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Je suis une montagne de feu - Incendie de Pantin.

Publié, le vendredi 30 septembre 2011 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : samedi 2 janvier 2016


Hier matin à 9 heures, les quelques éclopés de l’incendie du passage Roche, cheminent vers la mairie de Pantin. Une dizaine de personnes ont été hébergées hier soir dans les chambres d’un stade municipal. Les autres ont pris la fuite de crainte d’être arrêtés par la police. Béquilles trop petites et cassées, ligaments croisés qui exigeraient un repos total, ils arrivent à pied cahin-caha, sonnés. On se demande combien de blessés, combien de morts seront nécessaires pour provoquer l’onde de choc qui fasse bouger un peu les pouvoirs publics. Ce tableau digne de Bruegel est en vrai intolérable.

Hier soir nous sommes venus les écouter au stade, écouter l’horrible récit de ce qui s’est passé dans le squat. La plupart ont vu leurs amis mourir sous leurs yeux ou criant depuis l’intérieur alors que les pompiers tardaient à agir, jugeant peut-être la situation trop dangereuse pour entrer dans le bâtiment et sauver les vies. Aux tunisiens qui étaient prêts à re-pénétrer dans les lieux car ils connaissaient les accès et pouvaient indiquer par où passer, il a été dit à plusieurs reprises : “ce sont les professionnels [1] qui prennent les décisions”. L’immeuble n’a qu’un étage ; à trois mètres d’eux, ils ont fini par ne plus voir leurs amis, ni entendre leurs cris.

Ce sont les échappés qui ont évacué les premiers blessés alors que huit camions de pompiers étaient arrivés sur place. Ceux qui pouvaient faire le récit de ce qui s’est passé, ont été encadrés par la police, n’ont pas pu parler à la presse présente en masse pour la venue de Guéant et ont été emmenés puis interrogés des heures durant dans un commissariat.

Le rendez-vous à la mairie, le lendemain matin, consiste en un accueil individuel par des assistantes sociales suivi d’une réunion commune avec la directrice des assistantes sociales. Ils y vont seuls. Monsieur Bon, le mal nommé, directeur du cabinet de monsieur le maire Kern, qui hier, assurait sur place une vraie prise en charge de l’ensemble des personnes qui se trouvaient dans le squat, donne ses consignes de loin, ou ne répond plus au téléphone et n’estime même pas nécessaire de se déplacer. Ce qui est proposé aux rescapés, re-triés et sélectionnés... est digne de la politique du gouvernement actuel concernant les migrants : 30 euros quotidien par personne pendant trois jours et éventuellement la possibilité de rester dans le stade jusqu’à lundi ! A force de tragique la farce de la situation explose.

Un nouveau rendez-vous est donné à 15h30, pour donner deux trois vêtements et de nouveaux soins... Devant la mairie Jean-Jacques Briant, adjoint au maire, responsable de l’action sociale, est interpellé, à la colère des quelques personnes, citoyens, présents ici, est répondu un laconique « vous n’avez qu’à les prendre chez vous. » et d’autres inepties. Les éclopés n’ont pas même un banc où s’asseoir. Un repas de midi, assis dans la cantine de la mairie toute proche ? Aucun élu ou employé de la mairie n’y pense, on ne mélange pas tout. Ainsi les compagnons d’infortune, pieds dans le sac, reviennent peu à peu vers le squat.

Sur la place un ouvrier né en Tunisie, algérien, vivant en France depuis 30 ans, se met à crier devant l’indécence de la proposition de la mairie, devant ces jeunes gens, ses fils à lui, fils de la révolution, mal traités, abandonnés par tous, il dit :

JE SUIS UNE MONTAGNE DE FEU
Je suis en colère, je ne veux plus les voir ces partis de droite ou de gauche !
Je suis un rebelle ! Ils nous marchent dessus !
J’ai travaillé trente ans pour la ville de Pantin !
J’ai balayé les rues pendant 30 ans !
J’y ai donné ma vie, ma santé !
30 euros pour nos fils !
30 euros pour se taire !!

RASSEMBLEMENT vendredi 30 septembre A 18 heures
passage Roche Métro Hoche ligne 5

Premiers signataires : FTCR – UNI*T –UTIT idf – MRAP – LDH – GISTI – ATTAC – PCF – FASE – ATMF – ADTF - Collectif d’Ailleurs nous sommes d’ici – PCOT - AMIS DE BOUAZIZI - Coordination Contre le Racisme et l’Islamophobie - Réseau Féministe « Ruptures - Gauche Unitaire – EELV – UD CGT 93 – FSU 93 – pg - L’union syndicale Solidaires – EMCEMO - l’Union Démocratique Bretonne - Les Alternatifs – CRLDHT – AMF – CEDETIM

28 septembre : Ce matin à l’aube, à Pantin,

Incendie du centre de rétention de Vincennes, le procès en appel

45 jours pour te punir de ne pas avoir les bons papiers



Notes :

[1] En l’occurrence, les pompiers de Paris sont des militaires qui travaillent constamment avec la police.



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