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Politique de l’art 3.1, un entretien avec L.L. De MARS

Publié, le lundi 24 février 2014 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : lundi 24 février 2014


===== Texte ===== Propos recueillis par Pola, pour Le Monde Libertaire en hiver 2013 (Hors série n°53).

Pola : Bon, on va instaurer une règle du jeu un peu particulière pour cet entretien : je vais juste te donner un lot de citations, soit parce qu’elles sont de toi, soit parce qu’elles sont ou ont été à toi quand tu les as utilisées, tout ça hors contexte et parfois même tronqué ; et je te laisse y réagir comme tu le sens, dans la globalité ou le détail, comme tu veux... Donc :

« Rien ne distingue un psychotique qui braille seul contre ceux qui lui mettent des implants pendant la nuit pour l’espionner d’un artiste qui stigmatise une institution qui ne lui répond jamais » « Un film globalement inutile étant donné l’état des choses » « J’accorde mes actes à mes pensées au lieu de tirer des conclusions de mes actes » « Il y a un trucage obligatoire qui passe par la trahison du sens des mots œuvre d’art et artiste et, ce qui est plus tragique, de leur substance, pour rendre une quelconque collaboration possible avec l’institution » « Ars adeo latet arte sua » « Ça voudrait dire quoi ? Que J’ai une mission ? »
L.L. de Mars : — Je vais essayer de dévider un peu cette trame emberlificotée, d’en dégager les fils ; je vais commencer en tirant sur les derniers. Écarter tout malentendu sur l’éventuelle mission d’un travail artistique, ce sera déjà un point d’éclairci sur ce que j’entends par la pratique de l’art.

— Une mission place l’art derrière un horizon déjà formulé, comme une question à liquider plus ou moins habilement, une modalité à trouver pour l’atteindre. Je n’ai pas de mission ne signifie pas que j’avance sans but, comme une bête affolée, ou sans éthique comme une créature d’arrangements ; c’est réaffirmer combien, outre le fait que mon horizon n’est pas dessiné par avance, je ne suis pas là pour créer du lien social. Les œuvres d’art brisent le lien social parce que leur nature est de fragiliser les évidences sur lesquelles, précisément, il prétend reposer. Les œuvres d’art qu’on prendrait à tort pour des variations sur le thème de la communication naissent précisément dans ses fissures ; elles ridiculisent toute prétention à résumer le langage humain à des petits problèmes d’entendement et d’efficacité du discours. Elles pilonnent les tentatives de faire harmonie des désirs, de cristalliser l’infinie variété des possibles humains en quelque chose comme une civilisation. La velléité de faire des œuvres d’art la preuve même de l’existence d’une civilisation n’est imaginable qu’à la condition d’ignorer à tout moment de l’histoire la profonde dissonance, l’impureté, le désordre dans lequel elles désassemblent les désirs de clarté, les projets de présent harmonieux ou de futur triomphant. Il faut les méconnaître beaucoup pour croire qu’elles incarnent quoi que ce soit d’une nation, d’un peuple, d’un moment d’histoire. Elles ne rendent pas compte du monde. Elles offrent de nouvelles opportunités aux mondes.

Ce texte, composé sous forme d’entretien écrit pour Le Monde Libertaire, met au clair quelques pistes théoriques ouvertes dans Politique de l’art et en précise les notions. En ligne, une version pdf à télécharger





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