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Tunisiens de Lampedusa à Paris, les négociations avec la Ville patinent - Manifestation à l’Hôtel de Ville

Publié, le vendredi 13 mai 2011 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : dimanche 29 mai 2011


Le gymnase de la rue Fontaine au roi (métro Couronnes) est occupé depuis six jours (voir la chronique de l’occupation du 7 au 11 mai), après que la Ville de Paris ai diligenté la police avenue Simon Bolivar, ce qui avait occasionné l’arrestation d’une centaine de personnes, dont un grand nombre de Tunisiens munis de « visa Schengen » italiens.

Voici l’appel du collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris à manifester ce vendredi, rdv à 15h au gymnase.

Rendez-vous vendredi 13 mai à 15h devant le gymnase au 100 rue de la fontaine au roi m° Belleville ou Couronnes pour partir en manifestation

collectifexclulampedusa yahoo.fr

PDF - 301.5 ko
Tract du 13 mai : nous avons déjà fait l’impossible, version imprimable, merci d’apporter des copies au gymnase pour diffusion

Les représentants de la mairie avaient dit samedi que l’association Aurore qu’elle finance apporterait de la nourriture au gymnase. Il n’en a rien été. Ni ce jour là, ni les jours d’après.

Mardi, au vu de l’échec du départ vers le 8e arrondissement, pour le foyer Aurore, les représentants de la Ville, avaient dit qu’ils viendraient négocier le lendemain. Mercredi, ils n’étaient pas là. Et ce jeudi, ils ne sont venus que pour apporter la lettre dont le texte suit :

Paris le 11 mai 2011

Destinataire : Le collectif des Tunisiens de Lampedusa

Messieurs,

Nous souhaitons, dans la continuité de nos échanges depuis plusieurs jours faire un point sur les discussions qui ont eu lieu hier. Nous regrettons profondément de n’avoir pu parvenir à une solution qui aurait permis d’héberger dès hier soir l’ensemble des tunisiens occupant le gymnase du 100 rue de la Fontaine au roi et de suspendre l’occupation de celui-ci. Seuls 60 d’entre vous ont pu être hébergés hier soir au centre d’hébergement du Faubourg Saint Honoré.

Il est apparu évident que le nombre de personnes susceptibles d’être hébergées dépassait largment les bases sur lesquelles nous discutions. Nous n’avons d’ailleurs jamais réussi à définir ensemble précisémment le nombre de personnes concernées, ce qui en l’espèce constitue une difficulté insurtmontable.

Compte tenu du nombre important de personnes qui souhaitent être hébergées à Paris dans ce difficile contexte, il vous a été précisé depuis plusieurs jours que la Ville de Paris ne pouvait pas maintenir sa proposition au-delà d’hier soir.

Nous sommes donc au regret de vous confirmer que les places d’hébergement seront dès ce soir dédiées à l’ensemble des migrants tunisiens qui souhaitent y être hébergés.

Enfin, nous souhaitons pouvoir continuer à dialoguer avec vous dans le respect des règles que nous avons définies ensemble, afin de rendre l’occupation du gymnase la moins inconfortable pour tous. Nous souhaitons vous rappeller que ces règles ne peuvent souffrir d’aucune entorse car il est impératif que le respect du lieu occupé soit garanti.

Force est de constater que depuis plusieurs jours, la situation s’est détériorée (bagarres, entretien des lieux, dégradation du mur d’enceinte extérieur, ...). Parmi les règles que nous avons définies ensemble dès samedi également, l’occupation maximum par 150 personnes constituait la limite au-delà de laquelle nous ne respectons plus les normes incendies. C’est donc sur ce nombre de personnes que nous avons travaillé ensemble et cela s’est malheureusement révélé insuffisant. Je vous rappele à ce propos qu’au même titre que les autres cette condition de sécurité n’est ni facultative ni négociable.

Nous souhaitons pouvoir donc retrouver une situation plus sereine afin de continuer à dialoguer et nous comptons sur vous pour y parvenir.

Je vous prie de recevoir l’expression des mes sentiments les meilleurs.

Emmanuel Grégoire
Chef de cabinet du maire de paris

Oui, chaque jour arrivent au gymnase de nouveaux Tunisiens, qu’ils viennent du parc de la porte de la Villette ou d’ailleurs, qu’ils aient été relâchés après une rafle ou qu’ils aient réussi a errer jusque là sans se faire arrêter.

Mais des locaux vides suffisemment grands pour accueillir un lieu collectif sont disponibles à Paris. Rien, si ce n’est la politique municipale, n’oblige à sous-traiter à l’association Aurore (dont les dirigeants siègent au conseil d’administration de Vinci) l’organisation d’un hébergment collectif que les Tunisiens sont prêts à administrer eux-mêmes, comme l’a démontré leur lutte depuis le 1er mai.

Parmi ceux qui sont allés dormir mardi au foyer Aurore de la rue du fbg st-Honoré, 30 sont revenus au gymnase. L’engagement de la Ville n’est pas respecté, il est interdit d’y manger dans les chambres, le foyer ferme le matin pour n’ouvrir que le soir, entre 18et 21h, il faut donc en déguerpir chaque matin, sortir par 2 au maximum, attendre 5 minutes, puis 2 autres repartent, il y a une caméra à l’entrée, « c’est comme une prison ».

Pendant que la presse évoque les 300 000 euros attribués par la Ville à l’accueil des Tunisiens, le représentant de la mairie leur dit qu’ils sont trop nombreux...

Pour mieux saisir la position de la ville :

- La question Tunisienne

- De qui la Ville de Paris est-elle l’amie ?

- Lettre à l’attention du maire de Paris, Les Tunisiens de Lampedusa à Paris - Droit de réponse de Tunisiens expulsés du 51 avenue Bolivar au président de la Ville de Paris

Vendredi

Concernant les trois camarades à papiers et sans papiers (se désignant tous trois comme « Lampedusa ») interpellés mercredi matin lors de l’évacuation du squat du Bourdon, ils étaient toujours en garde-à-vue jeudi soir. Les 48h de G-à-V se terminent ce matin. On va donc savoir si ils sont déférés en comparution immédiate, relâchés sans suite ou bien avec une convocation ultérieure.

À signaler que les recours contre les arrêtés de « réadmission » (expulsion en Italie) plaidés au tribunal administratif mardi ont été sans surprise (because juge Brault) rejetés.

Les convocations au tribunal administratif pour les recours APRF (arrêté préfectoral de reconduite à la frontière, à contester dans les 48h) faits la semaine dernière continuent d’arriver. De nouveaux APRF continuent d’être distribués lors des larges rafles qui ont lieu de nouveau ces derniers jours (Belleville, 4 chemins, Saint Lazare , Jaurès)...

Il semble que mercredi une cinquantaine de Tunisiens aient été arrêtés en arrivant au rassemblement du front du 14 janvier devant le consulat de Tunisie. C’’est en tout cas ce qu’a expliqué un occupant du gymnase qui avait été raflé la veille dans ces conditions.

Solidarité ! Sur place : besoin de nourriture, médicaments, dons à la caisse de soutien, vêtements d’homme, ...

La manifestation est partie du gymnase après 15h30. Elle a rassemblé plus de 200 personnes.
Le seul organe de presse présent parait avoir été Al Jazeera...

On apprend pendant la manif que trois personnes à papiers et non deux étaient en garde-à-vue depuis l’expulsion du Bourdon. Elles sortent avec une convocation pour « refus d’identification », mais on a pas encore de nouvelles du Tunisiens qui était lui aussi en garde-à-vue...

Deux voitures de policiers en civil sont sur place.
Après avoir emprunté le bd de Belleville, le cortège est passé sans encombres par la rue du fbg du temple, aux cris de « Papiers, liberté ! » , recevant bon accueil dans ce quartier populaire.
Des milliers des tracts du jour, en français et en arabe, ont été diffusés. Puis les manifestants ont pris le métro jusqu’à Hôtel de Ville, avant de se rassembler sur le parvis de ce dernier.

Peu de temps après, la police intervenait violemment, frappant des manifestants ainsi que des passants.
Environ la moitié des manifestants ont ensuite été « enfermés dehors » par une nasse policière. De part et d’autre du dispositif, les manifestants scandent « Police dégage ! » .

Le secrétariat du directeur de cabinet du maire est contacté. Il assure qu’il intervient auprès de la préfecture afin que le dispositif policier soit levé, assure aussi qu’une délégation va être reçue.

Un journaliste de l’AFP arrive. Le dispositif policier n’est toujours pas été levé. Une centaine de manifestants restent enfermés dehors.

Puis une délégation est reçue à la mairie par Christophe Guégain et Pascale Boitard.

À 17h43, le dispositif policier est allégé. Les bleus regagnent leurs poulaillers à roulettes, garés non loin de là. Le parvis est aux manifestants.

La délégation sort. La mairie reste sur ses positions (cf. leur lettre plus haut). Les Tunisiens peuvent rester dans le gymnase si ils respectent les condition posées par la Ville. Cette dernière déclare chercher des solutions. Ce sera abordé lors du Conseil de Paris (assemblée municipale) ce lundi...

Les manifestants quittent les lieux en métro pour en sortir à République avant de regagner le gymnase en manifestation.

Agir ensemble, le fait qu’il n’y ait pas eu d’arrestations lors de la manif, l’assurance de pouvoir rester groupés au gymnase, tout ça contribue à redonner confiance à tous. Aujourd’hui, l’impossible, ne pas se cacher, ne pas subir, agir publiquement pour se défendre, à été possible.

à suivre...

Vu les conditions difficiles, des occupants ont choisi de retourner à l’errance ou trouvé des solutions individuelles transitoires. Mais, selon les jours, de 100 à 150 Tunisiens sans papiers ou à « visa Schengen » dorment toujours là. Si cette occupation est actuellement tolérée, la Ville de Paris ne fournit rien aux occupants, contrairement à ce qu’indiquent ses communiqués et à ce que déclare à la presse Pascale Boistard, la « chargée de l’intégration des immigrés ». Tout en essayant d’envisager la suite de la lutte (une manifestation est en préparation), les occupants ne mangent donc pas à leur faim. Appel à la solidarité concrète : besoin crucial de nourriture midi et soir, de produits d’entretien, d’hygiène au 100 rue de la Fontaine au roi, M° Couronnes.

16 mai : Le Conseil de Paris vote le renforcement de l’aide aux migrants tunisiens, Libération

17 mai : De Lampedusa à la Villette, texte de quelques personnes voulant faire circuler par écrit une partie du débat qui traverse la lutte

18 mai : Nouvelles du square porte de la villette : cette nuit une trentaine de flics sont venus avec des chiens. Un gars arrêté et très vite relâché

Nouvelles du gymnase : la mairie est passée dire que jeudi 19 mai un huissier viendrait constater l’occupation et qu’ils saisiraient le TA pour un référé expulsion. De nouveau, la mairie s’apprête à faire arrêter des migrants par la police.
Une manifestation se prépare pour samedi.

19 mai :

Les Tunisiens de Lampedusa à Paris interdits de manifestation - Appel à la solidarité

Manifestation pour la liberté de circulation et en soutien aux migrants Tunisiens samedi 14 mai à Marseille

« De l’Hospitalité »-Fragments, Jacques Derrida


La coordination a dû déménager le 5 mai 2011 pour éviter une expulsion et le paiement de près de 100 000 € d’astreinte. Provisoirement installés dans un placard municipal de 68m2, nous vous demandons de contribuer activement à faire respecter l’engagement de relogement pris par la Ville de Paris. Il s’agit dans les temps qui viennent d’imposer un relogement qui permette de maintenir et développer les activités de ce qui fut de fait un centre social parisien alors que le manque de tels espaces politiques se fait cruellement sentir.

Pour contribuer à la suite :

• faites connaître et signer en ligne Nous avons besoin de lieux pour habiter le monde.

• indiquez à accueil cip-idf.org un n° de téléphone afin de recevoir un SMS pour être prévenus lors d’actions pour le relogement ou d’autres échéances importantes.

Nous sommes tous des irréguliers de ce système absurde et mortifère - L’Interluttants n°29, hiver 2008/2009

Pour ne pas se laisser faire, agir collectivement :

Permanence CAP d’accueil et d’information sur le régime d’assurance-chômage des intermittents du spectacle, lundi de 15h à 17h30. Envoyez questions détaillées, remarques, analyses à cap cip-idf.org

Permanences précarité, lundi de 15h à 17h30. Adressez témoignages, analyses, questions à permanenceprecarite cip-idf.org

À la CIP, 13bd de Strasbourg, M° Strasbourg Saint-Denis
Tel 01 40 34 59 74





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