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Ni honte, ni culpabilité, s’organiser ! CAFards/CIP-idf. Occupons Pôle emploi : Brest, Lille, Quimper, Rennes

Publié, le mercredi 29 février 2012 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : samedi 3 mars 2012


Cet article reprend le tract qui a été diffusé rue Mélingue, ainsi que dans 4 autres Pôle et la CAF de l’avenue Jean Jaurès aujourd’hui.

RSAstes socle ou chapeau, chômeurs de fraîche ou longue date, salariés en pause ou en arrêt-maladie, intermittents, intérimaires, mères ou pères isolés, précaires, étudiants avec ou sans allocation logement, employés au quart de SMIC, avec ou sans papiers... Nous sommes des centaines de milliers, rien qu’en Ile-de-France, à avoir à faire aux institutions sociales.

Ce 29 février, le Pôle emploi du 25 rue Mélingue, Paris 19e a été occupé. Nous sommes venus, entre autres raisons, pour obtenir la réinscription rétroactive d’une allocataire qui n’avait jamais reçu sa convoc’ à un rdv obligatoire sous peine de sanction....
On le sait, la plupart des radiations sont non seulement illégitimes mais aussi illégales [1]. Nous étions là pour un cas flagrant d’illégalité. Le recours écrit de l’allocataire avait donc abouti à l’annulation de cette radiation, sans que celle n’ait été informé par Pôle du résultat de son recours ! [2]
Dans les autres Pôle (les deux rue de la rue Vic d’Air, les deux du quai de Loire), nous avons rencontré des agents et des allocataires et apposé des informations sur les panneaux qui sont concédés aux collectifs de chômeurs et précaires depuis la large mobilisation de 1997/98.

Aujourd’hui, dans chaque antenne CAF [3], des affiches intimident les allocataires avec la description des amendes et peines de prison qu’ils pourraient encourir en cas de fraude [4] ou de simple protestation. Partout, à Pôle emploi [5], à la Sécu ou ailleurs, nous sommes présumés coupables. Tout allocataire est pour l’institution sociale un fraudeur en puissance et donc contraint d’accepter n’importe quel contrôle s’il veut continuer à toucher ses maigres allocations de survie.

La chasse aux fraudeurs fait partie des discours de campagne présidentielle : « Frauder, c’est voler » annoncent les spots publicitaires ministériels. Le gouvernement publicise les chiffres de LA fraude et organise la confusion : la fraude patronale et la fraude aux allocations sont mises dans le même panier. Ils ramènent tout au même plan, l’évasion fiscale et le fait de ne pas déclarer quelques heures de travail sous peine de perdre une partie de son RSA, les entreprises qui se font leur beurre en vampirisant la sécu et le fait d’arranger son dossier pour accéder à la location d’un logement. Ils se félicitent de la mise en place d’un arsenal de lutte contre la fraude et enjoignent tout le monde, toutes classes sociales confondues, à participer à cette guerre pour défendre l’intérêt commun, c’est à dire perpétuer l’ordre social. Ainsi celui qui « triche » aux allocations tricherait au détriment de la société-même. Comme si les patrons et leurs salariés, un millionnaire tétraplégique et son aide à domicile, Bettencourt et sa femme de ménage avaient le même intérêt ! Il s’agit bien là de nier tout antagonisme de classe.

Cette campagne de chasse aux fraudeurs permet aussi aux gouvernants de prétendre mener des actions concrètes contre la crise et de rassurer tous ceux qui sont inquiets en raison de la dégradation de leurs conditions de vie : on construit ainsi le modèle d’un mauvais pauvre qui serait individuellement responsable de la misère organisée par et de cette société. Ils peuvent bien parler de moraliser les banques et la finance mais la domination capitaliste reste, elle, une évidence intouchable.

La chasse aux fraudeurs est un appel à la délation, un appel à la démarcation : Montre-moi que tu es un bon pauvre, fais-toi contrôler, fais du zèle, montre ta bonne foi au prix de ta liberté et de ta dignité, cours, cours plus vite [6] que ton collègue de taf, démarque-toi des chômeurs fainéants et l’institution tamponnera ta bonne foi, ta disponibilité à accepter tout et n’importe quoi.

La chasse aux fraudeurs est également un instrument de peur. Ça marche tellement bien que beaucoup de potentiels allocataires ne demandent même pas ce à quoi ils ont droit [7]. Ça marche tellement bien que nous nous soumettons trop souvent sans nous battre à des contrôles, à des humiliations, à l’arbitraire. À la CAF comme dans l’emploi, la culpabilisation, la peur de se faire radier ou virer - jusqu’à se faire criminaliser - neutralisent bien des formes de protestation, de résistance, de révolte.

Ces modalités de stigmatisation et de division font évidemment fond sur la défense de la valeur-travail : « le travail, c’est la liberté » [8]. C’est ainsi que le gouvernement prétend redonner leur dignité aux RSAstes et qu’il annonçait, en novembre 2011, le lancement dans plusieurs départements d’une expérimentation de travail obligatoire de 7 heures par semaine en échange du maintien de l’allocation. Et c’est encore au nom de la valeur-travail que le candidat de la majorité a proposé d’obliger les chômeurs à suivre des formations bidons et à accepter la première offre d’emploi venue. Évidemment, en cette période de campagne, toute la gauche s’est offusquée de cette proposition mais n’oublions pas qu’en 1998, en plein mouvement des chômeurs, le socialiste Lionel Jospin alors premier ministre de la cohabitation déclarait qu’il voulait « une société de travail pas d’assistance » [9]. Alors chers assistés, il va bien falloir s’organiser contre ces attaques actuelles et à venir, s’organiser contre ce qui nous détruit. Et pour ne pas se laisser écraser définitivement, il est temps que toutes ces questions sortent plus largement au grand jour [10]et ne restent pas cantonnées dans la sphère individuelle ou privée.

Je me débrouille, tu te débrouilles, embrouillons-les !
Que mille collectifs fleurissent sur les décombres du plein emploi !

☺☺☺☺☺☺☺☺☺☺☺☺☺☺☺☺☺☺☺☺☺☺

Pour ne pas se laisser faire et agir collectivement, passez les lundi de 15h à 17h30 à la CIP-IDF
permanences d’accueil pour partager les infos et les expériences
13 bd de Strasbourg, M° Strasbourg Saint-Denis, Tel 01 40 34 59 74
pour le régime des intermittents du spectacles : cap cip-idf.org
pour le régime général, RSA, allocation logement etc. : permanenceprecarite cip-idf.org

Faites passez le mot : Le collectif de chômeurs et précaires des CAFards de Montreuil (cafardsdemontreuil riseup.net) a réalisé un guide pour faire face aux CONTRÔLES DOMICILIAIRES DE LA CAF.
Ce guide donne des conseils pour se débrouiller face aux contrôleurs et invite à ne pas le faire seul, isolé, mais collectivement. Il nous faut inventer de nouvelles formes de lutte et de solidarité. Ce guide est consultable sur http://cafard93.wordpress.com

Les rdv « occupons Pôle emploi » de ce mercredi 29 février.

Pôle emploi : diffamer pour mieux régner, Rennes.

« Occupons Pôle emploi » le 29 février 2012, une étrange disparition, Brest.

Occupation agence Hellemes en soutien à Philippe, Lille

Occupation Pôle - Vidéo, Quimper





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