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La crise financií¨re sera-t-elle la divine surprise du gouvernement ?

Publié, le dimanche 11 juillet 2010 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : dimanche 19 septembre 2010


La crise financií¨re sera-t-elle la divine surprise du gouvernement ?

« La guerre est un acte de violence destiné í contraindre l’adversaire í exécuter notre volonté. »
Carl von Clausewitz

La « divine surprise », c’est ainsi que l’extríªme droite qualifia la défaite de 1940, qui lui permettait enfin d’abattre la République et de porter le maréchal Pétain í la tíªte de l’í‰tat franí§ais.

La seconde mí¢choire du pií¨ge amorcé en 2003 se referme. Aprí¨s la casse des droits sociaux des intermittents, c’est aujourd’hui le cadre public du théí¢tre et de la culture que le gouvernement s’emploie í faire disparaí®tre. Hier trop d’intermittents, aujourd’hui trop de compagnies, demain trop de théí¢tres.

í€ regarder la politique de rigueur annoncée avec gourmandise par le ministí¨re du Budget, les réglementations de plus en plus kafkaí¯ennes qui organisent l’octroi des subventions au ministí¨re de la Culture, c’est l’ensemble du service public du théí¢tre qui passe sous la toise de la concurrence, de la compétition, de l’excellence et de l’évaluation. Le scénario déjí écrit pour les hí´pitaux ou La Poste sera rejoué pour la culture : on refuse de donner les moyens d’assurer le service public, et une fois que celui-ci est discrédité, on le privatise. Pour ceux qui le peuvent, les cliniques, les services de distribution express, les retraites privées ; pour les autres, « le pain le plus noir et l’eau la plus claire », c’est-í -dire le minimum pour assurer la paix sociale et sauvegarder les apparences.

Ce qui est en question cet été 2010, ce n’est pas la disparition de la culture, mais le fait de savoir dans quelles conditions d’inégalité, de précarité, de reconnaissance ou de mépris elle se fabriquera. Plus largement, ce qui se joue aujourd’hui, c’est l’avenir de notre société, avenir injurié par les politiques actuelles.

La crise financií¨re est « la divine surprise » des idéologues libéraux qui nous gouvernent. Elle leur permet avec cynisme, sous le prétexte de l’équilibre des comptes, de détruire l’ensemble des dispositifs de solidarité entre les salariés, entre les générations, entre les populations, pour les remplacer par des propositions de services privés soumis aux intéríªts de la finance. L’autonomie économique des retraités, voilí par exemple ce qu’ils veulent aujourd’hui interdire, tout comme en 2003, ce qu’ils reprochaient profondément au systí¨me de l’intermittence, c’était d’ouvrir des espaces de liberté aux artistes et aux techniciens au sein de leur emploi.
L’idéologie libérale, dont les partisans sont au pouvoir actuellement, s’attache í dominer la population en enfermant les individus dans un état de précarité, plus ou moins sensible, mais qui toujours conditionne la faí§on de vivre et de penser. Se bí¢tit ainsi une culture de l’entreprise de soi, une idéologie de la concurrence, un sentiment de la guerre de tous contre tous, qui gangrí¨ne insensiblement les esprits de tous.

Oui, la culture est en danger. Pas uniquement celle qui se produit au Festival d’Avignon ou ailleurs. Toute une culture synthétisée en son temps par le Conseil national de la résistance est sapée : culture du bien public, de la solidarité entre les générations et les individus.

Montrons nous aujourd’hui plus unis que nous ne l’avons été en 2003. Chí´meurs, employés, interprí¨tes, techniciens, auteurs, metteurs en scí¨ne, intermittents et permanents, précaires. Bref, tous les acteurs, de la culture et au delí , tous celles et ceux qui pensent que l’activité n’a pas í obéir í une logique comptable, utilitaire, concurrentielle. Il est vital de nous rassembler, quelles que soient les différences qui nous traversent.

Nous ne resterons pas épargnés alors que ferment les hí´pitaux, que la poste est privatisée, que l’école publique, l’université comme la recherche sont privés de moyens. C’est bien avec tous ces acteurs des luttes que nous devons nous engager dans cette guerre sourde qui a été voulue par le Medef et engagée contre nous par les gouvernements libéraux.
Ce que nous défendons nous le défendons pour tous !

Le 11 juillet 2010
CIP-IDF/SUD Culture Solidaires
www.cip-idf.org ; www.sud-culture.org
Le mot « culture » dérive de « colere »





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