CIP-IdF/Commune Libre d'Aligre : 3 rue d'Aligre-75012-Paris / Tél: 0140345974 Contact Plan


Suivez la CIP

             

Abonnement liste infos

Abonnement liste de discussions et débats

L'essentiel

 

recherche :

Accueil  >  Commissions  >  Saison en lutte  >  Valise de textes été 2010  >  La crise financière sera-t-elle la divine surprise du gouvernement ?

La crise financière sera-t-elle la divine surprise du gouvernement ?

Publié, le dimanche 11 juillet 2010 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : dimanche 19 septembre 2010


La crise financière sera-t-elle la divine surprise du gouvernement ?

« La guerre est un acte de violence destiné à contraindre l’adversaire à exécuter notre volonté. »
Carl von Clausewitz

La « divine surprise », c’est ainsi que l’extrême droite qualifia la défaite de 1940, qui lui permettait enfin d’abattre la République et de porter le maréchal Pétain à la tête de l’État français.

La seconde mâchoire du piège amorcé en 2003 se referme. Après la casse des droits sociaux des intermittents, c’est aujourd’hui le cadre public du théâtre et de la culture que le gouvernement s’emploie à faire disparaître. Hier trop d’intermittents, aujourd’hui trop de compagnies, demain trop de théâtres.

À regarder la politique de rigueur annoncée avec gourmandise par le ministère du Budget, les réglementations de plus en plus kafkaïennes qui organisent l’octroi des subventions au ministère de la Culture, c’est l’ensemble du service public du théâtre qui passe sous la toise de la concurrence, de la compétition, de l’excellence et de l’évaluation. Le scénario déjà écrit pour les hôpitaux ou La Poste sera rejoué pour la culture : on refuse de donner les moyens d’assurer le service public, et une fois que celui-ci est discrédité, on le privatise. Pour ceux qui le peuvent, les cliniques, les services de distribution express, les retraites privées ; pour les autres, « le pain le plus noir et l’eau la plus claire », c’est-à-dire le minimum pour assurer la paix sociale et sauvegarder les apparences.

Ce qui est en question cet été 2010, ce n’est pas la disparition de la culture, mais le fait de savoir dans quelles conditions d’inégalité, de précarité, de reconnaissance ou de mépris elle se fabriquera. Plus largement, ce qui se joue aujourd’hui, c’est l’avenir de notre société, avenir injurié par les politiques actuelles.

La crise financière est « la divine surprise » des idéologues libéraux qui nous gouvernent. Elle leur permet avec cynisme, sous le prétexte de l’équilibre des comptes, de détruire l’ensemble des dispositifs de solidarité entre les salariés, entre les générations, entre les populations, pour les remplacer par des propositions de services privés soumis aux intérêts de la finance. L’autonomie économique des retraités, voilà par exemple ce qu’ils veulent aujourd’hui interdire, tout comme en 2003, ce qu’ils reprochaient profondément au système de l’intermittence, c’était d’ouvrir des espaces de liberté aux artistes et aux techniciens au sein de leur emploi.
L’idéologie libérale, dont les partisans sont au pouvoir actuellement, s’attache à dominer la population en enfermant les individus dans un état de précarité, plus ou moins sensible, mais qui toujours conditionne la façon de vivre et de penser. Se bâtit ainsi une culture de l’entreprise de soi, une idéologie de la concurrence, un sentiment de la guerre de tous contre tous, qui gangrène insensiblement les esprits de tous.

Oui, la culture est en danger. Pas uniquement celle qui se produit au Festival d’Avignon ou ailleurs. Toute une culture synthétisée en son temps par le Conseil national de la résistance est sapée : culture du bien public, de la solidarité entre les générations et les individus.

Montrons nous aujourd’hui plus unis que nous ne l’avons été en 2003. Chômeurs, employés, interprètes, techniciens, auteurs, metteurs en scène, intermittents et permanents, précaires. Bref, tous les acteurs, de la culture et au delà, tous celles et ceux qui pensent que l’activité n’a pas à obéir à une logique comptable, utilitaire, concurrentielle. Il est vital de nous rassembler, quelles que soient les différences qui nous traversent.

Nous ne resterons pas épargnés alors que ferment les hôpitaux, que la poste est privatisée, que l’école publique, l’université comme la recherche sont privés de moyens. C’est bien avec tous ces acteurs des luttes que nous devons nous engager dans cette guerre sourde qui a été voulue par le Medef et engagée contre nous par les gouvernements libéraux.
Ce que nous défendons nous le défendons pour tous !

Le 11 juillet 2010
CIP-IDF/SUD Culture Solidaires
www.cip-idf.org ; www.sud-culture.org
Le mot « culture » dérive de « colere »





Retour en haut de page

 

Retour en haut de page