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Lettre ouverte de quelques précaires aux conseillers de Pôle Emploi, Mcpl, Rennes

Publié, le dimanche 18 octobre 2009 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : mardi 25 septembre 2012


Lettre ouverte de quelques précaires aux conseillers de Pôle Emploi.

Bonjour,

Nous sommes chômeurs, RSAstes, travailleurs précaires, étudiants, qui entre autres activités socialement reconnues ou pas, animons le mouvement des chômeurs et précaires de Rennes. Nous avons constitué ce collectif il y a près d’un an déjà, ne voulant plus subir la sollicitude d’un gouvernement qui n’a aucunement pour but d’améliorer notre situation, mais bien plutôt de renforcer son emprise sur la « main d’œuvre à problème » que nous sommes à ses yeux. Nous ne nous faisons pas d’illusion quant à ses intentions. Nous savons bien qu’un chômage de masse et une précarité en cours de généralisation sont une aubaine pour nos dirigeants : pression à la baisse sur les salaires, épouvantail de la misère, contournement des droits sociaux...

Mais le pouvoir, forcément fragilisé par la crise et l’impopularité de ses « réformes », a besoin d’alimenter la figure du chômeur fainéant, s’appuyant et encourageant le racisme social ordinaire et désignant à la vindicte populaire des « parasites » à rééduquer ou à éliminer. Désigner un bouc émissaire lui est nécessaire pour entretenir son alliance avec les classes privilégiées, acheter la passivité des classes moyennes, continuer à diviser les classes pauvres.

Nous autres « parasites », comme tout un chacun, nous formons, consommons, réfléchissons, communiquons, nous salarions, faisons valoir nos compétences, montons des projets. Nous sommes sans cesse en rapport avec des institutions formelles et informelles de cette société. Bref, nous sommes « insérés » et productifs, nous participons à cette même machine qui nous traite de parasites et d’improductifs. En fait, nous ne sommes pas attaqués pour notre supposée paresse, mais parce que nous incarnons aux yeux du pouvoir une capacité de refus et d’insoumission existant de manière diffuse dans toute la société et qui, si elle s’assumait sans réserve et se coordonnait, constituerait pour lui une véritable menace.

Car, bien que productifs, nous n’acceptons pas n’importe quel travail, dans n’importe quelles conditions, pour n’importe quel salaire. Nous n’acceptons pas d’être ballottés d’un suivi mensuel obligatoire à un stage de coaching imposé, nous n’acceptons ni d’être les variables d’ajustement du marché du travail, ni celle du marché de l’insertion. Et surtout, nous ne le voulons pour personne. La précarité ne nous a pas rendu serviles.

Dans ces conditions, il nous paraît naturel de venir à votre rencontre, vous qui, une nouvelle fois, affirmez votre refus du management néolibéral de Pôle Emploi. Nous sommes attentifs à vos luttes depuis un an contre la fusion ANPE-ASSEDIC telle qu’elle s’est faite, contre les PST, contre l’intensification des cadences et le rôle de strict contrôleur qu’on veut vous voir jouer. Certains parmi vous nous ont appris combien la direction de Pôle Emploi était mise en difficulté par vos résistances syndicales et par l’attitude de nombreux conseillers qui refusent d’appliquer à la lettre le suivi mensuel et l’offre raisonnable d’emploi, cherchant à tout prix à éviter désinscriptions et radiations.

Pourtant, aujourd’hui, il est nécessaire d’aller plus loin. Les collectifs et organisations ayant organisé les États Généraux du chômage et de la précarité vont être, à partir de la fin novembre, à l’initiative de marches de chômeurs convergeant le 5 décembre en une manifestation à Paris. Dans une dizaine de villes, des collectifs comme le nôtre envisagent des actions coordonnées chaque fin de mois contre Pôle Emploi ; les démarches d’accompagnement des chômeurs par les collectifs pour débloquer les dossiers et défendre ce qui reste de droits des allocataires, se multiplient. Vous le savez, seule l’intervention sur la scène publique des usagers de Pôle Emploi peut vous permettre d’obtenir gain de cause dans la défense de votre métier.

De la même façon, nous avons besoin que vous vous manifestiez à nos côtés, pour briser chez un certain nombre de précaires l’image du conseiller voyant en chaque chômeur un fraudeur en puissance et ne se mobilisant que pour ses intérêts catégoriels. Bref, nous avons besoin que vous vous manifestiez publiquement comme nos égaux.

Pour nous, il ne fait aucun doute que nos luttes convergent. Mais cela ne peut pas suffire, ni être à la hauteur de la catastrophe sociale et morale actuelle. Pour un certain nombre d’entre vous, par delà les mobilisations ponctuelles qui donnent un peu d’énergie, la question cruciale demeure certainement la suivante : vais-je continuer de travailler pour Pôle Emploi, ou vais-je démissionner ? La récente vague de suicides à France Télécom montre bien combien cette alternative est une impasse, ces salariés manifestant par leur geste qu’ils ne peuvent pas plus rester que partir. Il n’y a pas d’autre choix, si vous souhaitez réellement défendre une idée positive de votre métier, que d’amplifier la désobéissance à l’égard de la « Boutique » Pôle Emploi dont nous sommes, vous salariés et nous usagers, les coproducteurs, tenus séparés par un appareil d’État investi par une machine de guerre néolibérale.

Nous devons pouvoir prendre la parole et lutter ensemble pour ce que nous voulons : un service public de l’emploi qui informe les précaires sur leurs droits et les accompagne, selon leurs besoins et attentes, dans leurs démarches et projets. Les suicides chez France Télécom, le climat délétère qui règne à Pôle Emploi, la lassitude, le désespoir et la colère de nombreux chômeurs (qui parfois se retournent contre vous), sont les symptômes d’une urgence politique à ouvrir un coin d’espérance dans l’horizon bouché des restructurations libérales irresponsables dont la fusion constitue un exemple accablant. Nous avons besoin de crever ensemble la chape de silence qui entoure Pôle Emploi, la culture du secret qui y règne. Nous avons besoin que vous nous fassiez connaître tous les cas de radiations que vous n’avez pas pu empêcher, que vous signaliez aux chômeurs l’existence des collectifs qui défendent leurs droits, que vous nous fassiez parvenir toutes les circulaires, les décrets régissant ou qui vont régir prochainement nos situations, sur lesquels nos dirigeants se gardent bien de communiquer. De notre côté, nous sommes ouverts à toutes les propositions de coopération et d’action qui vous paraîtraient pertinentes.

Aujourd’hui, il faut matérialiser un espace de rencontre, de communication et d’action commune, en plus, et à côté des organisations syndicales. Nous ne nous adressons pas qu’aux plus « militants » d’entre vous, qui sont déjà débordés par leurs mandats, mais également à tous ceux, syndiqués ou non, qui pensent qu’on ne peut pas faire l’économie d’une telle coordination, pour peu qu’on prétende provoquer une rupture, un coup d’arrêt de la machine.

Nous sommes à vos côtés aujourd’hui et le serons à chaque fois que vous affirmerez, comme aujourd’hui, votre dissidence à l’égard d’une institution qui s’est retournée contre nous tous.

Nous vous invitons d’ores et déjà à un réunion publique le samedi 24 Octobre à 17 h à la cantine populaire, 244 rue de Nantes à Rennes, où nous pourrions revenir ensemble sur toutes ces questions.

Mouvement des chômeurs et précaires en lutte de Rennes.
http://mcpl.revolublog.com


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Lettre ouverte de quelques précaires aux conseillers de Pôle Emploi (version francilienne)

Le Mouvement des Précaires et Chômeurs en Lutte de Rennes appelle tous les chômeurs, salariés précaires, intermittents à venir soutenir les conseillers de Pôle Emploi sur leurs piquets de grève mercredi 21 octobre à partir de 8h00 au Pôle Emploi Rennes Sud, bd Albert 1er.

En effet, les conseillers à l’emploi réunis en Assemblée Générale aujourd’hui ont décidé presque à l’unanimité de poursuivre leur mouvement pour refuser la dégradation des conditions de travail qui leur est imposée et la transformation de Pôle Emploi en machine à fliquer et radier les chômeurs.

Une nouvelle Assemblée Générale aura lieu ce mercredi à 11h à la Direction Départementale de Pôle Emploi, 13 rue Dupont des loges à Rennes. Ci-dessous la lettre ouverte diffusée et lue aux conseillers invitant à une lutte commune usagers-conseillers à l’emploi.


La reconduction de la grève à Pôle emploi a été votée à Rennes aujourd’hui mercredi 21 octobre. Le Mouvement des chomeurs et précaires en lutte de Rennes appelle tous les chômeurs à venir bloquer les Pôle Emploi de Rennes avec les agents.

Les rendez vous sont donnés à 8h15 au Pôle emploi de Rennes centre : agence Saint Louis, rue de Conwoillon, derrière la cité judiciaire, ou à l’agence Rennes sud, derrière l’avenue Henri Freville, à coté de Sarah Bernhardt.


Ni emploi forcé, ni culpabilisation, ni management, grève des chômeurs !

Pour un mouvement des chômeurs et précaires à Rennes et ailleurs

« 39 49 » Attention ça va couper !


Enrayons la machine à précariser, mettons en crise Pôle emploi

- Montreuil : à Pôle Emploi comme ailleurs, ne pas se laisser faire

- Pôle emploi : Radiation et indû annulés par l’action collective Porte d’Auteuil

- CAF Nationale : 8 cars de CRS, 10 policiers en civil (im)mobilisés, 2000 euros de « trop perçu » RMi récupérés

- Pôle emploi Colbert à Marseille : Et hop ! Radiation et indu annulés

- Indu à Pôle emploi : Occupation de la direction régionale à Toulouse

- Occupation du Pôle Emploi Convention : Radiation annulée !

- Plutôt CAFards que CAFteurs. Visite de la CAF Rosny par quelques CAFards de Montreuil

De l’autre côté du miroir. Perspectives de fraternisation entre chômeurs et « conseillers à l’emploi », Le sabot, n° 2



Pour ne pas se laisser faire, agir collectivement :

Permanence CAP d’accueil et d’information sur le régime d’assurance-chômage des intermittents du spectacle, lundi de 15h à 17h30. Envoyez questions détaillées, remarques, analyses à cap cip-idf.org

Permanences précarité, lundi de 15h à 17h30. Adressez témoignages, analyses, questions à permanenceprecarite cip-idf.org

À la CIP, 13 bd de Strasbourg, M° Strasbourg Saint-Denis
Tel 01 40 34 59 74

La coordination a dû déménager le 5 mai 2011 pour éviter une expulsion et le paiement de près de 100 000 € d’astreinte. Provisoirement installés dans un placard municipal de 68m2, nous vous demandons de contribuer activement à faire respecter l’engagement de relogement pris par la Ville de Paris. Il s’agit dans les temps qui viennent d’imposer un relogement qui permette de maintenir et développer les activités de ce qui fut de fait un centre social parisien alors que le manque de tels espaces politiques se fait cruellement sentir.

Pour contribuer à la suite :

• faites connaître et signer en ligne Nous avons besoin de lieux pour habiter le monde.

• indiquez à accueil cip-idf.org un n° de téléphone afin de recevoir un SMS pour être prévenus lors d’actions pour le relogement ou d’autres échéances importantes.



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