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Des Tunisiens sans papiers installés rue Bichat (Paris 10e) évacués illégalement

Publié, le vendredi 27 mai 2011 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : dimanche 29 mai 2011


Paris : Un nouveau squat de harragas sans logis sous expulsion

Depuis le 16 mai, plusieurs dizaines de harragas de Lampedusa sans logis occupent un immeuble vide rue Bichat à Paris-10e. Son propriétaire, l’AFTAM (gros gestionnaire de foyers, dont justement plusieurs de migrants) le laissait vide depuis quelques mois.

Hier soir, jeudi 26 mai, vers 19h40, des dizaines de flics (dont 6 cars de gendarmes mobiles) ont tenté de rentrer en force dans l’immeuble, malgré tous les documents administratifs (assurance, EDF,…) démontrant qu’il était occupé depuis près d’une semaine par ses occupants.
Sur le moment, l’AFTAM a lâché une vague promesse d’entamer une procédure, tout en refusant de « communiquer » sur la question avant vendredi. En tout cas, cette nuit, le bâtiment était toujours cerné par les flics (rue Bichat barrée des deux côtés).

L’AFTAM veut-elle se rendre complice du ministère de l’Intérieur en expulsant les occupants harragas pour les remettre à la merci des rafles ?
Son slogan proclame « donner les moyens de l’autonomie », est- ce que ce serait par hasard en livrant une cinquantaine de harragas à la police ?
L’AFTAM doit prendre ses responsabilités, et ce n’est pas en se cachant derrière une possible procédure express qu’elle pourra garder les mains propres !

Un foyer autogéré pour les harragas !
Des papiers pour tous !
Ni police ni charité !

Des harragas sans-logis de Lampedusa et leurs voisins solidaires, jeudi 26 mai 2011, minuit.

https://nantes.indymedia.org/


La police est arrivée au soir du 26 mai au 20 rue Bichat, Paris 10e (métro Goncourt) au prétexte d’un appel pour un « cambriolage » (sic).

Suite à l’absence de réponse de la Ville de Paris à leurs demandes, c’est à cette adresse que depuis près d’une semaine des Tunisiens sans papiers ont élu domicile, y installant l’ébauche d’un foyer autogéré avec l’aide de militants solidaires.

Cet immeuble appartient à l’AFTAM, association gestionnaire de foyers.

Les occupants ont pris contact avec ses responsables et les ont informés de l’existence de preuves qui confirment qu’ils sont bien installés dans les lieux depuis plus de 48h.

Les responsables de l’AFTAM [disent qu’ils] se réuniront ce 27 mai pour étudier la situation.

Cette association a pour devise « donner les moyens de l’autonomie, meilleur chemin vers l’insertion », et résume ainsi ses objectifs : « Qu’il s’agisse d’hébergement social, de promotion sociale ou de médico-social, la volonté de l’Aftam est simple : aider les plus fragiles à trouver leur place dans la société. Par le logement social, l’hébergement, l’accompagnement social ou l’accueil en structures spécialisées, nous placerons toujours le client au coeur de nos prestations. »

L’immeuble de la rue Bichat était vide depuis longtemps. Il a été par nécessité rendu à sa vocation par les « clients » eux-mêmes.

Nous espérons que l’AFTAM ne cédera pas aux pressions de la préfecture et de la Ville -constatées au soir du 26 mai- et ne fera pas mine d’ignorer que ces Tunisiens ne peuvent légalement être expulsés sans une procédure judiciaire : l’AFTAM doit refuser de requérir l’intervention policière illégale que ces institutions racistes et anti sociales réclament d’elle.

Nous espérons également qu’elle n’oubliera pas sa vocation première et saura concéder les moyens d’une autonomie que les Tunisiens ont décidé d’assumer en s’organisant collectivement.

Ils réclament des lieux de vie qui en soient pas régentés à la façon du foyer Aurore financé par la Ville de Paris (fermé la journée, caméras, interdiction de recevoir des visites) mais dont le fonctionnement soit décidé par eux-mêmes.

Par ailleurs, les cent à cent cinquante Tunisiens qui dorment au gymnase du 100 rue de la fontaine au roi, occupé depuis le 7 mai dernier, ne reçoivent de la mairie aucun soutien matériel : l’approvisionnement en nourriture, produits d’entretien et tout autres moyens dépend de la solidarité.
Chaque midi de dimanche dernier à ce jeudi un repas collectif y a été organisé, les Tunisiens faisant à manger avec l’appui de militants. Au vu de diverses difficultés, cette action de solidarité ne reprendra que lundi (voir un récit).

Nombre de Tunisiens sans papier en lutte comptent manifester samedi à 14h à Barbes contre le racisme et pour la régularisation.

Vendredi 27 mai

Au petit matin
La police est intervenue et a expulsé les habitants. Les arrêtés sont au commissariat Ledru Rollin, passage Dallerey (11e), demandez leur libération et l’abandon de toutes les poursuites éventuelles au 01 53 36 25 00

Un extrait de l’historique de l’AFTAM

"L’Aftam naît dans le sillage de la décolonisation. Ses fondateurs, avec Stéphane Hessel, leur premier Président, veulent aider les ressortissants des anciennes colonies devenues indépendantes à acquérir par la formation une qualification utile au développement de leur pays lors de leur retour au village d’origine. Mais, très vite, l’hébergement et l’accompagnement social des Africains devenus étrangers en France et résidant souvent dans des conditions insalubres, va devenir une priorité : « il faut inventer un type d’hébergement collectif qui sauvegarde les traditions villageoises, et donner la possibilité aux travailleurs immigrés de vivre simplement mais dignement pour pouvoir soutenir financièrement leurs compatriotes restés au pays ».

L’Aftam se met alors en quête de vastes locaux, d’usines désaffectées pour les transformer en foyers dortoirs. En 1968, elle gère déjà 9 foyers et plus de 2 000 lits. Son service emploi permet à 1 800 Africains de trouver un emploi. Parallèlement, le service social organise des actions de prévention sanitaire et fait bénéficier de soins à plus de 1 000 personnes. Enfin le service enseignement suit 1 200 stagiaires en formation. L’Aftam est lancée avec les principales composantes de son activité future. "
etc.

Stéphane Hessel indigne toi !

12h20 : Plusieurs dizaines de personnes sont au siège de l’AFTAM, 87 bd Diderot, 12e, Métro Reuilly Diderot, pour exiger le retrait de sa plainte. Les CRS encerclent le bâtiment, merci de rejoindre et d’appeller (sms) à rejoindre sur place.

14h L’occupation des locaux de l’AFTAM a pris fin. L’AFTAM va retirer sa plainte pour « dégradations », violation de domicile« et effraction ».
15 personnes sont toujours en garde-à-vue au commissariat. Le parquet peut décider de poursuivre sans plainte du propriétaire. Il reste utile d’appeler pour exiger leur libération.

Lors de l’expulsion de l’immeuble de l’avenue Simon Bolivar à la demande de la Ville de Paris, cette dernière avait elle-aussi retirée sa plainte après-coup. Dans ce type d’action, il est en fait impossible de faire la preuve que telle ou telle personne aurait individuellement commis les délits invoqués. Sauf à désigner arbitrairement un ou des boucs émissaires lors d’un procès contradictoire, la plainte n’a qu’une utilité, ponctuelle mais souvent décisive, faire réaliser une expulsion dans un cadre d’un imaginaire « délit flagrant » qui permet de réduire au minimum la durée pendant laquelle une telle occupation peut se construire, tisser des liens, agréger des soutiens, développer des activités.

21h

3 personnes qui ont des papiers sont sorties du commissariat avec une convocation devant un juge pour refus de signalétique.

Les sans-papiers ne seraient soit disant relachés que demain matin car le service immigration serait fermé (???)... Hier l’aftam a déjà fait croire que les procédures seraient respectées et que, vu que les gens étaient là depuis plus de 2 jours, l’immeuble ne serait pas expulsé sans procédure...on voit ce que ça a donné !

Vous pouvez donc ce soir et cette nuit avant la fin des 24h de garde à vue, téléphoner au commissariat du 11 ème au 01 53 36 25 00 pour demander leur libération.

Pour les nommer il suffit de les appeler « les harragas de lampedusa qui habitaient rue Bichat ». L’Aftam a retiré ses plaintes absurdes pour l’entrée par effraction, il n’y a donc pas de raison de les garder plus longtemps ! Liberté

Samedi 28 mai

Les 8 sans papiers arrêtés rue Bichat ont été transférés au centre de rétention de Vincennes.

Les Tunisiens de Lampedusa à Paris interdits de manifestation - Appel à la solidarité / Tunisiens de Lampedusa à Paris, les négociations avec la Ville patinent - Manifestation à l’Hôtel de Ville / Les Tunisiens sans papiers occupent un gymnase rue de la Fontaine au Roi - Appel à soutien / Lettre à l’attention du maire de Paris, Les Tunisiens de Lampedusa à Paris - Droit de réponse de Tunisiens expulsés du 51 avenue Bolivar au président de la Ville de Paris / De qui la Ville de Paris est-elle l’amie ? / La police évacue le 51 avenue Simon Bolivar occupé par des sans-papiers Tunisiens et Lybiens

La coordination a dû déménager le 5 mai 2011 pour éviter une expulsion et le paiement de près de 100 000 € d’astreinte. Provisoirement installés dans un placard municipal de 68m2, nous vous demandons de contribuer activement à faire respecter l’engagement de relogement pris par la Ville de Paris. Il s’agit dans les temps qui viennent d’imposer un relogement qui permette de maintenir et développer les activités de ce qui fut de fait un centre social parisien alors que le manque de tels espaces politiques se fait cruellement sentir.

Pour contribuer à la suite :

• faites connaître et signer en ligne Nous avons besoin de lieux pour habiter le monde.

• indiquez à accueil cip-idf.org un n° de téléphone afin de recevoir un SMS pour être prévenus lors d’actions pour le relogement ou d’autres échéances importantes.

Nous sommes tous des irréguliers de ce système absurde et mortifère - L’Interluttants n°29, hiver 2008/2009

Pour ne pas se laisser faire, agir collectivement :

Permanence CAP d’accueil et d’information sur le régime d’assurance-chômage des intermittents du spectacle, lundi de 15h à 17h30. Envoyez questions détaillées, remarques, analyses à cap cip-idf.org

Permanences précarité, lundi de 15h à 17h30. Adressez témoignages, analyses, questions à permanenceprecarite cip-idf.org

À la CIP, 13bd de Strasbourg, M° Strasbourg Saint-Denis
Tel 01 40 34 59 74





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