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Samedi 17 septembre

Publié, le mercredi 29 juin 2011 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : mardi 6 septembre 2011


À l’occasion de son lancement, La revue des Livres organise, à la Générale Nord-Est, 14 avenue Parmentier, à Paris (M° Voltaire), une journée de débats, un salon des éditeurs et des revues de critique sociale et politique et une exposition d’Arnaud Crassat

14H « Mais , qu’est-ce donc, un blanc ? Et d’abord c’est de quelle couleur ? » Débat animé par Jérôme VIDAL. Les débats sur les statistiques ethniques, la « discrimination positive » (affirmative action) ou le legs colonial suscitent de vives polémiques. En détournant l’interrogation par laquelle s’ouvre Les Nègres de Jean Genet, demandons-nous ce qu’il en est non pas des « minorités visibles », mais de la majorité « invisible ». Posons le problème de la blanchité et des privilèges inavoués qui l’accompagnent. Il s’agira d’éclairer la façon singulière dont est formulée, ou refoulée, la question raciale en France, et d’examiner à ce propos la difficile circulation entre discours politiques et discours savants. Avec Houria BOUTELDJA (porte-parole du Parti des Indigènes de la République), Maxime CERVULLE (co-auteur de Homo exoticus. Race, classe et critique queer) et Françoise VERGÈS (auteure de L’Homme prédateur. Ce que nous enseigne l’esclavage sur notre temps).

16 H Sortir du nucléaire = refaire la gauche débat animé par Charlotte NORDMANN. Le nucléaire n’est pas une « pure » technologie. Si la contre-expertise scientifique joue un rôle fondamental dans l’élaboration des arguments du mouvement anti-nucléaire, la critique de l’industrie nucléaire ne saurait être simplement technique ou scientifique. Parce qu’il constitue un véritable État dans l’État et ce qu’André Gorz appelait, après Ivan Illich, une « mégamachine », le complexe militaro-industriel du nucléaire doit aussi faire l’objet d’une critique proprement politique. Notre hypothèse est que la question de la sortie du nucléaire et celle d’une refondation de la gauche sont profondément liées : le nucléaire est un révélateur des impasses et des contradictions fondamentales dans lesquelles la gauche se trouve prise, et dont elle doit sortir si elle veut exister ; c’est par sa capacité à s’emparer de questions comme celle du nucléaire, qui mêlent étroitement critiques de l’État, de la technoscience, du productivisme, du consumérisme et du capitalisme, qu’une gauche de gauche pourra se recomposer. Il s’agit donc aussi de se demander pourquoi elle n’y parvient pas aujourd’hui. Avec Benjamin DESSUS (co-auteur de So watt ? L’énergie, une affaire de citoyens et de En finir avec le nucléaire. Pourquoi et comment), Alice LE ROY (militante écologiste, co-réalisatrice du documentaire Écologie, ces catastrophes qui changèrent le monde) et Nicolas LAMBERT, auteur et metteur en scène d’Un avenir radieux, une fission française.

18 H Avons nous seulement compris ce qu’est le néolibéralisme ? débat animé par Laurent JEANPIERRE. Les promoteurs de la « révolution » néolibérale la présentent comme une nécessaire « modernisation », à l’heure de la mondialisation, et comme une « adaptation » salutaire aux lois irrésistibles de l’économie. Mieux : les néolibéraux ont prétendu nous libérer de la condition d’« assistés » et de « dépendants » d’un État social bureaucratique et inefficace, pour nous transformer en « libres et responsables entrepreneurs de nous-mêmes », soucieux de faire fructifier notre petit « capital humain ». Le néolibéralisme s’est ainsi figuré comme une véritable politique d’émancipation, une véritable politique d’empowerment. Si l’imposture de cette prétention n’est que trop évidente aujourd’hui, nous ne pouvons cependant pas analyser le néolibéralisme comme une simple régression, un retour au « laisser-faire » cher aux libéraux du XIXe siècle. La gouvernementalité néolibérale et les dispositifs qui assurent son emprise sur chacun d’entre nous et sur l’ensemble de la société constituent en effet un régime d’enrôlement inédit de nos désirs par le capitalisme. En comprendre la singularité est une condition nécessaire de notre effort pour lui résister et pour relancer les luttes d’émancipation aujourd’hui. Avec Christian LAVAL (co-auteur de La Nouvelle Raison du monde. Essai sur la société néolibérale) et Frédéric LORDON (auteur de Capitalisme, désir et servitude. Marx et Spinoza).

20H Apéro-rencontre avec les membres du collectif éditorial de la revue, musique, fête...





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