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Grève et actions pour l’art et la culture : Est précaire ce qui s’obtient par la prière

Publié, le mardi 4 mai 2010 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : jeudi 6 mai 2010


Jeudi 6 mai : Journée nationale de grève et d’actions pour défendre l’art et la culture à l’appel de : CGT Culture, CGT Spectacle, CIPAC, CRACC Ile-de-France, FASAP-FO, FCCS CFE-CGC, SNACOPVA CFE-CGC, SNAPS CFE-CGC, SNCAMTC CFE-CGC, SNELD CFE-CGC, SNSP, SYNDEAC, ...

À Paris : Manifestation à 14H30 depuis le Cirque d’Hiver jusqu’au Centre Pompidou, via le Palais Royal

En région : http://www.syndeac.org/ ou http://www.fnsac-cgt.com/

Est précaire ce qui s’obtient par la prière...

... dit le dictionnaire ; mais la prière tend à se faire supplication. Une demande d’aide à un service social comme une demande de subvention aux financeurs pour un spectacle sont des actes graves, parfois humiliants, jamais futiles. L’allocataire du RSA expose son cas à un agent de la CAF, le metteur en scène à une direction de salle. Ils partagent une même réalité, un même processus.

Devant les institutions sociales, il faut justifier de sa durée d’emploi et se justifier : fournir attestations, certificats, licence, faire montre de sa bonne foi, de sa volonté d’insertion, et accepter un contrôle étroit de son mode de vie que le calcul même de certaines allocations induit (ASS, RSA) : avec qui vit-on ? Dans quelles conditions ? Plus l’allocation est médiocre, plus le contrôle devient aigu et inquisiteur.

Dans la culture, qui depuis longtemps déjà vit sous le signe du saupoudrage des subventions, plus les budgets baissent, plus on est sommé de soumettre des projets au bon vouloir d’une bureaucratie kafkaïenne. Le ministère de la Culture troque l’aide aux productions artistiques pour une mission de contrôle, de régulation, de labellisation. Comme pour le social, la question n’est pas de donner les moyens de vivre, mais de manager les vies, de les assujettir à la doxa libérale de l’entreprise, voire de l’auto-entreprise.

Bref, un sort tend à se partager de plus en plus : l’humiliation au quotidien. Le politique signifie à l’opérateur culturel que son activité n’est pas grand chose à ses yeux, l’opérateur culturel rappelle ensuite à l’artiste combien ils sont nombreux ceux qui veulent se produire sur scène, et l’artiste quand il reçoit ses miettes oublie de reconnaître les amis susceptibles de lui demander de l’aide. Et tout le monde se tait.

De plus en plus de contrats précaires, même au ministère. L’intermittence, c’est le monde de la débrouille ; on se déclare quand on peut. Et, quand on ne peut pas, c’est le RSA...

Il existe de plus en plus de formes singulières ou de formes coopératives de travail ; elles sont incompatibles avec la forme de l’économie marchande ; aujourd’hui, elles sont utilisées par le système à son seul profit, pendant qu’il ne valorise que le travail soumis, captif de l’économie capitaliste. Il faut refuser la culpabilité. Nous ne sommes pas des assistés [ah bon ? qui ne l’est pas Crésus ? NDR], mais des travailleurs. La généralisation de la précarité devrait être l’occasion de l’invention de nouveaux droits.

Dernièrement, un groupe de chômeurs, d’intermittents et de précaires a interrompu une émission télévisée pour lancer un appel à la grève, la grève des chômeurs !

Cette grève a débuté lundi 3 mai dans 12 villes en France par des occupations de Caf, d’agences de Pôle Emploi et de son Siège National. Mardi, d’autres Pôles Emplois ont été occupés. Des piquets de grève se tiennent à Montreuil et à Rennes. Cette grève doit concerner toutes celles et ceux qui de près ou de loin pensent que leur situation est précaire. Un des enjeux de cette grève est d’inventer des gestes de soustraction, de résistance, de coalitions adaptés à notre refus d’être managés et mis en concurrence.

L’appel à la Grève des Chômeurs est nôtre : contre le fait du prince, contre la servitude volontaire, contre la supplication, il nous faut nous redresser et nous battre pour nos droits. Ces droits ne sont pas discutables. Ils ne se décident pas au cas par cas. Ils ne s’obtiennent pas par concours, par la lutte de chacun contre tous. Ces droits sociaux - qu’ils s’appellent intermittence, retraite, sécurité sociale etc. n’ont jamais été obtenus par la prière, mais par la lutte et l’invention.

Avec la restructuration générale des politiques publiques qui s’approfondit, nous devons être sur deux fronts :
- celui des subventions qui permettent de se rassembler dans un même projet, et de rendre celui-ci accessible au plus grand nombre ;
- celui des droits sociaux qui permettent à chacun de vivre, de choisir ses projets, de se donner le temps de réfléchir, d’expérimenter, de sentir, d’apprendre ou de ne rien faire.

Ce droit-là n’est pas réservé aux artistes. Il doit s’étendre à toutes celles et ceux, de plus en plus nombreuses et nombreux, qui ont des employeurs multiples, des rémunérations variables, des contrats à durée déterminée, et à tous les autres.

La prière confine dans l’intime, les droits font société. Luttons, amplifions le mouvement de Grève des Chômeurs !

Ce que nous défendons nous le défendons pour tous.

Mercredi 12 mai à 18h, rencontre 14 quai de Charente, pour envisager ensemble la vie du lieu et les luttes en cours et à venir, au lendemain de l’audience qui doit décider de l’expulsion de la Coordination des intermittents et précaires

Rappel : suite à l’acharnement judiciaire de la CFDT, signataire du protocole Unedic 2003 et de tant d’autres mesures néfastes, en réponse à l’occupation de son siège, le procès en appel contre la condamnation de deux camarades, Michel et Ludovic, aura lieu le 4 juin à 13 heures au Palais de justice métro Cité. La CFDT s’apprête probablement à signer à nouveau contre les chômeurs, intermittents et précaires lors des prochaines « négociations » à l’Unedic en fin d’année. Montrons notre détermination lors de ce procès.

Le mot « culture » dérive de « colere » / On vous l’avait bien dit ! Rdv à Palais Royal lundi 29 mars à 14h30

Unedic, les mobiles du crime - Pollen / Quels droits pour les salariés à l’emploi discontinu ? / Contre-propositions pour une réforme de l’assurance-chômage des salariés intermittents

17 affiches pour la grève des chômeurs - CAFards, Montreuil

La coordination des intermittents et précaires est menacée d’expulsion par la ville de Paris, lisez la pétition pour le relogement signable en ligne : Nous avons besoin de lieux pour habiter le monde. Merci de signer. Et faites savoir !

Pour ne pas se laisser faire :
Intermittence du spectacle, permanence CAP, Conséquences de l’Application du Protocole Unedic : cap cip-idf.org et Permanence Précarité : permanenceprecarite cip-idf.org
Lundi de 15h à 18h, à la coordination des intermittents et précaires, 14 quai de Charente, Paris 19e, M° Corentin Cariou, ligne 7 Tel 01 40 34 59 74





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