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Mobilisation suite au suicide par le feu d’un chômeur Nantais devant Pôle emploi

Publié, le mardi 19 février 2013 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : samedi 2 mars 2013


Assez de mépris, assez de mensonges, assez de schlague sociale.

Après l’immolation par le feu d’un chômeur, Djamal Chaar, à Nantes, devant un Pôle emploi qui ne l’indemnisait pas et lui réclamait un trop perçu, le ministre de l’emploi Sapin ose déclarer « tout à été fait » tandis que F. Hollande évoque pour sa part un « problème personnel »... Il n’en est rien [1]. Contrairement à ce qui est dit, les règles qui régissent l’indemnisation du chômage et qui sont le motif essentiel que pointait Djamal Chaab lors de son acte ne sont en rien une question personnelle : actuellement, ne pas être indemnisé est la norme qui s’applique à près de 6 chômeurs sur 10 [2], des centaines de milliers de trop perçus [3] sont récupérés par les caisses des institutions sociales (CAF, Pôle emploi) à l’encontre des démunis.

MERCREDI 20 FÉVRIER

Appel à rassemblement devant les Pôles Emploi

Dans certaines villes comme Chambéry,Strasbourg, Toulouse où des rassemblements sont annoncés, le lieu de rendez-vous n’est pas encore précisé.

Sinon, à...
Bordeaux  : 12h devant le Pôle Emploi place Ravezie.
Clermont-Ferrand : 15 h devant le Pôle Emploi Nord.
Lille : 14h place Richebé.
Nantes : rdv devant la Direction régionale, 1 rue Cale de Crucy.
Paris : rdv devant le Pôle Emploi international au 48 bd de la Bastille.
Rennes : 9h30, devant le Pôle Emploi Centre, à côté de la Cité judiciaire (22, boulevard Saint Conwoion, m° Charles-de-Gaulle) à l’appel du le Mouvement des Chômeurs et Précaires en Lutte (MCPL).
St-Etienne : 14h devant Policemploi.

Communiqué de presse unitaire d’organisations syndicales Pôle Emploi et d’organisations de chômeurs et précaires :

POUR LA DIGNITE

Mercredi 13 février 2013, Djamal Chaar, demandeur d’emploi , « une personne tout à fait banale, normale avec une vie normale dans un quartier normal » (dixit le Directeur de la sécurité publique 44) s’est immolé par le feu devant le Pôle Emploi de Nantes parce qu’il estimait avoir été lésé dans ses droits .

Le geste de colère et de désespoir de Djamal Chaar doit sortir de la rubrique « société » et « faits divers » des journaux pour que cesse le traitement déshumanisé et mécanique d’une machine administrative et comptable qui trop souvent traite les demandeurs d’emploi comme des fraudeurs potentiels.

Nous le savons, chômeurs et précaires, qui, face à ces décisions de sanctions-radiations, « trop perçus », « indus », nous retrouvons dans l’incompréhension et trop souvent sans ressources.
Nous le savons, agents de Pôle Emploi - titulaires ou précaires - qui tentons de délivrer un message institutionnel, pour expliquer que telle perte de dossier, tel retard, tel « trop perçu » ou « indu », telle pièce manquante nous empêche de « liquider » un dossier ou de « déclencher » un paiement…

Et des deux côtés du bureau, du téléphone, nous voyons des réactions de colère, de désespoir, des pleurs, des cris, des insultes …

C’est pourquoi aujourd’hui, au delà des réactions institutionnelles cherchant à calmer la situation [1], nous demandons une réponse à la colère et aux revendications légitimes des organisations de chômeurs et précaires.

Nous demandons une réponse aux alertes nombreuses des représentants des personnels de Pôle Emploi (et des structures de l’emploi, de l’insertion et de l’orientation, du travail social) recevant et accompagnant des personnes en souffrance de plus en plus dans la misère et la précarité.

Ainsi, le récent « Plan Pluriannuel contre la Pauvreté et pour l’Inclusion Sociale » présenté par le Gouvernement le 21 janvier dernier, n’est pas à la hauteur des attentes d’une part grandissante de la population paupérisée et des légitimes revendications des associations caritatives qui dressent chaque année un tableau de plus en plus effrayant de la précarité et de la pauvreté en France [2].

Ainsi, le plan Pôle Emploi 2015, n’est pas à la hauteur des ambitions affichées comme « faire plus pour ceux qui en ont le plus besoin », sans moyens financiers ni humains supplémentaires.

Aujourd’hui, nous exigeons l’arrêt des mesures répressives et coercitives contre les plus fragiles d’entre nous, nous exigeons un moratoire sur les tous les indus, exceptés ceux relatifs aux fraudes avérées et dont la procédure a été respectée : procès verbal à la clé.

Aujourd’hui, nous exigeons, au rebours de la doctrine de l’austérité et des réductions budgétaires dans les services publics (y compris de l’emploi et de la formation professionnelle), ces moyens supplémentaires et une refonte de l’organisation du travail permettant de rendre un vrai service aux usagers.

Nous demandons à Monsieur Michel SAPIN, ministre du Travail, de l’Emploi et de la formation Professionnelle et du Dialogue Social de nous recevoir le 15/03/2015 afin de lui exposer nos revendications.

Nous ne nous résignons pas à ce que le travail génère souffrances physique et psychologique pour les salariés dans les entreprises pendant que ceux qui en sont privés, sont conduits au désespoir, à la misère et à la précarité.

Nous ne nous résignons pas à cette violence qui a amené Djamal Chaar, « une personne tout à fait banale, normale avec une vie normale dans un quartier normal » à ce geste tragique qui lui, n’est en rien normal.

Pour sa mémoire, pour que cessent ces actes terribles, nous nous levons et refusons l’inacceptable : pour la dignité.

Solidaires SUD Emploi, SNU/FSUAC ! Actuchômage, CIP-idf, MNCP, Recours Radiations


Notes de la CIP-idf :

[1] Michel Sapin a osé déclaré que « tout a été fait, François Hollande pour sa part évoque un »problème personnel"... Alors que cet acte ne peut en aucun cas être réduit à une question purement individuelle lorsque, comme Djamal Chaar, 58% des chômeurs ne sont pas indemnisés, ce qui est une forme de violence sociale massive.

[2] La prétendue « hausse » du RSA annoncée il y a peu à grands renforts de com’ par le gouvernement se traduira... dans 7 mois par une « augmentation » de 23 centimes par jour de ce très faible revenu (425 € par mois). Une telle manipulation relève de l’insulte cynique.

Le 20 février à St Etienne

A Rennes

Lundi à Caen



Notes :

[1] C’est systématique que l’on veuille ainsi renvoyer à l’exception et/ou à la normalité les contradictions les plus vives, par exemple : Après une tentative d’immolation par le feu, tout est redevenu normal au Pôle emploi de Dieppe

[2] ...« la part des chômeurs indemnisés a stagné autour de 41 % en 2012"... », Le Monde, 16/2/2012

[3] « Répétition de l’indû », Unedic zone de non-droit

Pour une revue de détail du fonctionnement de Pôle emploi et de la logique qui y préside :

Outrage à Pôle emploi : Moi, personne quelconque de nationalité de hasard, déclare avoir été témoin des faits suivants

De l’autre coté du guichet : Pôle Emploi, la violence et l’ennui

Outragé, Pôle emploi mord la poussière

Un état partiel de la non indemnisation :

Le nombre de chômeurs en fin de droits a bondi en 2012

Difficile de savoir de combien exactement le nombre de chômeurs en fin de droits a bondi en 2012, tant les chiffres sont confus selon les sources qui les fournissent.

Selon Pôle emploi, la part des chômeurs indemnisés a stagné autour de 41 % en 2012, alors qu’elle est montée jusqu’à plus de 55 % dans les années 2000. Pire, en décembre, le nombre de chômeurs indemnisés ne progressait que de 5 % sur un an, alors que le nombre de l’ensemble des demandeurs d’emploi avait bondi de 10 % dans le même temps. Sur les 5 millions d’inscrits à Pôle emploi, seuls 2,2 millions perçoivent ainsi une indemnité chômage.

BOND DE L’ACTIVITÉ PARTIELLE

Mais l’Unedic se veut plus rassurant. L’organisme qui gère l’assurance-chômage calcule en effet de son côté un « taux de couverture », qui prend en compte à la fois les chômeurs indemnisés et ceux ayant trop travaillé pour percevoir une allocation. Selon ces chiffres, le nombre de chômeurs couverts par l’assurance-chômage atteignait ainsi 63 % fin 2011, un chiffre qui est resté relativement stable au cours de la crise, selon l’organisme.

L’Unedic estime que, si l’indemnisation recule, c’est d’abord en raison d’un bond de l’activité partielle des chômeurs. Au-delà de 110 heures travaillées dans le mois, un chômeur n’a plus le droit à une indemnité chômage, tout en restant inscrit sur les listes. En juin 2012, 603 160 chômeurs avaient ainsi trop travaillé pour être indemnisés, un chiffre record et qui a progressé fortement depuis le début de l’année.

98 000 PERSONNES EN DÉCEMBRE

Reste que le nombre de chômeurs en fin de droits a bien explosé en 2012. En décembre, 98 000 personnes sont arrivées au bout de leurs droits à indemnisation, alors qu’en 2011 ce chiffre ne dépassait pas les 90 000 par mois, selon l’Unedic. Le nombre de chômeurs bénéficiaires des minima sociaux a également explosé bien plus vite que le nombre total des chômeurs.

Il y a eu 14,4 % de bénéficiaires de l’allocation spécifique de solidarité (ASS) et 13,3 % de bénéficiaires du RSA de plus en un an. Deux allocations qui plafonnent à 470 euros par mois pour une personne seule et se traduisent bien souvent par une brutale perte de revenu pour les chômeurs concernés.

« PAS DE STATISTIQUES FIABLES »

La direction de Pôle emploi s’abrite derrière cette confusion de chiffres pour ne pas s’exprimer sur la réalité de la hausse des fins de droits. « Nous n’avons pas de statistiques fiables sur l’indemnisation », avance-t-on. A cette confusion s’ajoute l’extrême complexité des règles d’indemnisation, qui ne facilitent pas toujours la vie des chômeurs. Djamal Chaab, le chômeur qui s’est immolé à Nantes, n’avait pas compris pourquoi il ne pouvait pas percevoir son indemnisation, malgré le fait qu’il estimait avoir assez travaillé.

Autre écueil : les dossiers de constitution de demandes de l’ASS et du RSA ne sont pas plus simples. Pour obtenir l’ASS, il faut ainsi retracer ses dix dernières années de carrière et retrouver toutes les pièces justificatives qui vont avec. Pour le RSA, Pôle emploi renvoie les bénéficiaires potentiels vers les conseils généraux ou les CAF. Dans les deux cas, les procédures peuvent durer plusieurs mois, alors qu’elles concernent des chômeurs qui sont à l’euro près.

Jean-Baptiste Chastand, Le Monde 16.02.2013



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