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Message à tous les militants sincères et engagés de la CFDT.

Publié, le mardi 3 juin 2014 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : mardi 3 juin 2014


Camarade,

Ton syndicat tient son 48è congrès à Marseille du 2 au 6 juin. C’est l’occasion d’interroger ses dirigeants et leur demander de rendre des comptes sur l’accord UNEDIC qui brade les droits des salariés privés d’emploi au profit du patronat [1]. Tu peux les croire quand ils publient un tract mensonger « assurance chômage – l’accord sauvegarde le régime des intermittents » (15/05) ou refuser cette propagande et faire naître dans ton syndicat la vérité sur des turpitudes qui déshonorent chacun de ceux que les signataires de cet accord scélérat représentent.

Demande aux dirigeants de ton syndicat pourquoi ils ont accepté en signant de nier que la perte de l’emploi est un préjudice pour le salarié ! [2] A travers le différé d’indemnisation spécifique, le salarié voit son indemnisation repoussée jusqu’à épuisement de ses indemnités supra-légales pour une période pouvant aller jusqu’à 180 jours ! Ces indemnités permettent à un salarié âgé de quitter son emploi avant de pouvoir faire valoir ses droits à la retraite. Ces indemnités permettent aux victimes de plans sociaux de faire face aux conséquences de ce dernier. Ces indemnités qui réparent le préjudice d’un licenciement abusif sur décision du tribunal des prud’hommes. La CFDT se range aux thèses de Peter Hartz : le chômeur, coupable de son chômage, doit payer pour ce dernier sur ses ressources avant d’avoir accès à une allocation [3].

En acceptant d’entériner cette mesure, les dirigeants de ton syndicat donnent carte blanche aux patrons-voyous pour licencier à vil prix n’importe qui, n’importe comment ! Les Prud’hommes subissent une attaque de plus et cette attaque est mortelle : c’est leur principale prérogative - juger du droit en cas de licenciement - qui est remise en cause [4].

Demande aux dirigeants de ton syndicat pourquoi ils ont entériné, à travers les droits rechargeables, la précarisation généralisée du marché du travail et pourquoi ils acceptent que cette mesure présentée comme un progrès social favorise l’acceptation par un demandeur d’emploi de n’importe quel emploi dans n’importe quelles conditions devant la permanente nécessité de recharger un « capital » (terme utilisé dans l’accord) de droits à allocations [5]. Cette forfaiture était déjà dans l’ANI (accord national interprofessionnel) du 13/01/2013.

Demande aux dirigeants de ton syndicat pourquoi l’annexe 4 est vidée de toute substance et pourquoi les intérimaires voient leurs règles d’indemnisation alignées sur le régime général ; cette attaque fait suite passage en 2011 des saisonniers au régime général et à la réforme de l’intermittence de 2003 [6].

La disparition du régime spécifique de l’intérim au nom de la mise en place des droits rechargeables démontre que la norme est bien désormais la précarité de l’emploi.

Demande aux dirigeants de ton syndicat pourquoi les annexes 8 et 10, qui ont été durement frappées en 2003 sont à nouveau durcies et pourquoi ils ont accepté de priver de toute indemnisation un intermittents dès 900 euros de salaire mensuel par un différé d’indemnisation qui peut très vite atteindre 1 mois. Cette mesure est totalement injuste et frappe en priorité les revenus les plus faibles. Ce différé touche 48% des intermittents, alors que l’ancien différé, mis en place pour les salaires les plus élevés touchait seulement 9% des intermittents.

Demande aux dirigeants de ton syndicat pourquoi ils ont laissé s’installer mensonges et manipulation des chiffres préparer le terrain et l’opinion dans cette négociation qui aboutit à un accord scélérat.

Demande aux dirigeants de ton syndicat pourquoi ils rejettent les propositions alternatives, plus justes et plus économiques, de réforme [7] pour mieux accepter de se compromettre avec le MEDEF.

Demande aux dirigeants de ton syndicat quels sont les intérêts qu’ils ont réellement défendus et quels bénéfices ils ont tirés de cette négociation. Demande aux dirigeants de ton syndicat si cette négociation aboutira comme celle de 2003 à la condamnation du négociateur de l’UIMM à de la prison pour avoir corrompu des dirigeants syndicaux.

L’Histoire peut retenir que la CFDT a vendu les droits sociaux construits au lendemain de la guerre pour le bénéfice de quelques uns de ses permanents et contre l’intérêt général. Elle peut aussi retenir que ses militants ont su, lors de son 48è congrès, rendre son honneur et sa dignité à la CFDT en se débarrassant d’une clique de dirigeants corrompus et en reniant les accords conclus par ces derniers dans des conditions iniques au seul profit du MEDEF.

CAMARADE, C’EST A TOI QUE REVIENNENT AUJOURD’HUI CE CHOIX ET CETTE RESPONSABILITE.



Notes :

[1] Deux millions six cent mille privilégiés en France. Combien de temps ce scandale va-t-il durer ? Tract

[2] Nouveau différé d’indemnisation de l’ANI du 22 mars 2014 : La double peine pour le salarié victime d’un licenciement injustifié - SAF

[3] Peter Hartz figurent parmi les concepteurs des lois qui ont détruit les droits des chômeurs sous le gouvernement Schröder (SPD) en Allemagne. Ces lois servent désormais de modèle à adopter, au gré des rapports de forces, pour les dirigeants de divers pays européens, dont la France et l’Italie. On trouvera un bilan critique de cette politique dans l’article qui suit Dette et austérité, le modèle allemand du plein emploi précaire.

[4] Notons que depuis des années les patrons veulent supprimer les prud’hommes. La juridiction prud’homale est en effet la seule instance légale de ce pays qui fasse exception à la justice de classe (où triomphe le plus souvent la défense de la propriété privée et de l’ordre social actuel) puisqu’elle reconnait, dans la majorité des cas dont elle a à traiter les droits du salarié face à son patron. Aucun gouvernement n’a osé agir frontalement. Il parait moins risqué de réaliser de telles (contre) « réformes » par la bande et sous le manteau, par exemple en agréant la convention Unedic - merci aux partenaires « sociaux » qui légitime de tels reculs ; il s’agit d’éviter d’être confronté à une contestation qui pourrait s’affranchir des bonnes manières capitalistes, c’est-à-dire du respect de l’économie et de ses « pactes ».

[5] On en a marre de la culpabilisation et de la mise au travail forcée : Ni emploi forcé, ni culpabilisation, ni management, grève des chômeurs !.

[6] Tout cela a été théorisé, élaboré dès les années 1990, voir « Refondation sociale » patronale : Le gouvernement par l’individualisation, Maurizio Lazzarato.

[7] Voir, par exemple : Contre-propositions pour une réforme de l’assurance-chômage des salariés intermittents.



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