CIP-IdF/Commune Libre d'Aligre : 3 rue d'Aligre-75012-Paris / Tél: 0140345974 Contact Plan


Suivez la CIP

             

Abonnement liste infos

Abonnement liste de discussions et débats

L'essentiel

 

recherche :

Accueil  >  Communiqués  >  Année 2010  >  Monsieur Delanoë : Expulser ou reloger, il faut choisir 


Monsieur Delanoë : Expulser ou reloger, il faut choisir 


Publié, le vendredi 10 décembre 2010 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : mardi 12 juillet 2011


L’enfer des vivants n’est pas chose à venir ; s’il y en a un, c’est celui qui est déjà là, l’enfer que nous habitons tous les jours, que nous formons d’être ensemble. Il y a deux façons de ne pas en souffrir. La première réussit aisément à la plupart : accepter l’enfer, en devenir une part au point de ne plus le voir. Le seconde est risquée et elle demande une attention, un apprentissage, continuels : chercher et savoir reconnaître qui et quoi, au milieu de l’enfer, n’est pas l’enfer, et le faire durer, et lui faire de la place.
Italo Calvino, Les villes invisibles.

À la demande de la SEMAVIP (Société d’Economie Mixte de la Ville de Paris), le Tribunal d’Instance du 19e à Paris a ordonné, le 17 septembre dernier, l’expulsion de la Coordination des Intermittents et Précaires des locaux concédés par la Ville qu’elle occupe au 14-16 quai de la Charente et l’a condamnée à de lourdes astreintes financières (plus de 70000 euros à ce jour).


La loi écarte la compétence du T.I en la matière. Bien que nous ayons interjeté appel, celui-ci n’est pas suspensif. L’association des amis des intermittents et précaires a donc saisi le premier Président de la Cour d’Appel de Paris pour obtenir la suspension de l’exécution de ce jugement afin de disposer du temps nécessaire à ce qu’une solution de relogement soit enfin trouvée avec la Ville.
L’audience de cette saisine se tiendra le 14 décembre 2010.

Rappelons que le donneur d’ordre est la Ville de Paris et que ce jugement du T.I. intervient alors que, contrairement aux engagements publics du Maire de Paris, aucune solution acceptable de relogement n’a été proposée à ce jour.
Si lors du Conseil de Paris du 16 novembre, un relogement transitoire a bien été présentée par la majorité municipale, il s’avère que ces locaux, situés rue Curial (19e), ne seraient disponibles qu’après une phase de travaux et pour une période des plus brèves : la parcelle concernée doit être rapidement transformée en espace vert. Nous devrions l’évacuer au printemps ou à l’automne prochains.

Des responsables municipaux avaient pourtant évoqué un relogement pérenne...

Ces délais rapprochés viennent à présent s’ajouter aux raisons qui ont motivé notre refus de cette proposition qui nous avait été faite en novembre 2009 : dans une Cité qui manque cruellement d’équipements collectifs, nous considérions que la priorité était de rendre cet endroit inutilisé disponible pour les habitants. L’actuel projet d’espaces verts reconnaît d’ailleurs aujourd’hui le bien-fondé de notre argument.



Plus que d’une réelle solution de relogement, il s’agit, en ce qui nous concerne, d’une fausse proposition, un leurre destiné à faire croire que le Maire de Paris tient ses engagements alors que, jusqu’ici, il n’en est rien. On le reconnaît d’ailleurs à demi-mot au cabinet de Christophe Girard, où il est admis que « cette proposition ne constitue pas une solution viable ».
Pour obtenir un relogement qui permette de poursuivre et développer les activités de la coordination, des pourparlers avec le Maire et Christophe Girard ont pourtant lieu depuis plus de deux ans. Nous avons rédigé un cahier des charges et proposé six lieux, propriétés de la Ville et en attente de projets. L’ensemble de ces propositions a été refusé alors que 2 ans après la plupart des locaux concernés restent vacants, et toujours sans destination.
Parmi ces propositions, deux étages vides d’un ancien immeuble de bureaux situé 65 boulevard de Charonne (Paris 11ème) nous semblent toujours constituer un relogement satisfaisant. Nous avons rencontré à ce sujet Patrick Bloche, Maire de l’arrondissement. Bien qu’ayant par le passé participé au comité de suivi de la réforme de l’Unedic, celui-ci n’a pas donné suite. Au début de l’année 2009, la Ville a rejeté cette proposition : un projet était en cours et les travaux devaient commencer début 2010, nous sommes le 9 décembre et aucun chantier n’a encore débuté. Ces locaux sont toujours inoccupés.

Malgré notre bonne volonté pour sortir de cette situation aujourd’hui bloquée, nous ne pouvons cacher nos doutes sur la volonté réelle de la Mairie de trouver une solution de relogement. Tout se passe comme si le choix de la majorité municipale était d’abandonner à la jachère de nombreuses surfaces disponibles (immeubles, locaux, appartements), alors que les besoins sont criants.

La récente expulsion de la Maison de la Grève à Rennes par une municipalité socialiste [LVMH.inc] renforce nos inquiétudes.
D’autant qu’ici, au sortir du mouvement massif de refus de la politique néolibérale que vient de connaître le pays à l’occasion de la « réforme » des retraites et à la veille d’une « négociation » de la convention d’assurance-chômage, certains édiles en charge de la culture vont jusqu’à déclarer que « l’intermittence n’est plus un combat ».

Nous restons néanmoins persuadés que la Ville doit et peut nous reloger.
Expulser serait dénier aux intermittents, aux chômeurs et aux précaires la capacité à s’organiser. Cela nuirait dangereusement aux libertés publiques, en particulier à celles de réunion et d’expression. Le maire de Paris se doit de tenir ses engagements et donc de reloger la coordination.
Faire l’inverse serait une grave faute politique.
Abandonner cette responsabilités signifierait confier la ville aux puissances de l’argent. Ce serait une manière de restituer par anticipation cette ville à la droite.

Expulser ou reloger, Monsieur Delanoë doit maintenant opérer un choix.


Les lieux collectifs que nous défendons, nous les défendons pour tous, et nous les défendrons avec tous !

Paris, le 9 décembre 2010
Coordination des intermittents et précaires

La pétition en ligne Nous avons besoin de lieux pour habiter le monde a recueillie 6659 signatures à ce jour.
Dazibao de nulle part est composé de nombreux commentaires qui l’accompagnent.
Avec le communiqué de solidarité de SUD culture Solidaires, vous trouverez des liens pour accéder à divers textes soutenant l’exigence de relogement de la coordination.

La queue au portillon, un exercice de démocratie locale

Société entreprise = Concurrence + Gabegie + Austérité ≠ OK. Tous en grève et en manif’ ce lundi 13 décembre
CDN de Gennevilliers en Grève le 13 Décembre - Mais quand aurons-nous du temps ?

Nous refusons que tout au long de la vie la durée d’emploi gouverne nos existences et les soumette toujours plus au commandement de l’argent


La coordination a dû déménager le 5 mai 2011 pour éviter une expulsion et le paiement de près de 100 000 € d’astreinte. Provisoirement installés dans un placard municipal de 68m2, nous vous demandons de contribuer activement à faire respecter l’engagement de relogement pris par la Ville de Paris. Il s’agit dans les temps qui viennent d’imposer un relogement qui permette de maintenir et développer les activités de ce qui fut de fait un centre social parisien alors que le manque de tels espaces politiques se fait cruellement sentir.

Pour contribuer à la suite :

• faites connaître et signer en ligne Nous avons besoin de lieux pour habiter le monde.

• indiquez à accueil cip-idf.org un n° de téléphone afin de recevoir un SMS pour être prévenus lors d’actions pour le relogement ou d’autres échéances importantes.

Nous sommes tous des irréguliers de ce système absurde et mortifère - L’Interluttants n°29, hiver 2008/2009

Pour ne pas se laisser faire, agir collectivement :

Permanence CAP d’accueil et d’information sur le régime d’assurance-chômage des intermittents du spectacle, lundi de 15h à 17h30. Envoyez questions détaillées, remarques, analyses à cap cip-idf.org

Permanences précarité, lundi de 15h à 17h30. Adressez témoignages, analyses, questions à permanenceprecarite cip-idf.org

À la CIP, 13bd de Strasbourg, M° Strasbourg Saint-Denis
Tel 01 40 34 59 74





Retour en haut de page

 

Retour en haut de page

Commissions | Compte-rendus | Communiqués | Actions ! | Photos, sons, vidéos
Textes officiels | Nouveau modèle | Coordination nationale | Liens | Archives
Accueil | Plan du site | Contact
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
SPIP | squelette | | Suivre la vie du site RSS 2.0