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Droit de réponse de la CFDT à Samuel C.

Publié, le mercredi 24 septembre 2003 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : vendredi 3 octobre 2003

Réponse à la lettre de Samuel Churin Rendez-vous avec la CFDT


SAMUEL CHURIN « le faux naïf » DROIT DE REPONSE

Dans un texte diffusé sur le site de la coordination des intermittents et précaires d’Ile de France, Samuel CHURIN croit pouvoir se faire juge de la position de la CFDT dans le débat sur l’intermittence. Hélas, le compte rendu qu’il a fait du rendez-vous avec nous est tout aussi partial qu’il est partiel, tout aussi de mauvaise foi qu’injurieux, tout aussi proche d’un réquisitoire agressif que d’un jugement indépendant.

Samuel CHURIN comme FOUQUIER-TINVILLE de notre action syndicale commence son compte rendu de rendez-vous par un aveu : « Je voulais rencontrer la CFDT pour comprendre de manière faussement naïve pourquoi et comment ils avaient pu signer un accord si inégal, amoral, bref une sorte de grande loterie, totalement incompatible avec l’intermittence. »

Dans ce simple paragraphe tout est dit !

Le « faux naïf », s’est présenté masqué à la CFDT. Faisant semblant de vouloir comprendre notre position il avait déjà les réponses … avant d’avoir posé les questions.

En réalité c’est Samuel CHURIN qui a souhaité donner « son avis de professionnel » à un responsable de la CFDT. C’est Michel JALMAIN qui pris, lui même l’initiative de le rappeler en sa qualité de membre de la Commission Exécutive et de Président de l’UNEDIC. L’entretien a duré une dizaine de minutes sans problème particulier . Dire que Michel JALMAIN l’a « injurié » est une contre-vérité. C’est peu le connaître.

Dire qu’il s’est déclaré incompétent s’est changer le sens des mots. Ce qui a été dit, et révèle le « compte rendu » concernait la compétence fédérale de la FTILAC pour débattre avec la coordination régionale des intermittents. Michel JALMAIN en se disant « incompétent » a voulu suivre les règles de la démocratie syndicale au sein d’une confédération en souhaitant qu’un contact direct entre la « coordination » et la fédération « compétente » au sein de la CFDT, la FTILAC soit organisé. C’est ce qui s’est passé et la CFDT était si peu fermée sur elle-même qu’elle n’a pas hésité à consacrer au « faux naïf », trois heures de débats avec la secrétaire générale de sa Fédération « compétente ».

Le « faux naïf » est tellement persuadé de sa propre valeur qu’il pense que son raisonnement « par A + B » a provoqué chez Danielle RIVED une crise d’apoplexie. Mégalomanie ? chauvinisme mâle ?

Le « faux naïf » n’avait qu’un objectif qu’il avoue cyniquement au cours de l’entretien, celui de tenter de mettre la CFDT en contradiction avec elle-même en sollicitant une preuve écrite que la franchise (article 6 du protocole) ne serait pas appliquée. La bonne foi de Danielle RIVED est d’une telle évidence, à la lecture même du compte rendu de Samuel CHURIN, qu’elle n’a pas hésité à faire un courrier au Directeur Général de l’UNEDIC pour lever les appréhensions que disaient avoir le représentant de la « Coordination ».

« La grande illusion » : croire que les textes des accords collectifs prévoient, dès leur signature, toutes les difficultés … comme si ils étaient écrits dans le marbre des tables de la LOI.

Détenant la copie de ce courrier, le « faux naïf », croit ainsi disposer de la preuve que l’accord du 26 juin 2003 ne correspond pas au texte déposé à l’agrément. S’appuyant alors sur « son service juridique » il croit pouvoir soutenir, à l’occasion d’un mauvais « copier/coller » qu’un texte ne saurait donner lieu à la moindre divergence d’interprétation. Or, aucun service juridique de syndicats représentatifs ne peut contester que de nombreux accords font l’objet d’interprétations, parfois contradictoires, par ceux-là même qui les ont signés.

Les compromis lorsqu’ils donnent lieu à une texte d’accord conduisent souvent à un « flou artistique ». On est là au cœur de ce que la CFDT appelle « le conflit des logiques » dans la négociation. Faut-il lui rappeler que dans la négociation avec le MEDEF, la CFDT, et les autres organisations syndicales signataires, souhaitaient préserver le statut de l’intermittence que le MEDEF s’était donné pour objectif de supprimer.

Le MEDEF entendait défendre des intérêts qui ne sont pas ceux des intermittents. Il a même prétendu se présenter dans la négociation comme étant le sauveur de l’UNEDIC et pouvoir parler tout à la fois pour la défense des chômeurs et des entreprises dont les cotisations ne devaient pas servir un système de solidarité incluant les intermittents.

La CFDT pour sa part, poursuivait deux objectifs :

Un objectif immédiat : Sauver le statut de l’intermittence.

un objectif à moyen terme : créer un nouveau statut dans le cadre du droit au travail : Refuser l’infra-droit des intermittents à travail précaire et accompagnement d’indemnités de chômage à durées successives et aléatoires . Combattre les fraudes des employeurs qui inversent les règles de droit au profit d’un droit du non travail et du chômage. Dénoncer ceux qui refusent de payer le temps de travail effectif au profit d’un temps de travail virtuel en ignorant tout de la conception, de la préparation, de la répétition, du repérage…

Le « faux naïf » doit être un magicien pour connaître le résultat d’une négociation avant même de l’avoir engager et même d’y avoir participé. Il devrait savoir que, comme la liberté et la grève, la négociation est un risque. C’est pourquoi, dans les pays totalitaires, il n’y a ni droit de grève, ni droit à la négociation. La CFDT pour sa part, considère que la lutte et l’engagement sont les deux faces d’une même pratique syndicale.

Elle entend poursuivre l’engagement qu’elle a pris le 26 juin tout en sachant que tous les accords, qu’ils soient d’entreprises ou de branches, et à quelque niveau qu’ils soient signés, emploient donc des formules juridiques qui peuvent prêter à interprétation et ouvrir à des aménagements techniques qui ne modifient pas l’intention commune des parties au moment de la signature de l’accord initial.

Les négociateurs prévoient d’ailleurs des modes de modification des accords en vue des différents aménagements techniques ou de novations expresses. Il s’agit là de traditions syndicales qui n’ignorent ni la CGT, ni la CGT FORCE OUVRIERE mais que semble ignorer Samuel CHURIN.

Il est probablement plus facile d’engager les intermittents du spectacle dans la voie du cri primal que de défendre quotidiennement, au jour le jour, leur dignité de travailleur du spectacle et de la culture.

Comment accepterions nous de recevoir des leçons d’un « faux naïf » qui pratique le double langage. Il prétend à la démocratie directe mais quand les intermittents d’un spectacle décident de la reprise du travail à la majorité il soutient ceux qui, en commando, vont remettre en cause la décision démocratique prise en Assemblée Générale. Il dénonce, parallèlement, la CFDT quand elle cherche à préserver les droits de l’ensemble des chômeurs au travers de l’UNEDIC, dans une démarche interprofessionnelle de solidarité. Il lui oppose alors le fait que dans le champ de l’intermittence elle ne serait pas majoritaire, en ne tenant aucun compte des intérêts de l’ensemble des salariés, et témoignant ainsi d’une vision étroitement corporatiste à l’égard de ceux qui cotisent dans les ANNEXES 8 et 10.

Démocratie directe bafouée à la base quand cela arrange la coordination des intermittents et précaires d’Ile de France ; démocratie représentative bafouée lorsque la CFDT, en tant que confédération sous la signature d’un responsable confédéral, entend préserver l’UNEDIC, donc l’ensemble des droits des chômeurs, et les droit des intermittents. On en a le tournis.

Quand le « faux naïf » prétend que la CFDT aurait signé n’importe quoi, c’est qu’il n’a pas lu le protocole du 26 juin, c’est qu’il n’a pas mesuré les conséquences de l’absence de statut que souhaitait le MEDEF, c’est qu’il n’a pas compris le sens de l’agrément gouvernemental à un accord signé par la majorité des organisations syndicales représentatives au plan national.

Débattre avec l’ensemble des intermittents, sans tabou pour la défense de leur avenir, d’un nouveau statut et d’une véritable politique publique :

Si la calomnie, l’invective n’est pas la forme de débat qui nous convient nous entendons nous fixer comme l’une de nos priorités d’engager le débat avec l’ensemble des intermittents. Pour autant nous n’entendons pas nous laisser imposer la forme d’un pseudo débat de démocratie directe. On a trop vu les effets à d’autres époques et sous d’autres cieux. La révolution culturelle a pris fin à Tian An Men.

La CFDT occupe dans le débat sur l’indemnisation du chômage des intermittents, toute sa place au sein de l’UNEDIC. Le statut des intermittents doit permettre de préserver les particularités d’un régime qui donne aux travailleurs de la culture, du spectacle et de l’audiovisuel une place particulière en France.

Avec d’autres partenaires syndicaux qui se sont engagés à ses côtés, la CFDT a sauvé ce régime. Encore faut-il ne pas se satisfaire d’un droit au chômage et revendiquer haut et fort le droit au travail pour tous, au travail payé, au travail payé sur temps de travail effectif.

Ce nouveau statut devra être reconnu dans le cadre d’une négociation de branche et dans des négociations d’entreprise, y compris dans l’audiovisuel public et privé. Mais le combat pour un droit au travail des intermittents ne suffira pas.

Les mouvements de cet été ont eu l’immense intérêt de démontrer au pays tout entier que les retombées économiques et sociales des 73 millions de touristes étrangers qui visitent la France doivent énormément aux travailleurs de la culture, du spectacle et de l’audiovisuel. Les protestations des commerçants et des professionnels de l’hôtellerie, du tourisme et des transports sont à la hauteur de l’apport économique de la branche aux autres branches de l’activité économique et du pays.

Dès lors, l’état ne peut se désengager. Il doit être tenu pour responsable, avec les collectivités territoriales, d’une véritable politique publique de la culture, du spectacle et de l’audiovisuel Telle est l’attitude de responsabilité de la CFDT vis-à-vis des intermittents.

***

La FTILAC n’accepte pas, au prétexte de démocratie directe, de chanter que demain on rasera gratis et que tout sera pour le mieux dans le royaume de Danemark, le jour où les lendemains ne chanteront plus faux.

« Je suis leur chef », je les suis n’est pas au cœur des pratiques de la CFDT et de sa volonté de transformation sociale dans le pays. Dans la branche, la transformation que nous souhaitons impose la négociation d’un nouveau statut de l’intermittence pour que chacun puisse, au cas par cas, refuser l’inadmissible que, depuis tant d’années, le patronat de la branche a tenté de nous imposer.

Telle est notre réponse publique aux interprétations fallacieuses et de mauvaise foi qui sont maintenues sur le site de la coordination des intermittents et sous la signature de Samuel CHURIN.

Par la présente lettre, nous demandons à la coordination de porter notre droit de réponse à la connaissance de ceux qui accèdent à son site.

S’il n’était pas publié, nous saurions quelle est la conception du débat démocratique qui préside aux curieuses méthodes de Samuel CHURIN et de certains de ses amis.

Nous n’entendons pas les confondre avec l’ensemble des intermittents avec lesquels nous poursuivront le dialogue et les luttes de l’avenir.

Samuel Répond à cettre lettre dans l’article Réponse à la CFDT





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