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Lettre à l’attention du maire de Paris, Les Tunisiens de Lampedusa à Paris - Droit de réponse de Tunisiens expulsés du 51 avenue Bolivar au président de la Ville de Paris

Publié, le samedi 7 mai 2011 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : dimanche 29 mai 2011


Fidèles à l’exigence et à la beauté de l’auto-organisation, défendant la nécessité de prendre en mains ses propres affaires -et ce en particulier parmi tous les précarisés au premier chef desquels figurent les sans papiers- nous soutenons la tentative en cours des Tunisiens sans-papiers à Paris.

Nous diffusons ici une lettre à l’attention du maire de Paris des Tunisiens de Lampedusa à Paris (en arabe, français et en italien), qui, malgré les arrestations et la dispersion consécutive à leur expulsion ce 4 mai, ont réussi à se réunir ce 6 mai (vous trouverez leurs textes précédents ici), ainsi qu’un Droit de réponse de tunisiens expulsés du 51 avenue Bolivar au président de la ville de Paris

Lettre à l’attention du maire de Paris

Après nos salutations et notre remerciement pour ce qu’il y a eu de votre part de soutien et d’accueil des Tunisiens venus de Lampedusa à Paris entre autre ce qu’il y a eu de matraques et d’insultes de la part de la police.

Monsieur le maire de Paris, nous les tunisiens venus de Lampedusa et que vous décrivez comme des immigrés illégitimes, mais monsieur, nous vous informons que s’il n’y avait la situation misérable en Tunisie, nous n’aurons pas quitté notre pays et nous ne serons pas jetés dans la mer et ceci est une preuve irréfutable de notre mobilisation pour résoudre notre situation sociale et humaine particulière avec le soutien de tous les pays du monde aussi bien les pays européens et arabes.

Mais pour notre plus grand regret, la manière dont la France nous a accueillis ne prouve pas qu’elle est le pays des droits et des libertés, et la plus grande preuve de ça, est l’attitude de la police le jour où ils sont venus au 51 avenue Simon Bollivar et les arrestations d’environ 150 personnes entre autre des camarades français qui nous ont sauvé de la faim et du froid contrairement à ce qui a été dit dans votre communiqué de presse contre ces français.

Mais nous n’avons pas besoin de leurs idées pour prendre nos décisions par nous-mêmes et la plus grande preuve de ça est notre révolution bénie.

Et pour finir nous vous prions de comprendre notre situation et d’accepter notre estime et notre respect.

Nos salutations,

Les Tunisiens de Lampedusa à Paris.

collectifexclulampedusa yahoo.fr

Lettera all’attenzione del sindaco di Parigi.

Prima di tutto i nostri saluti e il nostro ringraziamento per quello che è stato da parte vostra il sostegno e l’accoglienza dei Tunisini venuti da Lampedusa a Parigi, tra l’altro quello che è venuto dai manganelli e dagli insulti della polizia.
Signor Sindaco di Parigi, noi i tunisini venuti da Lampedusa e che voi descrivete come degli immigrati illegittimi, ma signore, noi vi informiamo che se non ci fosse la situazione miserabile che c’è in Tunisia, noi non avremmo lasciato il nostro paese e non ci saremmo gettati in mare e questa è una prova inconfutabile della nostra mobilitazione per risolvere la nostra situazione sociale e umana particolare con il sostegno di tutti i paesi del mondo come dei paesi europei e arabi.
Ma con nostro grande rimorso, la maniera con la quale la Francia ci ha accolti non da prova che si tratti del paese dei diritti e delle libertà, e la più grande prova di questo, è l’atteggiamento della polizia il giorno in cui sono venuti al 51 di Avenue Simon Bolivar e l’arresto di circa 150 persone tra cui dei compagni francesi che ci hanno salvati dalla fame e dal freddo contrariamente a quello che è stato detto nel vostro comunicato stampa contro questi francesi.
Ma noi non abbiamo bisogno delle loro idee per prendere le nostre decisioni noi stessi e la più grande prova di questo è la nostra benedetta rivoluzione.Per finire vi preghiamo di comprendere la nostra situazione e di accettare la nostra stima e il nostro rispetto.

I nostri saluti, I Tunisini di Lampedusa a Parigi.

Droit de réponse de tunisiens expulsés du 51 avenue Bolivar au président de la ville de Paris

Après notre surprise devant la décision inhumaine prise par le président de la ville de Paris de nous expulser avec une grande violence par la police, la situation s’est aggravée et nous avons ressenti du mépris et de l’humiliation après sa déclaration selon laquelle nous sommes des enfants sans conscience qu’il serait facile de manipuler ou d’assujettir ; la domination ou la charité, l’expulsion et la répression, le maire de la ville rajoute l’insulte et l’humiliation.

Et pour que les choses soient claires, il est important pour nous de rappeler que :

1/ Nous sommes les fils de la révolution du 14 janvier de Tunisie dont vous avez chanté les louanges de liberté et de démocratie ; la répression qui persiste dans notre pays nous a fait arriver en France (patrie des droits de l’homme) et vous êtes un des premiers à nous réprimer !!?

2/ Dans votre déclaration, vous dites que le bâtiment dont vous nous avez expulsé n’était pas salubre à l’habitation, bien sûr que nous sommes dans l’attente de lieux pour s’organiser en liberté (et Paris ne manque pas de lieux appartenant à l’ancien régime payé avec l’argent du peuple tunisien) ; mais au vu des circonstances actuelles, ce bâtiment était bien mieux qu’être à la rue sous la menace permanente de la police, du froid et de la faim, et malgré tout cela, pour une fois nous nous sommes sentis libres dans cet immeuble du 51 avenue Bolivar.

3/ Que nous avons été en permanence au courant des propositions que vous avez dirigé vers nous :

Au début, on nous a proposé 150 places (100 dans un immeuble et 50 dans des chambres d’hôtels pour un seul mois, éventuellement renouvelable), il nous a même été dit que nous serions libres de nous réunir et de nous consulter dans cet immeuble, et bien que cette proposition allait nous diviser et nous désolidariser, des centaines de nos camarades tunisiens étant à ce jour à la rue, dans un esprit d’ouverture et afin de montrer notre bonne volonté aux autorités, nous avons accepté la proposition. Mais quelle a été notre surprise quand quelque temps avant de se diriger vers l’hébergement que vous nous aviez proposé, une délégation que nous avons envoyé afin de vérifier le lieu ; cette délégation nous a informé après avoir discuté avec des membres de l’association Aurore qui gère l’édifice, nous avons été surpris d’apprendre que l’on pouvait rester dans l’immeuble de 18H00 à 9H00 du matin, avec un couvre-feu à 23H00, qu’il était impossible de recevoir familles ou amis et qu’il serait impossible de se réunir pour discuter et de pratiquer notre liberté. Cette proposition revenait à vous commercer notre liberté, notre solidarité et notre dignité en échange d’un peu de confort très relatif pour un petit groupe favorisé d’entre nous. Cela nous a renvoyé aux pires heures du benalisme où l’on tentait d’acheter notre dignité et notre liberté contre un peu de confort et en corrompant une minorité d’entre nous, ce régime qui nous a tellement oppressé et dont certains ont vanté les mérites ici.

4/ Enfin, 2 jours avant, des tunisiens qui avaient accepté le même type de proposition à Nice sont tombés dans un véritable piège où la police les a raflés en bas de l’immeuble.

Voilà, Monsieur le Maire, pourquoi comme des adultes matures et conscients, après discussion et analyse entre nous, nous avons refusé cette proposition humiliante. A l’heure où la répression continue en Tunisie, à l’heure où la Tunisie accueille 40 000 réfugiés Lybiens, à l’heure où tout le monde chante les mérites des révolutions arabes dans les divans, vous, qui vous vous êtes toujours présenté comme un ami du peuple tunisien, vous qui êtes reçu depuis des décennies dans un esprit de fraternité, sans même avoir à présenter un visa, vous avez choisi d’exercer votre droit souverain de nous expulser, nous réprimer, nous livrer à l’arbitraire et à l’humiliation, c’est une chose. Mais en plus, vous nous avez humilié, calomnié en nous traitant comme des enfants immatures par voie de presse !!!

Ce temps est révolu, vive la liberté dans la dignité !

Merci Monsieur le Maire pour cette opération de répression, d’humiliation et d’insulte.

Samedi 7 mai : Les Tunisiens sans papiers occupent un gymnase rue de la Fontaine au Roi - Appel à soutien

De qui la Ville de Paris est-elle l’amie ?

Troisième jour d’occupation - Un Français de Lampedusa

Occupation du 51 avenue Bolivar - 3ème Kasbah à Paris

28 avril - 5 mai : La police évacue le 51 avenue Simon Bolivar occupé par des sans-papiers Tunisiens et Lybiens

Non à l’appropriation bourgeoise du soulèvement populaire en Tunisie !

La mairie a depuis retiré la plainte qui a entraînée les arrestations, et son maire a signé un appel demandant à ce que cessent les interventions policières...

Yves Contassot (EELV), membre de la majorité municipale, publie un point de vue (Expulsion des Tunisiens de l’avenue Simon Bolivar : des responsabilités qu’il faut bien établir.) qui pointe la responsabilité de la mairie et insiste sur les alternatives possibles à l’appel à la police. La mairie croit-elle pouvoir longtemps dissimuler ce qu’elle fait sous un nuage de com humanitaire ? L’avenir le dira peut-être.

Les arrestations et leurs suites :

Côté personnes « à papiers », nous n’avons pas confirmation de procédures judiciaires en cours après la trentaine d’arrestation et les nombreuses garde-à-vue.

Si une partie des sans-papiers en lutte occupants le 51 avenue Simon Bolivar a réussi à s’échapper lors de l’intervention, les nouvelles des arrêtés sont difficiles à rassembler et synthétiser. Sans doute pourra-t-on en dire davatage suite aux audiences en cours (JLD) à Paris et Meaux.

- certains sont ressortis libres, parfois sans même un arrêté de reconduite à la frontière (APRF), c’est le cas d’au moins 6 personnes mais le compte n’a pas pu être fait en pour d’autres personnes rencontrées qui sont dans le même cas

- 1 a accepté la « réadmission » en Italie, 2 autres auraient été expulsés
- 7 sont incarcérés au centre de rétention de Mesnil Amelot
- 47 qui ont comparu à Paris les 5 et 6 mai l’aurait été après avoir été arrêtés lors de l’évacuation de Bolivar ou dans les parages de l’immeuble occupé
- un a refusé l’expulsion lors du départ de l’avion

Plus généralement, depuis le début de l’année, les scénarii récurrents pour l’ensemble des Tunisiens arêtés (Porte de la Villette, bd de Belle ville, Stalingrad) sont :

- passage au JLD/15 jours au CRA/repassage au JLD/15 jours au CRA et relâchés au bout de 32 jours (le Consul vient mais ne les reconnait pas). Peut se perpétuer sur 2-3 mois.

La plupart fait objet d’1 premier contrôle :
Ø En cas d’APRF, il est libéré dans les 7 jours
Ø En cas de demande d’asile > OQTF examinés dans les 30 jours.

- ou : passage devant le TA/ si titre italien > réadmission en Italie / si pas de titre du tout > relâché.

Toutes nos excuses pour le caractère extrêmement partiel de ces données. Elles sont d’autant plus lacunaires que les appels dans les CRA ne permettent pas nécessairement de différencier les Tunisiens arrêtés lors des rafles quotidiennes de ceux qui l’ont été à l’occasion de l’ordre municipal d’intervention policière à Bolivar.

Nous essayerons d’en dire davantage sous peu. Si la mairie cherche toujours un moyen de se dédouaner de ce quelle a fait le 4 mai, si comme elle le prétend elle se soucie du sort des sans-papiers Tunisiens, que ne fournit-elle pas un bilan préfectoral et judiciaire de l’intervention policière qu’elle a commanditée ?

Pour mieux célébrer le 10 mai 1981, on lira : La question tunisienne

La coordination a dû déménager le 5 mai 2011 pour éviter une expulsion et le paiement de près de 100 000 € d’astreinte. Provisoirement installés dans un placard municipal de 68m2, nous vous demandons de contribuer activement à faire respecter l’engagement de relogement pris par la Ville de Paris. Il s’agit dans les temps qui viennent d’imposer un relogement qui permette de maintenir et développer les activités de ce qui fut de fait un centre social parisien alors que le manque de tels espaces politiques se fait cruellement sentir.

Pour contribuer à la suite :

• faites connaître et signer en ligne Nous avons besoin de lieux pour habiter le monde.

• indiquez à accueil cip-idf.org un n° de téléphone afin de recevoir un SMS pour être prévenus lors d’actions pour le relogement ou d’autres échéances importantes.

Nous sommes tous des irréguliers de ce système absurde et mortifère - L’Interluttants n°29, hiver 2008/2009

Pour ne pas se laisser faire, agir collectivement :

Permanence CAP d’accueil et d’information sur le régime d’assurance-chômage des intermittents du spectacle, lundi de 15h à 17h30. Envoyez questions détaillées, remarques, analyses à cap cip-idf.org

Permanences précarité, lundi de 15h à 17h30. Adressez témoignages, analyses, questions à permanenceprecarite cip-idf.org

À la CIP, 13bd de Strasbourg, M° Strasbourg Saint-Denis
Tel 01 40 34 59 74





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