CIP-IdF/Commune Libre d'Aligre : 3 rue d'Aligre-75012-Paris / Tél: 0140345974 Contact Plan


Suivez la CIP

             

Abonnement liste infos

Abonnement liste de discussions et débats

L'essentiel

 

recherche :

Accueil  >  Communiqués  >  Année 2009  >  SCANDALE ! (Le western est-il compatible avec l’écologie urbaine ?)

SCANDALE ! (Le western est-il compatible avec l’écologie urbaine ?)

Publié, le mardi 22 septembre 2009 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : samedi 25 juin 2011


Mercredi 8 juillet. La police républicaine tire dans la gueule d’habitants de Montreuil exprimant leur colí¨re devant la Clinique, expulsée le matin. Tant pis pour l’impunité policií¨re : le plus gravement touché - son Å“il est crevé - n’est míªme pas jeune, míªme pas squatteur, míªme pas bronzé, míªme pas clandestin. Le pouvoir municipal est obligé de crier í la bavure. Au scandale !

Tout le monde a eu peur ce soir-lí . Et tout le monde a été étonné, stupéfait, que les flics aient si ostensiblement voulu blesser, voire tuer. Personne n’y a vraiment vu la banalité de la violence policií¨re.

Ce qui s’est passé ce 8 juillet tient clairement de la démonstration de force, de la démesure, de l’événement ; une suraffirmation du pouvoir policier dans la gestion de la ville.

L’action de la police est í la fois quotidienne et événementielle. La police, hier « gardiens de la paix », aujourd’hui « bacqueux musculeux », fait quotidiennement la guerre í tous les indésirables : jeunes, basanés, traí®nards, soí »lards et autres cafards. Quotidiennement, la BAC harcí¨le des habitants de La Noue ou La Boissií¨re : contrí´les d’identité musclés, courses-poursuites effrénées, ou juste une claque en passant, comme í§a, l’air de rien, vite fait bien fait. Mais parfois la démonstration de force se fait plus spectaculaire, appuyée par un déploiement de troupes démesuré, les camions encerclant complí¨tement la cité assiégée. Mélange de terreur quotidienne et de coups de force militaires. Une police de western : la violence légale pure, avec carte blanche de l’í‰tat, alternant la loi des armes de quelques sherifs et autres rangers, et les expéditions punitives des tuniques-bleues.

Avec la bande í relous qui fréquentait la Clinique, la police jouait plutí´t la contention molle, la placidité face í l’hostilité. Comme une équipe de rugbymen qu’on oblige í jouer en défense malgré l’agressivité de l’adversaire. í€ contrecÅ“ur. Ordre préfectoral ou pression municipale, peu importe.

Le 8 juillet, ils ont pu se rattraper et tirer dans le tas et les tíªtes. Les flics, ce soir-lí , ont montré que c’était terminé, qu’ils commandaient de nouveau. « On tient la rue », diront-ils encore aprí¨s avoir chargé la manif d’autodéfense le lundi suivant.

Administrée par le parti outsider de la Gauche décomposée, Montreuil est aujourd’hui un véritable laboratoire de gestion urbaine. Or, cette écologie urbaine cherche la cohabitation entre différentes populations, la propreté et la bonne entente citoyenne, la bonne gestion de paix. Il faut que les rues soient sí »res et propres, il faut virer les traí®nards de la rue, les encombrants, les indésirables, mais discrí¨tement, en toute invisibilité. L’écologie urbaine veut une ville oí¹ les conflits sont pacifiquement gérés ; ce n’est ni plus ni moins qu’une forme de police, polie et policée. Et elle a besoin de la police en bleu, la basse police, mais discrí¨te, qui n’entretient pas les tensions, ne s’attire pas l’hostilité des habitants. C’est cela qu’elle appelle la « police républicaine », de proximité.

L’écologie urbaine semble donc théoriquement peu compatible avec le western se donnant en spectacle. Et la police républicaine ne peut tenir la démesure au quotidien, míªme avec des fusils í « létalité atténuée » qui leur permettent d’assouvir leur désir de shooter les hors-la-loi sans tuer í chaque coup. De terroriser en laissant vivre.

Les procédures de l’IGS, les pétitions citoyennes contre le flashball, les déclarations et projets de loi des politiciens, sont donc venus rassurer, reconstruire l’image d’une bonne police républicaine, sous contrí´le de l’í‰tat démocratique. En míªme temps, elles ont contribué í l’émergence du scandale.

Car l’événement a bien fait scandale. Il y aura un avant et un aprí¨s.

Nous ne saurons jamais qui, í l’ordre de qui, pourquoi, on a tiré dans les tíªtes ce soir-lí . Peu importe. L’enjeu n’est pas lí . Comme il n’est pas dans les éternelles alternatives infernales qui réémergent dí¨s que nous sommes faibles : gauche démocrate ou insurrectionalisme sans contenu, positivité affirmative ou négativité critique, interdiction du flashball ou fermeture de la police, démarches institutionnelles ou affrontement direct avec les shérifs.

Il s’agirait plutí´t de se demander comment partir de ce scandale pour faire reculer la police dans l’occupation croissante de nos rues. Chercher í faire que le scandale ne se cristallise pas sur le seul événement « fusillade du 8 juillet ». Donner í voir comme scandaleuse, insupportable, l’action quotidienne de la police. De toutes les polices.

Facile í dire...


Mais que fait la police ?

Un flashball ne bave pas (í propos du rapport de la CNDS sur le 8 juillet 2009 í Montreuil)

Nous avons besoin de maisons pour habiter le monde

- Archives : http://laclinique.over-blog.net/

La coordination a dí » déménager le 5 mai 2011 pour éviter une expulsion et le paiement de prí¨s de 100 000 € d’astreinte. Provisoirement installés dans un placard municipal de 68m2, nous vous demandons de contribuer activement í faire respecter l’engagement de relogement pris par la Ville de Paris. Il s’agit dans les temps qui viennent d’imposer un relogement qui permette de maintenir et développer les activités de ce qui fut de fait un centre social parisien alors que le manque de tels espaces politiques se fait cruellement sentir.

Pour contribuer í la suite :

« ¢ faites connaí®tre et signer en ligne Nous avons besoin de lieux pour habiter le monde. »¢ indiquez í accueil cip-idf.org un n° de téléphone afin de recevoir un SMS pour íªtre prévenus lors d’actions pour le relogement ou d’autres échéances importantes.

Nous sommes tous des irréguliers de ce systí¨me absurde et mortifí¨re - L’Interluttants n°29, hiver 2008/2009

Pour ne pas se laisser faire, agir collectivement :

Permanence CAP d’accueil et d’information sur le régime d’assurance-chí´mage des intermittents du spectacle, lundi de 15h í 17h30. Envoyez questions détaillées, remarques, analyses í cap cip-idf.org

Permanences précarité, lundi de 15h í 17h30. Adressez témoignages, analyses, questions í permanenceprecarite cip-idf.org

í€ la CIP, 13bd de Strasbourg, M° Strasbourg Saint-Denis
Tel 01 40 34 59 74





Retour en haut de page

 

Retour en haut de page

Commissions | Compte-rendus | Communiqués | Actions ! | Photos, sons, vidéos
Textes officiels | Nouveau modèle | Coordination nationale | Liens | Archives
Accueil | Plan du site | Contact
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
SPIP | squelette | | Suivre la vie du site RSS 2.0