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Farce Ouvrière (FO), un bêtisier

Publié, le samedi 24 mai 2014 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : samedi 24 mai 2014


FO prétend sauver une assurance chômage qui n’indemnise que quatre chômeurs sur dix en signant un accord qui à l’évidence précarise encore plus les chômeurs

FO signe le 22 mars 2014 un copié-collé de l’accord contre les intermittents de 2003 qu’il n’avait de cesse de dénoncer

FO appelle tous les jours à une grève générale pour s’entendre en une nuit en catimini avec le MEDEF sur un accord qui diminue les droits des chômeurs

FO oublie durant neuf heures ses camarades de la CGT, isolés dans une salle de négociation, pendant qu’eux négocient en secret avec le Medef pour ensuite appeler à l’unité syndicale

FO s’imagine sans doute que la CGT elle aussi a signé l’accord du 22 mars

FO n’imagine qu’une forme possible de théâtre : celui inventé en 1680 pour la Comédie Française avec des comédiens permanents, répétant huit semaines leurs spectacles

FO fait comme si le plein emploi durable était pour demain et refuse de prendre en compte la réalité qui est que plus de 84 % des embauches se font en CDD

FO ne doit pas connaître Jaurès qui disait « aller à l’idéal et comprendre le réel »

FO pense que Jaurès est une station de métro

FO réclame plus de moyens pour les théâtres, mais a annoncé en AG que la réouverture du Théâtre Paris-Villette par la Ville de Paris avec des moyens encore réduits est une victoire

FO a un service d’ordre qui a frappé des intermittents et même des femmes enceintes lors du défilé du Premier Mai à Paris

FO accueille les salariés précaires, intérimaires et intermittents venus demander des explications et le retrait de leur signature de l’accord dans ses locaux de Nice en leur balançant des chaises à la figure

FO est opposé au plafond de cumul salaires/indemités, parce que les hauts salaires, ça se mérite

FO trouve que revendiquer une garantie de revenu, c’est « pétainiste »

FO trouve scandaleux que les chômeurs, les précaires, les intérimaires, puissent préférer avoir d’autres représentants que FO

FO dit n’importe quoi

Nous n’avons rien à dire à FO

Si ce n’est : quelle est la vrai raison qui vous a poussés le 22 mars à signer un accord que vous dénonciez la veille ?

Quelle incitation aussi magique que puissante vous a amenés à signer avec le Medef ?

« La moindre des choses était de réagir » ou quand les précaires rencontrent FO au défilé du Premier Mai

Pour ce Premier mai, nous autres, précaires, avions fait le choix de ne pas défiler mais de donner rdv pour un point fixe afin de faire entendre à tous les cortèges que « ce que nous défendons, nous le défendons pour tous ». Réunis depuis la matinée dans une ambiance festive, chômeurs, intermittents, postiers, étudiants, intérimaires, mal logés, avec ou sans papiers, nous avons manifesté sous une banderole de 16 mètres tendue entre deux immeubles où il était écrit « contre la précarisation, convergence des luttes ! » et qui obligeait les syndicats à baisser leur gros ballons publicitaires. Allant à la rencontre du défilé officiel, nous avons scandé notre volonté de convergence qui a résonné différemment à chaque cortège, entre indifférence et soutien. Certains se sont arrêtés un moment pour échanger avec nous, clamant leur soutien à cette nécessité de convergence, d’autres ont continués leur chemin en criant un « solidarité » au passage, attrapant un tract, échangeant parfois des sourires.

Nous étions là pour protester contre les négociations sur la convention Unedic qui ont eu lieu dans les locaux du medef et ont abouti à la signature de l’accord immonde sur l’assurance chômage le 22 mars dernier. Cet accord a été signé entre autres par les partenaires asociaux FO (Farce Ouvrière) et la CFDT (Confédération Française Des Traitres).

FO ayant choisi de se joindre au défilé « unitaire » du 1er mai, son arrivée n’est pas passée inaperçue. Récit.

1.

On appelle « Menuet » cette guerre de mouvement, par analogie avec la danse du même nom : les guérilleros encerclent une colonne en marche, avec 5 ou 6 hommes à chaque point cardinal, suffisamment éloignés les uns des autres pour n’être pas à leur tour encerclés. L’un de ces groupes amorce le combat ; automatiquement la colonne se concentre sur celui-ci. A ce moment, ces guerilleros reculent, en gardant toujours le contact avec l’ennemi, et l’attaque alors recommence, venant d’un autre groupe.

E. Che guevara, « La guerre de guerilla ».

Quand le cortège de FO, qui a signé contre les chômeurs, rencontre le point fixe des précaires en lutte cela commence par un tollé retentissant de notre part, un « hou » qui remonte le long des rues résonnant sur les façades. Leur cortège s’arrête à une dizaine de mètres de notre banderole et leur SO resserre les rangs pour se préparer à leur passage. De notre coté nous avançons progressivement sur le concrete. Une pluie crépusculaire se met à tomber. Ils finissent par avancer, doucement. Et nos premières remontrances fusent :

« Vous avez signé contre les chômeurs. »
« Le différé qui recule les droits, les surcotisations, c’est grâce à vous que nous allons encore perdre des droits. »
« Rentrez chez vous, vous n’avez rien à faire dans cette manif. »

Chacun y va de sa petite phrase assassine. Le tout s’envenime lorsque certains d’entre nous décident de stopper la voiture et de monter sur le capot. A partir de là, ça se transforme vraiment en guerilla. C’est difficile pour eux car nous sommes à la fois sur les bords mais aussi à l’intérieur de leur cortège. Ils nous repoussent mais nous avançons sur eux sur différents cotés. Par 2 ou 3 fois nous sommes tout contre eux dans un jeu de forces contraires assez violent. Les coups viendront de leur coté, béquilles, coups de poing. Les quelques fachos de leur groupe s’en donneront à cœur joie. L’un d’entre nous verra son nez en sang ce qui déclenchera une nouvelle offensive désarticulée de notre part. On se prend et on se jette. Les bras et les paumes ouvertes devant soi poussent le torse adverse vers l’arrière. Le mouvement se finit par un balayage de dénigrement de la main. On sent qu’ils ne comprennent pas toujours pourquoi on s’en prend à eux. On les interpelle :

« La convention d’assurance-chômage, la convention d’assurance-chômage ! »
« 400 millions d’euros d’économie fait sur le dos des plus fragiles ! »

Nous tenterons quand même de leur dire qu’ils sont la base et qu’il faut qu’ils fassent comprendre à leurs donneurs d’ordre qu’ils se sont plantés. Mais sur le moment il n’est pas question de négocier. Leur progression est difficile. Le camion est passé (ainsi que le carré VIP de 20m sur 20, vide, avec juste une ou deux huiles du syndicat signataire dedans) mais la voiture avance par à-coups. Il se passe d’autres choses suivant que l’on est d’un coté ou de l’autre du trottoir, au centre ou devant. Ils finissent par sortir de notre nasse et leur SO s’est regroupé en ligne arrière. Ils avancent à reculons et nous continuons d’avancer sur eux. Peu à peu la distance nous écarte et nous nous replions sur notre point fixe. Le cortège de la CNT, juste derrière eux, attentive durant l’assaut, avait stoppé sa marche et la reprend désormais. La corde du bas de notre banderole a cédée et une partie de la toile est venue recouvrir les mots « contre » et « convergence » ce qui dessine un nouveau slogan : « précarisation des luttes ».

Comment un syndicat « ouvrier » a-t-il pu se compromettre autant dans ces négociations ?

On nous a parfois reproché d’être par moments violents dans des actions. La réalité est à chaque fois tout autre. Nous sommes là pour protester, agir face à une violence institutionnelle qui nous est faites. Nous répondons par des banderoles, des slogans, de la pédagogie, jamais par des coups. Les coups sont toujours donnés par l’adversaire et c’est bien nous qui les prenons. Qui s’est opposé ouvertement et fermement à cet accord nocif ? Combien de temps durera encore cette refondation « sociale » [1] sans qu’aucunes réactions ne se fassent entendre ? Jusqu’où iront-ils pour détruire nos vies ?

J.

2.

Ce qui s’est passé est l’expression d’une colère légitime. Quand en 2004 la CFDT a été chahuté partout, ça n’a posé de problème à personne [2].

Eh bien je le dis, je préfère la CFDT à FO. Pourquoi ? Parce que la CFDT annonce la couleur. Elle signe la saloperie de pacte de responsabilité. Elle se déclare partenaire du gouvernement. Et à ce titre-là ne veut pas défiler avec la CGT et FO le Premier mai. C’est clair. La CFDT est partenaire du MEDEF, on le sait depuis longtemps, ce sont des clones et clairement nous luttons contre eux depuis le début.

FO ne signe pas ce pacte, appelle à la grève sans jamais la faire, distribue des tracts avec 507 h, 12 mois, date anniversaire ou rien, distribue des tracts contre la précarité et la suppression de l’annexe 4, et le soir même signe cette saloperie d’accord. C’est immonde.

Et maintenant, ils écrivent des textes bourrés de conneries où ils font tenir à la CIP des propos que nous n’avons jamais tenus. Au moins, quand nous analysons leur justification, nous partons du document officiel signé J-C Mailly. Leur positionnement de tartuffes leur permet d’apparaître avec un joli visage au côté de la CGT, ce qui empêche d’ailleurs nos camarades du SFA de rester à leur passage. Je peux comprendre leur position : les deux confédérations font front commun sur le pacte de responsabilité, inimaginable de jouer la division. Et en dehors de cela, par principe, un syndicat de salariés lors d’un défilé ne s’affronte pas à un autre syndicat de salariés. Mais il y avait des camarades de la CGT avec nous, à titre individuel, debout devant les bagnoles (avec, il est vrai, d’autres qui les suppliaient de se barrer).

Notre action a consisté à se tenir debout devant une bagnole, et personne d’entre nous, je dis bien personne, n’a agressé physiquement les gens du cortège de FO. Les petits fachos du Service d’Ordre qui sont venus nous « bousculer » par derrière et par surprise, cranes rasés, gants noirs (il ne manquait plus que la batte de baseball) ont fait au moins 3 blessés sans compter les coups de poing dans le ventre contre des femmes (dont une enceinte), présentes sur le côté.

Quant à l’argument de FO selon lequel « le Medef voulait supprimer le régime des intermittents et FO nous a sauvés », c’est le même que celui de la CFDT en 2003 - que FO critiquait alors fortement en hurlant « grève générale » (mais grève, ils ne la font jamais). Et si les adhérents de FO s’imaginent que leur syndicat a signé pour des raisons « objectives » de défense des droits des chômeurs, c’est qu’ils sont sous hypnose. FO aurait signé quel que soit le texte (la preuve, ils ont signé pour les annexes 4, 8 et 10 un texte en tout point en désaccord avec leurs propositions). FO a besoin de fric. FO veut reprendre la main sur l’assurance-chômage qu’il a perdu en 1990. C’est de la stratégie de boutique. C’est la seule et vraie raison. Il n’y en a pas d’autre. FO, c’est ce qu’il y a de pire en terme de trahison. Et c’est effectivement désolant pour celles et ceux qui défilaient et n’étaient au courant de rien. Quand tu défiles avec la CFDT, c’est clairement l’allié du Medef. Quand tu défiles avec FO, tu ne sais pas que tu défiles avec le Medef et la CFDT. C’est de la haute trahison.

S.

3.

Ce Premier mai à Rennes, à l’appel de la CIP-Bretagne, du MCPL et du CLOU, une Manif/action pour la dissolution du MEDEF - « Rien à carrer des miettes, on veut le Gattaz ! », défilait devant FO en leur faisant une haie d’honneur en scandant « signataires ! ». Après avoir défilé au côté de la CGT contre le MEDEF (oui, ils sont gonflés, n’est-ce pas ?), ils étaient tout honteux d’entendre ces remontrances, et, sous les huées des chômeurs, précaires et intermittents, ont maugréé des « mais ce n’est pas juste, ce n’est pas de notre faute »…

Message de la CIP-Bretagne

4.

Tract diffusé à Besançon lors ce Premier Mai, Toi militant(e) Force Ouvrière

FO sauve les meubles à coups de chaise

Le 8 avril déjà, c’est à Nice que la coordination des intermittents et précaires avait rendu visite à FO

La Coordination des intermittents du spectacle des Alpes Maritimes a investi les locaux de Force Ouvrière, boulevard Gorbella à Nice.
Ils demandaient une entrevue avec le secrétaire départemental Mr Franck Hausner pour répondre à leurs questions au sujet de la grande traitrise du syndicat FO lors de la (fausse)négociation de l’accord de l’UNEDIC signé avec le Medef concernant les précaires en général et les intermittents du spectacle en particulier.

Après un accueil à coups de chaises assenés par le personnel de FO, heureusement maitrisé par la police qu’ils avaient préalablement appelé dès notre arrivée, Mr Hauser nous reçoit rapidement bien qu’il soit « absolument injoignable ».
Dès lors nous lui demandons de signer notre pétition contre l’agrément de l’accord. Bien entendu, il refuse, nous lui demandons donc pourquoi ce revirement de FO qui compte parmi ses syndiqués des travailleurs du spectacle. Nous lui rappelons que cet accord est l’aggravation de celui existant que le syndicat dénonçait en 2003. Mr Hausner nous informe que FO a négocié sans sa base, et il a été intimé par Paris de ratifier cet accord jeudi dernier.

Il reconnait que cet accord n’est pas parfait, disant qu’il « sauvait les meubles ». Après une explication approfondie de notre part, il nous avouera que le texte est réellement plus que mauvais mais qu’il est impossible pour lui d’outrepasser les directives de la tête du syndicat. De ce fait,il ne signera pas notre pétition ayant déjà ratifié aveuglement l’agrément ordonné par sa hiérarchie.

Néanmoins, il s’est engagé à faire remonter en hauts lieux nos revendications et, très pragmatique, nous a suggérés d’adhérer à FO moyennant une cotisation de 130€ avec une petite ristourne pour notre délégation..

Pour conclure, la base de FO n’approuve pas l’agrément, mais ils sont pieds et poings liés pour véritablement défendre les salariés qu’ils sont sensés défendre...





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