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Monsieur le Maire, mon cher Bertrand,

Publié, le mercredi 24 novembre 2010 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : jeudi 23 décembre 2010


Vous savez comme j’apprécie notre amitié, et combien je vous estime.
Pour sauver cette amitié et cette estime, la doyenne [du P.S], la mère, la retraitée ne peut rester en silence. Vous savez que je suis toujours comédienne malgré mon âge.
Avant la retraite j’ai été intermittente, comme le sont et l’ont été mes six enfants car, hélas, trois m’ont déjà quittée.
Malgré mes 95 printemps et l’âge qui ronge ma mémoire, il me reste assez de force pour clamer mon amour de la vie et de son créateur. J’aime mon métier, j’aime Dieu et la justice.
C’est en leur nom que je suis descendue dans la rue, avec mes deux derniers garçons, pour manifester contre cette réforme injuste des retraites que le gouvernement de Sarkozy nous impose.
C’est là, avec mes fils, que j’ai eu le bonheur de voir une jeunesse militante et courageuse se battre et s’organiser pour que l’individualisme égoïste de notre époque ne triomphe pas.
Des artistes dans la précarité, parce qu’il ne peuvent plus prétendre à l’intermittence, des techniciens, des chercheurs, des ouvriers, sont tenus d’accepter des emplois sous payés et, souvent, bien loin de ce à quoi leur formation les destinait.

Le monde ne tourne pas rond, jeunes et moins jeunes voient les droits acquis par plusieurs générations remis en question, en quelques décennies, par l’avidité insatiable de quelques-uns.
Et moi que l’on dit doyenne du parti socialiste, ne suis pas heureuse de mon Parti.
Je n’y trouve pas mon compte, je trouve que nous aurions pu, du temps de notre gouvernance, avancer un plus peu loin dans l’affirmation d’une société plus humaine, plus en guerre contre des intérêts par trop particuliers.
C’est pourquoi je suis heureuse de me retrouver aux côtés de cette jeunesse qui résiste en inventant du commun, du « pour tous » comme ils disent, plutôt que ce « pour moi » assourdissant qui règne partout de façon absolument mortifère.

C’est là où je veux en venir.
Je viens d’apprendre qu’un jugement du Tribunal d’Instance ordonne l’expulsion d’un lieu où s’organisent ceux qui inventent et résistent, imitant en cela les anciens que nous sommes : la Coordination des intermittents et précaires.
À cela s’ajoute le versement d’une astreinte mensuelle de 5500 euros par mois, et ce à compter du mois de décembre 2009. À des précaires ! Où trouveront-ils cet argent ?

Mais pourquoi un tel jugement ? Quelles fautes ont-ils commis ? Ils doivent partir d’un endroit que vous leur aviez concédé, alors qu’ils étaient au plus fort de leur mobilisation.
Vous sembliez leur avoir promis un relogement qui corresponde à leurs activités.
Ils sont un laboratoire, un lieu de défense pour les plus fragiles qui n’entrent pas dans les critères des institutions syndicales : ils inventent des réponses aux questions de société et, surtout, contredisent nos idées toutes faites.
Ils organisent des concerts de soutien, des universités ouvertes, des réseaux d’entraide, éditent des brochures... et tant d’autres choses qu’ils font par eux-mêmes et qui manquent cruellement dans notre ville, ce Paris que vous aimez tant.
Ils ont inventé une sorte de temple civique où la diversité n’est pas exclue.
Et cela devrait finir parce qu’ils n’ont pas accepté de se retrouver dans un lieu qui ne leur correspond pas ?
Ils ne sont pas tendres avec nous, les socialistes ?
Et s’ils avaient raison de ne pas l’être : avons-nous réalisé nos idéaux ?
Ils ne sont pas d’accord avec nous et, pour cela, nous devrions les punir alors qu’ils tendent à vouloir réaliser ce qui semble tous les jours nous tomber des mains : un monde un peu plus « communisé » et non « systématisé ».
Ne péchons pas devant le ciel, la jeunesse est le ciel : donnons-lui la parole.
Ne laissons pas ce monde qui fait son miel de la violence récupérer cette belle énergie tant qu’elle n’est pas encore brisée par l’amertume.
Soyons porteurs de valeurs sans en être les gardiens ou les grands prêtres.
Laissons cela à tous ces César qui nous encombrent et nous épuisent.

Je vous semble bien informée ?
En effet, vous le savez, je suis une vieille militante de base et mes six enfants le sont aussi. Ce sont eux qui me racontent, qui m’informent. Je les vois de si loin et depuis si longtemps battre le pavé...
C’est moi qui, à l’orée de mon grand soir, ai demandé à faire quelque chose de bien, quelque chose qui serve.
Et bien voilà, c’est fait !
Voyez-vous, il ne s’agit plus ici de mon grand couillon de fils vedette.
Mais, de toutes ces vies qui tissent l’amour et sa lumière.

Je vous embrasse très affectueusement,

Mado, le 20 novembre 2010


La coordination des intermittents et précaires est désormais expulsable. La seule « proposition » de la mairie est un relogement très provisoire cité Curial, dans un local qui nécessite des travaux et... devra être évacué soit ce printemps, soit à l’automne prochain. C’est tout simplement malhonnête.

Merci de signer et faire connaître la pétition en ligne (6180 signatures le 24/11/2010) :

Nous avons besoin de lieux pour habiter le monde, la coordination doit être relogée

Solidarité avec la Coordination des intermittents et précaires d’Ile-de-France - Union syndicale Solidaires / Expulsion de la Coordination des intermittents et précaires ? Inadmissible ! - Synavi / Reloger la Coordination des intermittents et précaires est urgent - Société des réalisateurs de films (SRF) / Le SYNDEAC demande au Maire de Paris de sursoir à l’expulsion de coordination des intermittents et précaires (idf) et de rouvrir les négociations / Occupation de la Samaritaine : Paris s’épelle L.V.M.H ? / Menace d’expulsion de la Cip-idf, Delanoë interpellé, la CIP assignée au tribunal

Pour ne pas se laisser faire :
• Intermittence du spectacle, permanence CAP, Conséquences de l’Application du Protocole Unedic : cap cip-idf.org
• Permanence Précarité : permanenceprecarite cip-idf.org
Lundi de 15h à 18h, à la coordination des intermittents et précaires, 14 quai de charente, Paris 19e, M° Corentin Cariou, ligne 7, Tel 01 40 34 59 74

Pour soutenir la coordination des intermittents et précaires, envoyez vos chèques à l’ordre de AIP à la CIP-IdF, 14-16, quai de la Charente 75019 Paris. Sur demande une attestation peut vous être fournie





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