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Un coup de poing dans tes chiffres Cip-idf

Publié, le mercredi 26 février 2014 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : vendredi 7 mars 2014


Aujourd’hui, le Medef propose de supprimer les annexes 4, 8 et 10 du régime d’assurance-chômage. Dans un pays où, nous ne nous lassons pas de le répéter, plus d’un chômeur sur deux n’est pas indemnisé, le Medef, soutenu par une large campagne de presse, se propose de précariser encore une nouvelle partie des chômeurs.

On veut déshabiller Paul pour déshabiller Jacques

Hier, et encore aujourd’hui, c’était les intermittents qui étaient traités de privilégiés, chômeurs exorbitants du droit commun, incapables de vivre de leur art, assistés vivants aux dépens des travailleurs et des entreprises privées. On exhibait les déficits abyssaux que leur entretien enlevait aux autres, aux vrais chômeurs. La Cour des comptes annonçait des calculs aberrants, supposés démontrer combien le sort des artistes et techniciens était préférable à celui des travailleurs intérimaires [1] .

Et voilà que, soudain, ce sont aussi les intérimaires qui se retrouvent passer, comme par magie, du côté des profiteurs, des destructeurs de la solidarité nationale, des responsables de la dette publique. Pourquoi ? « Il y a un nombre croissant de nos concitoyens qui, en réalité, préfèrent l’intérim : meilleure rémunération, primes d’heures supplémentaires, une forme de liberté, et optimisent leur trajectoire avec une alternance d’intérim et de chômage. Disons les choses clairement : ce n’est pas toujours une stratégie subie. Il y a un déficit croissant de cette part d’assurance chômage, et ce n’est pas supportable. » Hervé Mariton, député de la Drome. Chargé du pôle projet de l’UMP, au 7/9 de France Inter, le 19 février 2014.

Monsieur Mariton dit, à mots encore couverts, sa vérité : le scandale est, à son sens, que quelqu’un puisse choisir son emploi. Décider pour qui on accepte de travailler, dans quelles conditions, à quel tarif, à quel moment, voilà qui est, pour ce député, non pas un droit, mais un privilège. N’est-ce pas une certaine manière de dire, dans une novlangue néolibérale, que les droits sont réservés à certains citoyens particuliers, entreprenants, serviteurs utiles du marché, d’autant plus concurrentiels ou asservis que terrorisés à l’idée de perdre leur droit, comprendre leur travail ou leurs bénéfices ? Aux autres, les incapables, les assistés, - on disait la canaille, on dit la racaille - on laisse la précarité. C’est à dire, de vivre non pas de leurs droits, mais de ce que la charité publique, le RSA veut bien leur abandonner [2]. En effet, l’humanité recommande de ne pas les laisser sans subsistance, et la prudence le commande surtout : sans revenus et désespérés, ne risqueraient-ils pas d’être tentés par le révolver et l’incendie ?

L’ennemi, c’est le taux de chômage (entendre le nombre de chômeurs). M. Gautier-Sauvagnac (négociateur du Medef pour l’assurance-chômage en 2003) l’avait dit en son temps à propos des intermittents : le problème ce n’est pas le déficit, c’est le nombre. Le problème de M. Gautier-Sauvagnac (condamné depuis à un an de prison pour gestion d’une caisse noire patronale destiné à « fluidifier le dialogue social », c’est à dire en français, corrompre des syndicalistes) n’est pas le nombre de personnes sans emploi, mais le nombre de chômeurs indemnisés. Nous disons depuis que ce que nous défendons, nous intermittents, nous le défendons pour tous. C’était un slogan qui, aujourd’hui, s’éclaire bien plus crûment : hier, les intermittents, aujourd’hui, les intérimaires, demain, à qui le tour ? On le voit bien, ce qui est insupportable - idéologiquement insupportable - à ces fanatiques de l’équilibre prétendu des comptes, c’est que d’autres que les privilégiés de l’économie libérale, les nouveaux rentiers, puissent jouir des mêmes droits qu’eux, bref de disposer de temps libre, de choisir ses activités et de se réjouir de son travail.

L’arme majeure de ces apôtres du travail forcé est la culpabilisation. Pour bien faire entendre qu’un droit n’est qu’une rapine obtenue par la prière, on multiplie les contrôles, les radiations, les refus arbitraires : doit-on rappeler que le document le plus fréquemment édité par les ordinateurs de Pôle Emploi est le formulaire de refus d’ouverture de droits ? Chacun sait que, plus on est pauvre, plus on est suspect, et plus il est difficile d’effectuer le chemin administratif qui permet de toucher l’argent dont on a le plus urgemment besoin. Cette arme n’est pas sans efficacité. La mission d’Étienne Pinte, président du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE), le signalait : « Si les fraudes aux systèmes d’aide sociale représentent 500 millions d’euros, c’est 5 milliards d’euros de droits sociaux théoriquement ouverts qui ne sont pas réclamés » [3].

Le Medef et ses porte-paroles veulent nous faire croire que l’économie, les comptes publics, donc la politique, obéissent à des lois aussi intangibles que les lois physiques : prétendre contester leur politique de rigueur comptable, pratiquée depuis des lustres par les gouvernements de droite comme de gauche, serait aussi stupide que d’insulter les nuages qui passent dans le ciel.

Il n’en n’est rien. C’est pourquoi nous rappelons ici ces quelques vérités : Refuser un emploi est un droit, et non un privilège. Oui, nous prétendons préférer parfois chômer que travailler. Oui, il n’y a rien de scandaleux à vouloir être employé dans une activité rémunérée, choisie, et pratiquée dans le plaisir. A quel titre prétend-on nous imposer l’inverse ? Oui, les droits ont souvent semblé scandaleux avant d’avoir été conquis. La liberté de pensée a longtemps été le privilège d’aristocrates qui jugeaient dangereux de partager l’exercice de celle-ci avec n’importe qui.

Aujourd’hui, nous sommes intermittents, parfois aussi intérimaires, travailleurs au noir, voire auto-entrepreneurs, RSAstes, sans droits, salariés encore permanents, stagiaires,... Nul ne peut se croire protégé, s’il ne commence, collectivement, par se battre contre les vrais privilégiés qui prétendent nous dépouiller peu à peu de nos droits.

Encore une fois, ce que nous défendons, nous le défendons pour tous : un régime d’assurance chômage juste, équitable, mutualiste, élaborés par les premiers concernés.

Paris, le 26 février 2014

Coordination des intermittents et précaires (idf)

Jeudi 27 février

13h Rassemblement devant le MEDEF, 55 avenue Bosquet Métro école militaire

14h Manifestation, rdv au Palais Royal pour aller au Medef

Attention : Le Medef, l’UPA et la CGPME arrivent à la négociation de ce jeudi 27 février 2014 pour proposer la suppression du régime des intermittents du spectacle ainsi que celui des intérimaires.

Chômage, intermittence, ni destruction, ni « sauvetage », de nouveaux droits ! Cip-idf



Vidéo Riposte 3 : propositions pour les annexes 8 et 10 de la convention Unedic

Après bien des soucis avec une Ville de Paris qui s’était pourtant engagée à nous reloger, la coordination a dû déménager pour éviter une expulsion et le paiement d’une astreinte. Nous sommes actuellement hébergés à la commune libre d’Aligre.

Pour partager infos et expériences, ne pas se laisser faire, agir collectivement, passez aux permanences, les lundis de 15 à 18h au Café de la Commune Libre d’Aligre, 3 rue d’Aligre, Paris 12ème, Tel : 01 40 34 59 74

Beaucoup d’argent parce que je suis nombreux



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