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Hic sunt leones ! Révolte étudiante contre l’austérité en Italie - Uniriot Roma

Publié, le dimanche 28 novembre 2010 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : mercredi 15 décembre 2010


Le 14 décembre prochain, le gouvernement Berlusconi va tomber. La confiance lui sera refusée par l’assemblée [mais il a acheté des voix et réussi à conserver une courte majorité favorable...ndr, le 14/12].

C’est le jour choisi par un mouvement qui s’étend et s’approfondit au fil des semaines pour une manifestation nationale à Rome.

À ce sujet, voir l’Appel de Uniti contro la crisi , en complément de l’article qui suit.

La révolte étudiante contre l’austérité - À l’assaut du futur !

Nouvelle étape ce 25 novembre dans la lutte des étudiants qui traverse toute l’Italie. La réforme de l’éducation a encore une fois été stoppée. Le gouvernement a renoncé à la voter devant la montée de la révolte, et l’université de la Sapienza de Rome a renoncé de son côté à ouvrir l’année universitaire.

Au fil des journées de mobilisation, ce mouvement étudiant apparaît de plus en plus nettement comme la première réponse à la crise. L’intensité de la lutte, l’indignation et la rage ébranlent constamment le pays depuis maintenant deux ans.

Comme il n’est pas possible de rendre compte des centaines d’actions, parades, flash mobs et occupations qui se sont produits partout dans la période récente, nous nous en tiendrons à ce qui s’est passé aujourd’hui, en retenant en particulier les éléments qui émergent des dernières luttes menées en Europe. L’Italie n’est pas un cas isolé, loin s’en faut. En Grande-Bretagne et en France, on a vu au cours des derniers mois des flots d’étudiants, souvent très jeunes, défiler dans les rues et revendiquer le futur. L’assaut du futur est lancé !

Il suffit de participer aux manifestations, occupations ou AG, en Grande-Bretagne ou en Italie, pour voir immédiatement que les étudiants mobilisés sont très jeunes. Les adolescents ne protestent pas seulement parce qu’ils veulent un autre lycée ou une autre université, mais aussi parce qu’ils voient très bien à quel point leur condition est amenée à se transformer radicalement avec les plans d’austérité européens et la réforme de l’éducation. Les coupes budgétaires et le processus de Bologne sont l’autre face de la pièce.

Les jeunes défilent inlassablement dans les rues, avec détermination, force et rage. Leur joie et leur entêtement surprenants témoignent d’une intensité supérieure à l’« onda anomala » de 2008. Le combat est plus large et met en évidence l’impuissance du gouvernement. Les actions « Samba » et « Book Block », les manifs sauvages, les occupations de centres de décision ou de monuments symboliques [et de lieux centraux de l’économie du tourisme, ndr], mais aussi les blocages de flux tels que les rues, gares, aéroports ou ports ne laissent aucun doute : ce sont les pratiques d’un mouvement contre la crise !

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Book Block

Toute la journée et dans toutes les universités, des cours se sont tenus dans des parcs, des séminaires ont été interrompus, des manifs sauvages ont bloqué les villes. À Rome, une parade enthousiaste s’est terminée par une occupation du Colisée. Les étudiants chantaient « Hic sunt leones ! » (Ici sont les lions !). Vidéo 1 Vidéo 2

Photos de Rome

En dehors de Rome, les monuments symboliques de plusieurs villes d’Italie ont été occupés.

À Pise, étudiants et chercheurs ont occupé la tour Vidéo.

À Turin, les étudiants ont occupé le môle d’Antonelli, jeté des œufs sur le siège du parti de Berlusconi et bloqué la gare centrale. Les chercheurs ont bloqué l’accès à l’université.

À Padoue, les étudiants ont occupé la basilique Saint-Antoine et, à côté de la statue du saint, déployé une banderole qui disait : « Refusez la réforme ». Vidéo

À Naples, les étudiants ont occupé le rectorat. Une manif gigantesque a occupé par la suite le Château neuf Maschio Angioino et déployé une banderole qui disait : « Les droits ne se méritent pas, ils se conquièrent ». Une manif sauvage a bloqué les rues en utilisant les sacs poubelle qui prolifèrent dans la Campanie depuis des mois. Ces mêmes sacs poubelle sont d’ailleurs à l’origine d’un mouvement de protestation qui s’exprime dans la population tout entière.

À Palerme, les étudiants ont envahi d’abord la gare principale, puis le port. 15 000 personnes ont bloqué la ville entière et la circulation des marchandises ! Vidéo

À Pérouse, les étudiants ont occupé différents bâtiments et le toit de l’université.

Pour seule réponse à leurs revendications, les étudiants ont été chargés par la police à Florence, Milan, Bologne et Turin.

À Florence, les charges de la police contre des lycéens et étudiants qui protestaient contre la venue d’un membre du gouvernement (sous-secrétaire d’État à la Présidence du Conseil) ont fait l’objet d’une très large dénonciation.

À Milan, les étudiants ont envahi les rues, occupé le bureau des impôts et été brutalement chargés par la police. Vidéo À Bologne, les étudiants ont bloqué les rues et été chargés alors qu’ils tentaient d’occuper la gare principale. Vidéo

Galerie de photos à travers toute l’Italie : 1 2 3 4

Source : Uniriot, network delle facultà ribelli
http://www.uniriot.org/uniriotII/in...

Trad Cip-intérim. Nous cherchons à rendre disponibles des matériaux sur les luttes contre l’austérité en Angleterre, Grèce, Portugal et ailleurs, merci d’envoyer vos suggestions à accueil[at]cip-idf.org

Au 1er décembre, un des slogan-tube dans la péninsule se dit en argentin "« Que se vajan todos ! » (qu’ils s’en aillent tous) : La réforme de l’université a été approuvée par le Parlement ; le mouvement de contestation s’amplifie

La révolte de l’université contre le gouvernement de la crise


Perpendiculaires, un chouïa de théorie :

L’école, atelier de la société-usine - L’école-en-lutte

Dix Thèses sur l’Université Productive (Cristal qui songe, 1997)

Si une pierre précaire égale une pierre scolarisée, ou tout autre, quels espaces vivants, pour quel territoire productif, matériellement et subjectivement ?
L’univers et les stratégies du jeu de Go - Revue Chimères, 2003

Paris et alentours, ne pas se laisser faire, agir
• Intermittence du spectacle, permanence CAP, Conséquences de l’Application du Protocole Unedic : cap cip-idf.org

• Permanence Précarité : permanenceprecarite cip-idf.org

Lundi de 15h à 18h, à la coordination des intermittents et précaires, 14 quai de charente, Paris 19e, M° Corentin Cariou, ligne 7, Tel 01 40 34 59 74

Urgent !

Merci de signer et faire connaître la pétition en ligne :

Nous avons besoin de lieux pour habiter le monde, la coordination doit être relogée

La coordination des intermittents et précaires est désormais expulsable. La seule « proposition » de la mairie est un relogement cité Curial, dans un local qui nécessite des travaux et devra être évacué... au printemps ou à l’automne prochain.
Ce n’est plus d’intermittence et de précarité qu’il est question mais de précarité permanente. Si nous acceptions, nous serions de nouveau soumis à une incertitude maximale quant au maintien et au développement des activités en cours. Cette « proposition » n’a rien du « relogement pérenne » autrefois évoqué par des responsables municipaux. Elle ne correspond pas non plus aux engagements du Maire de Paris. Continuons à exiger de la Ville un réel relogement.





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