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Université, quelle lutte contre la société de concurrence ?

Publié, le jeudi 26 février 2009 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : mardi 24 mars 2009


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Université, quelle lutte contre la société de concurrence ? (CIP àl’EHESS)

Une rencontre avec la CIP-idf í l’EHESS Mardi 3 mars 2009

La coordination des intermittents et précaires d’Ile de France a depuis 5 ans développé une lutte et des formes de savoir collectif dont d’autres mouvements peuvent sans doute tirer des enseignements.

Comme tant de mobilisations, la leur a commencé par le refus d’une réforme, celle de l’Unedic qui, en juin 2003, réduisait les droits aux prestations chí´mage de ceux qui sont employés de manií¨re discontinue dans le secteur de la « culture » (spectacle vivant, audiovisuel,...).

C’est parce que nos luttes sont proches que ce combat nous interpelle. Comme í l’université, ces emplois contribuent í des productions diverses. Les perspectives de vie pour ces travailleurs le sont tout autant (un dégradé de situations qui va de ceux qui s’en tirent bien í ceux qui cherchent simplement des contrats ; de ceux qui « s’accomplissent » dans leur travail, í ceux qui essaient de gagner leur croí »te).

Comme souvent í l’université, pour la plupart de ces travailleurs le temps de travail excí¨de le temps d’emploi comptabilisé (l’allocation chí´mage est alors í la fois une reconnaissance de leur disponibilité et de ce temps de travail hors emploi) ; ils n’ont pas de locaux de travail assignés, et/ou travaillent dans divers lieux disséminés sur un territoire plus ou moins vaste, ce qui constitue une contrainte dont est tributaire l’organisation d’un collectif de lutte.

Nous avons í contrer le míªme type d’attaque : celle de l’évaluation comme préalable í disposer des moyens de faire son travail et des moyens de survivre, de s’éduquer ou de se soigner. En effet n’est-ce pas au nom d’une logique d’évaluation comptable que le régime d’assurance-chí´mage dont dépendent les intermittents a été et continue í íªtre « réformé ». Cela ne vous rappelle rien ? Les hí´pitaux, le RMI, les travailleurs de centres d’appel... l’Université ? Evalués !

On cherche í imposer partout la violente abstraction d’une rationalité de gestion qui instaure la concurrence comme principe organisateur de tous les aspects de la vie. Il faudrait se soumettre í des audits pour avoir la « certification », il faudrait savoir convaincre sur la base de « projets » en concurrence avec d’autres pour obtenir un financement, il faudrait signer des contrats et prouver sa mobilisation sans faille en acceptant des emplois précaires, sous payés, inutiles et/ou nuisibles, sous peine de se faire supprimer les moyens de subsistance...

Comme l’ont fait les intermittents et précaires en lutte, le mouvement en cours í l’université s’appuie sur les formes de coopérations déjí existantes dans le travail (les labos í cheval sur plusieurs universités, par exemple) et cherche í intervenir au-delí des lieux auxquels ses salariés comme ses « usagers » sont assignés ; les interventions dans l’espace publique (manifestations, cours publics) restent encore peu offensives.

C’est sans doute en conjuguant deux formes d’action, l’institution de collectivités de lutte dans les établissements et l’irruption dans l’espace public, que le conflit en cours pourrait prendre la consistance nécessaire.

Il y a tant de lieux de pouvoir í occuper, tant de fluxs indispensables í la société de concurrence í perturber. Les actions de lutte disposent potentiellement des conditions objectives pour devenir imprévisibles, et, par lí , moins facilement gérables par le pouvoir. Encore faut-il s’en saisir subjectivement, et pour cela fabriquer un point de vue adapté.

Quant l’assurance-chí´mage finance le travail de nombreux chercheurs non rétribués, lorsque les logiques d’évaluation nous mettent en concurrence et font de chaque service et de chacun une entreprise, cette proposition de rencontre vise í mettre en évidence des points de singularité depuis nos situations respectives et í fabriquer du commun.

La lutte ne peut faire l’économie d’une analyse critique de ce í quoi elle s’oppose. Nous avons í mettre en évidence les enjeux concrets sous-tendus par telle ou telle réforme, (Unedic ou LRU, enseignants chercheurs et RSA,) pour en saisir la portée générale afin d’íªtre en mesure d’agir efficacement et en profondeur.

Souvent condamnés í travailler pour rien, c’est pour quelque chose que nous luttons.

í€ nous de dire la chose, í nous de la faire.

RDV mardi 3 mars 2009 í 14h00

Aprí¨s l’AG du matin, í l’EHESS, Amphithéí¢tre du 105 boulevard Raspail, M° Saint Placide (ligne 4) ou Rennes (ligne 12)


í€ quoi sert l’école ? L’université ? On peut imprimer (pdf téléchargeables), lire, faire circuler, débattre, prolonger :

Contribution sur l’égalité : Le maí®tre ignorant (Jacques Rancií¨re)

L’école, atelier de la société-usine

Dix Thí¨ses sur l’Université Productive

Intermittents, enseignants, chercheurs, précaires, CE QUI NOUS RASSEMBLE...






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