tenir disponibles pour exercer n’importe quelle tí¢che standardisée, en flux tendus selon les aléas du marché, sans le moindre rapport avec nos attachements, avec nos convictions. De quoi se sentir en rí¨gle avec la « société »...

Attaquer le pouvoir non lí oí¹ il semble se concentrer dans des personnes qui n’en font que relayer la logique, mais lí oí¹ il se dissémine dans des flux, bloquer ces flux (ce qui est facile í réaliser quand on n’a pas í craindre de licenciement) constitue une forme de solidarité offensive parmi les précaires, employés ou non, pour qui la succession des petits boulots et des périodes chí´mées est le lot quotidien.

L’autonomie aujourd’hui

Dirigeants, vous ne nous ferez pas pleurer en invoquant la concurrence, le risque de faire faillite, etc... Notre intéríªt est de gagner en force, en autonomie, ce qui ne peut que vous affaiblir. Au fond, notre intéríªt est d’apprendre í nous passer de vous. Ce ne sont pas vos pizzas et autres Big Mac qui nous nourrirons longtemps si la crise s’approfondit et met au chí´mage des millions de salariés, ou si, comme nous l’espérons, des grí¨ves conséquentes s’appliquaient í bloquer durablement les flux de marchandises. Ce sont des cantines populaires qu’il nous faudrait, accessibles í tous, approvisionnées par des paysans de la région, et s’appuyant sur des communautés de lutte inédites entre chí´meurs, précaires et salariés qui, comme nous, en avons assez de se serrer la ceinture.

NOUS EXIGEONS AUJOURD’HUI UNE PRIME DE 150 EUROS PAR EMPLOYE TRAVAILLANT DANS UN DES RESTAURANTS DE L’ENSEIGNE A RENNES

Prime de début d’année qui serait une contrepartie minimale í toutes les heures supplémentaires, ainsi qu’aux heures effectuées les jours fériés, particulií¨rement importantes en période de Noí« l, et payées au míªme salaire que les autres dans la restauration rapide.

MAIS CETTE ACTION S’INSCRIT PLUS GENERALEMENT DANS LE COMBAT MENE PAR LE MOUVEMENT DES CHOMEURS ET PRECAIRES EN LUTTE DE RENNES,QUI REVENDIQUE NOTAMMENT :

- l’abrogation de la loi sur les Droits et Devoirs du demandeur d’emploi, en particulier l’offre raisonnable d’emploi, l’arríªt des radiations et autres sanctions envers les chí´meurs,
- l’abandon de la fusion ANPE-Unedic,
- l’abrogation du RSA, le maintien des allocations í toute personne í qui n’est pas proposé un emploi conforme í ses aspirations,
- la possibilité pour les étudiants de suivre leurs études sans avoir í se salarier.

La lutte continue. Le Mouvement des Chí´meurs et précaires en lutte organise des permanences- réunions les lundi í 18 h et jeudi í 17 h au 22 rue de Bellevue, í Rennes (bus 3 Arríªt Jeanne d’Arc ).

D’autres initiatives rennaises :

- Autoréduction chí´meuse et précaire aux Galeries Lafayette

- Nous sommes tous des mauvais chí´meurs !





Retour en haut de page

 

Retour en haut de page

Commissions | Compte-rendus | Communiqués | Actions ! | Photos, sons, vidéos
Textes officiels | Nouveau modèle | Coordination nationale | Liens | Archives
Accueil | Plan du site | Contact
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
SPIP | squelette | | Suivre la vie du site RSS 2.0