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À propos d’un récent rapport de la Cour des comptes qui attaque l’intermittence - Sonore et trébuchant

Publié, le vendredi 10 février 2012 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : mercredi 19 mars 2014


Comptables de tous les pays, dispersez-vous, reniez-vous !

L’internationale des tribunaux comptables a encore frappé. Cette fois, c’est pas le FMI, pas l’OCDE, pas la Commission européenne, mais une fraction hexagonale de l’oligarchie technocratique, la Cour des comptes.

Voici un extrait de la matinale de France Culture du 9 février 2012 consacrée à son récent rapport qui - entre autres choses - pointe les coûteux privilèges d’une espèce de chômeurs bien trop grassement payée, et pour tout dire honteusement cajolée par un État tout à fait très beaucoup vraiment providentiel - mais de quel droit ! Et dieu dans tout ça ? Et si on n’est pas les derniers, comment donc devenir les premiers ? - les intermittents...


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Sujet sur le rapport de la cour des comptes, matinale France Culture 09.02.2012



Comme de coutume, comme en 2003 [1], lorsque les « partenaires sociaux » ont, à l’instigation du MEDEF [2], cassé ce qui restait du caractère mutualisateur et collectif de l’assurance-chômage [3] pour donner la priorité à un mécanisme de capitalisation individuelle [4], on trouve des experts, des journalistes et aussi - ça se bouscule fort au portillon de la saloperie en barre - le lot extensible des partisans de l’austérité comme celui des poujadistes not dead pour dénoncer des dépenses exagérées et indues, expliquer que le sort de l’intérimaire, voire du RSaste, se doit d’être généralisé aux autres espèces de chômeurs et de salariés à l’emploi discontinu, eux qui disposeraient de garanties inacceptables au regard... de l’idée d’égalité [5] et de la justice sociale. Sauf que nous ne sommes pas d’accord, pas d’accord du tout.

Intermittence, mon amour

On ne nous dit plus seulement, selon une formule passée de mode : « mange donc ce que tu as dans ton assiette, penses aux Biafrais, à la faim dans le monde », on nous culpabilise aussi tout autrement aujourd’hui [6]- sans que pour autant ces tristes pitbulls du capitalisme triomphal aient lâché toutes leurs rengaines précédentes, plus ou moins relookées : « pense aux Chinois qui taffent pour l’informatique de tous et au reste de la production de ce vaste atelier industriel mondial, au coup de sifflet, et pour pas un moment de libre, pas même une miette de bonheur » - en nous disant « sois donc biafrais, tu nous feras des vacances avec tes besoins trop affirmés, l’économie dont nous dépendons tous doit aller bon train, il est temps d’être raisonnable ». On rigole. Mais pas tant que ça puisque c’est encore et toujours vers le bas que les nantis et leurs alliés nous égalisent, et jamais à l’inverse, vers ce qui est nécessaire au grand nombre.

Comme déjà souvent en matière de chômage, comme en matière de retraites [7], c’est pour « sauver le régime », donc pour notre bien, évidemment, qu’une restructuration s’annonce et cherche à se légitimer. Après tout, en Grèce [8], « notre » modèle social de proximité à tous, les pensions de retraite, le salaire minimum , les allocations de chômage ont été réduits par des plans d’austérité successifs. Les bonnes pratiques ne doivent rester ni l’apanage des Chinois ni celles des Grecs. Comme disait l’autre pomme, tout doit être possible et tout le sera. C’est quasi certain, presque irréfutable, et on le voit chaque jour du mauvais côté. La question qui se pose encore et toujours reste qui décide et de quoi ? Partageons quoi ? Les sacrifices sur l’autel de l’économie, disent-ils. Et ils le font, ils ne cessent de le faire, du « forfait hospitalier », instauré par la gauche de droite [9] à la TVA « sociale » des actuels décomplexés de service.

Ce rapport de la Cour des comptes annonce rien de moins que de nouveaux coups pourris et durs contre les intermittents et les chômeurs en général [10]. On l’a d’ailleurs constaté illico avec les sinistres pitreries du Vichyssois de Neuilly [11] qui, tout en cherchant à imposer 7 h d’emploi hebdo aux RSastes sous peine d’interruption des versements de ce mini et minable revenu pourtant déjà bien contrôlé [12], pourtant déjà précautionneusement évité par 1 650 000 ayants droit potentiels [13] annonce vouloir lancer un référendum contre l’indemnisation des chômeurs.

Comme de coutume, comme en 2003, il se pourrait bien que la très relative protection dont jouissent moins de la moitié des intermittents (les autres étant, comme la majorité des chômeurs, non indemnisés), déjà rendue plus aléatoire et beaucoup moins durable par des réformes successives (fin de la « date anniversaire » annuelle sur laquelle était autrefois basées les ouvertures de droits, etc.) soit de nouveau attaquée et réduite.

Or, nous l’avons dit et redit depuis maintenant dix ans, et il faut le rappeler ici, il ne peut y avoir d’accord pérenne en matière d’indemnisation du chômage des intermittents sans :

• La recherche des 507 heures ouvrant droit à une indemnisation sur une période de 12 mois, à date anniversaire fixe ;

• 12 mois d’indemnisation où chaque jour chômé est indemnisé par une indemnité journalière égale ou supérieure au SMIC/jour dont le versement soit soumis à un plafond de ressources acceptable.

Certes, faute de forces pour l’imposer, on n’en est pas encore arrivé là. Mais il reste quand même quelques droits sur lesquels s’appuyer fermement, ceux auxquels ce rapport s’attaque, voir : Intermittents, nous avons des droits.

Malgré la flexibilité, l’annualisation du temps de travail, vouloir imposer un repère concret, un SMIC jour garanti pour tous, sur lequel s’adosser pour être en mesure de ne pas se laisser faire, de ne pas accepter n’importe quoi, de pouvoir démissionner d’un taff sans être puni par l’absence de revenu, de ne pas devenir des entrepreneurs de nous-mêmes [14] fondamentalement dépourvus de tout pouvoir de décision quant à l’organisation d’une société entreprise qui fait de nous ses pseudopodes, même complexes, car tiraillés de toutes parts par l’urgence de survivre, d’être reconnus, de se faire sa place dans la lutte de tous contre tous, la concurrence frénétique et destructrice. Un SMIC/jour garanti, ça semble sans doute ésotérique à certains... alors on traduit : pas de justice, pas de paix !

Est-ce que cette fois c’est clair ?

Alors, alors... qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu ?

Ben nous, modestement, parce que les temps sont durs et que la coordination est tout entière intermittente et précaire, on prépare une deuxième journée hexagonale d’ OCCUPONS PÔLE EMPLOI. C’est le 14 février et vous êtes tous invités .

Pour une mise en bouche de la chose, voici l’un des appels locaux :

Vous trouverez les rdv de ce mardi 14 février et des infos (liens, photos, affiches, tracts) dont nous avons connaissance sur

cette page là

Jouez pas perso, ce serait ballot.
Faites-le savoir !

Comme dans camarades il y a 3Xa, on vous dit a a a tout bientôt.

PS : et aussi, lundi à 18h, il y a un rdv à la villette, à propos de politique culturelle, une occasion de se causer, et peut-être d’agir ensuite.

Rapport public annuel 2012 de la Cour des comptes.

Voir également : Intermittents : Nous avons lu le rapport de la Cour des comptes

PDF - 529.1 ko
Synthèse du rapport Cour des comptes
PDF - 325.4 ko
Partie du rapport Cour des c. sur le régime des intermittents du spectacle


Notes :

[1] Quels droits pour les salariés à l’emploi discontinu ?

[2] Voir à propos de la « refondation sociale » patronale : Refondation sociale patronale : L’éthique du bouffon, Valérie Marange ainsi que Refondation « sociale » patronale : Le Pare, une entreprise travailliste à la française et « Refondation sociale » patronale : Le gouvernement par l’individualisation, Maurizio Lazzarato.

[3] Voir, par exemple : Protocole et convention Unedic, non à l’agrément ! .

[4] Le gouvernement des individus - Université ouverte 2008-2009.

[5] En fait, si on prend le cas des intermittents, ça tourne le plus souvent à 1000 € le mois, tous salaires et allocs cumulés, voir Les effets du nouveau modèle d’indemnisation du chômage des intermittents du spectacle, mais il n’y a presque personne pour le dire, accepter de le savoir. Nous vivons dans un monde où l’ignorance est la première des libertés, ce qui en dit long sur l’époque et la dite « société de la connaissance »...

[6] Et nous répondons à ces basses manœuvres d’une guerre psychologique continue et destructrice : Ni dette, ni culpabilité, ni honte, s’organiser !

[7] Voir : Comme Maryvonne à Brest, va falloir pointer à Pôle emploi à 80 piges et Retraite : à 95 ans, je n’aurai pas mes trimestres, ainsi que Les grèves de l’automne 2010. Réémergence et perspectives de recomposition d’un antagonisme de classe.

[8] Retour à la base - Méditations sur le renouveau du syndicalisme grec.

[9] Voir sur cette gauche caviardeuse et son acception du « social » - toujours plus séparé d’une économie destinée à régner sans partage - et d’une politique oligarchique, un tract de 1998, lorsque Lionel Jospin était premier ministre, avant que pourtant instamment prévenu par toutes les mobilisations collectives de l’époque et divers signaux explicites, il ne perde en 2002 les élections pestilentielles, avec un vote ouvrier en faveur de la gauche gouvernante qui n’avait jamais été si bas, à 13 % des suffrages exprimés : À gauche poubelle, précaires rebelles, Collectif d’Agitation pour un Revenu Garanti Optimal (CARGO), mai 1998.

[10] Savants, experts, journalistes, de nouveaux prêtres pour un nouveau troupeau ? Le cas de l’intermittence.

[11] Abjecte sarkophagie travailliste : « Le travail, c’est la liberté, le plein emploi est possible ».

[12] Voir sur les modalités de ce contrôle : Techniques de pouvoir pastoral : le suivi individuel des chômeurs et des allocataires du RSA - Enquête collective ainsi que Face aux contrôles domiciliaires de la CAF, quelques conseils - Les CAFards, et enfin De la légitimité de frauder les minima et de quelques conseils à cette fin.

[13] Économie du non-recours : 1 650 000 pauvres boudent le RSA.

[14] La personne devient une entreprise, note sur le travail de production de soi, André Gorz



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