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Lettre ouverte d’un mouvementé à Olivier Py

Publié, le mercredi 2 juillet 2014 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : mercredi 2 juillet 2014


Cette lettre ouverte répond aux propos d’Olivier Py dans l’émission le Supplément de Canal +, le 29 juin 2014. Olivier Py, parlant de Montpellier Danse et de l’annulation de la première de Angelin Preljocaj : « Il avait dealé avec eux qu’il leur laissait un temps de parole et qu’ils le laissaient jouer et ils l’ont arnaqué... ... Non, ce ne sont pas des intermittents, ce sont des casseurs » [1].

Alors, Olivier Py, vous voulez qu’on vous attaque en diffamation ?

Montpellier,
1er juillet 2014,
premier jour de destruction des acquis sociaux du Conseil National de la Résistance par la nouvelle convention sur l’assurance chômage.

1 Un mouvement unitaire (coordination des intermittents et précaires, syndicats de salariés CGT spectacle, Sud-Culture, de journalistes SNJ CGT, syndicats d’employeurs, SYNAVI, SMA et organisations professionnelles Fédé des Arts de la rue) en lutte depuis 4 mois contre l’accord UNEDIC, qui en vient d’un seul homme à occuper un plateau de danse à plus de 300 personnes, après avoir tenté de convaincre de se mettre en grève en solidarité avec le mouvement, ici, et la grève du printemps des comédiens, un artiste chorégraphique (Angelin Preljocaj) venu à notre rencontre dans une de nos AG, nous dire « qu’il était prêt à tout » pour finalement refuser l’idée de quelque grève que ce soit, ou d’autres formes d’actions fortes, ne comprenant pas que la seule chose qui ait fait reculer le gouvernement (un peu seulement [2]), c’est la grève (de 27 jours) au Printemps des Comédiens et tout ce qui en a découlé partout en France, qu’on allait pas se mettre à poil sur le plateau pour faire une « action forte » (comme il le proposait), non, nous n’en étions pas là, nous, conscients de la « puissance du nous » [3] et de la justesse de notre lutte face à la trahison politique et sociale qui nous était opposée... Non Monsieur Py, un mouvement unitaire n’est pas une bande de casseurs !

2 Que tous ceux qui étaient sur les plateaux de Montpellier Danse (pour la plupart des artistes et des techniciens du monde du spectacle en Languedoc-Roussillon avec des compagnies soutenues par les collectivités territoriales et l’état pour beaucoup d’entre eux), lèvent le doigt !
Nous étions sur le plateau de Montpellier Danse pour signifier notre colère à Montpellier Danse. Qui organise un vote sur une question pas très claire sur une grève sur la soirée d’ouverture (puis plus rien) sans véritable AG, juste avant pour que les salariés puissent se sentir ensemble en train de partager un avis collectif sur la situation et les réponses faites, sans non plus de rencontre préalable récente des salariés avec le mouvement unitaire, indépendante de la direction, et peu de temps avant le vote du personnel, qui fait voter ensemble tous les salariés, qu’ils soient jeunes vacataires, permanents, techniciens intermittents ou artistes accueillis, sans les informer clairement…
Montpellier Danse qui ne communique pas sur les annulations à cause des personnels en grève qui font valoir leurs droits de grève individuellement (techniciens intermittents ou personnels d’accueil), Montpellier Danse qui nous accuse de ne pas respecter la démocratie, alors qu’ils sont à deux doigts de remplacer chaque gréviste (Comme ce fut le cas à Marseille, alors que c’est interdit par la loi) et que ceux qui sont en lutte, à l’intérieur, sont isolés, accusés, mis sous pression, et menacés de black listage, interdits de séjour pour les années à venir (bienvenue dans le monde des directeurs sympathisants socialistes et leur sens et connaissance des droits sociaux, syndicaux, et plus généralement des salariés en lutte pour ces droits !).

En face de nous, ce 22 juin, nous avions dans le public, des amis amoureux de la danse, des journalistes solidaires (pas tous bien-sûr) de notre mouvement et de notre action si terrible et jusqu’au-boutiste soit-elle ! Et même des spectateurs solidaires ! [4] Une spectatrice expliquant même à Monsieur Preljocaj, après qu’il ait bien voulu s’exprimer, que « nous avions magnifiquement traité son sujet » !

Alors Monsieur Py, pour vous maintenir là où vous êtes parvenu et pour obtenir notre respect, merci de ne pas colporter la rumeur sans fondement, les jugements sans appel, la manipulation médiatique d’une direction en dessous de tout humainement, et de ne pas vous même propager des rumeurs abjectes sur les « casseurs » de Montpellier !

Allez expliquer à un technicien gréviste de Montpellier pendant 27 jours, qui a sacrifié jusqu’à 200 heures de travail pour certains, et par là le renouvellement de ses droits sociaux, avec des heures travaillées depuis 10 mois qui ne compteront plus pour le futur calcul de ses droits, qu’il n’est qu’un casseur avec un tel engagement, qu’il a sacrifié tout ça pour rien et qu’il peut rentrer chez lui pleurer, parce que le monde de Montpellier Danse veut jouer, que les chorégraphes (la plupart à ce jour mais l’histoire n’est pas terminée) de Montpellier Danse ne comprennent pas que se vendre à tout prix, jouer à tout prix, c’est se suicider, c’est signer l’accord UNEDIC, et le « pacte de responsabilité » avec le MEDEF, pour espérer tuer ses concurrents danseurs et garder pour soi, les quelques subsides d’état ou d’ailleurs, qu’on voudra bien encore leur donner pour quelques temps avant qu’ils disparaissent à leur tour, parce qu’ils n’ont pas compris à temps que l’intérêt collectif prévaut sur l’intérêt personnel et que l’un découle de l’autre !

Faites lui la leçon, Monsieur Py, à ce technicien gréviste, et vous verrez qui a la parole la plus forte, qui a la raison avec soi, qui a l’intelligence et la justice, la véritable justice avec soi...

Nous, ici, nous sommes fiers et heureux de le connaitre ce technicien gréviste du Printemps des Comédiens.

Et quand nous étions tous ensemble sur le plateau de l’Opéra Comédie pour la première de La Traviata (un spectacle de Scarpita, un autre pourfendeur des droits des salariés...), quand nous étions sur le plateau de l’Agora pour « empêcher » Monsieur Preljocaj de jouer ou de se desservir lui-même (pour la petite histoire, certains de ses danseurs ont hésité à danser, ces jours-là, pour la petite histoire aussi Monsieur Preljocaj avait demandé à une poignée d’entre nous, à quelques minutes de la représentation, de ne pas déranger sa série de représentations, en échange de quoi, il accepterait seul d’annuler sa première en solidarité avec le mouvement, ce à quoi nous avons répondu que nous ne pouvions anticiper les décisions et votes de notre assemblée générale souveraine...)…
Quand nous étions 300 et plus (avec tous ceux qui nous ont vu le faire de loin et nous ont applaudis, cela fait beaucoup plus), sur ces plateaux de Montpellier Danse, face au public, nous sentions fort en nous battre le sang de la raison, de la vérité et notre soif de justice sociale, face à la trahison qui nous était opposée, face au mépris et à la manipulation médiatique que nous subissions, nous sentions que nous étions nombreux, déterminés, tous ensemble, presque joyeux de traverser les murs du silence et de l’aveuglement contre nous dressés à la hâte.

Nous étions nombreux, nous étions un seul homme, ou une seule femme, multiples et unis malgré nos divergences et nos incompréhensions, parce que notre combat est légitime, intelligent, créatif, constructif. Nous étions vivants, c’était la première fois depuis si longtemps que par la puissance du nous, par la libération de notre désir de justice sociale, nous pouvions nous sentir aussi vivants tous ensemble, comme une société devrait le permettre à tous. Oui, nous sommes vivants !
Et la mort, la casse, les casseurs, les démissionnaires, les inhumains, les manipulateurs, les pervers narcissiques, les despotes, les anti-démocrates, ils sont en face de nous, ce sont tous ceux qui veulent nous réduire à l’esclavage moderne et nous faire taire coûte que coûte pour servir un dessein apocalyptique et décadent de gens de pouvoir, dont vous êtes maintenant Monsieur Py, et cela ne vous honore pas, au service de la destruction de toutes formes de société qui seraient encore un rempart au monde néo-libéral [5].
Nous sommes vivants, nous sommes justes, nous sommes vibrants, nous sommes en lutte pour nos droits et nous allons combattre parce que nous avons des propositions et qu’elles doivent être entendues, parce que nous sommes nombreux, beaucoup plus nombreux, et que ce que nous défendons, nous le défendons pour tous !

Nous sommes les meilleurs experts de nos vies qu’il se puisse trouver ! Et en nous dressant tous ensemble sur le plateau des reniements des autres, nous l’avons vécu et senti dans nos chairs, dans nos âmes, dans nos coeurs et nos esprits ont compris que là, en grève où sur un plateau empêché, dans une DRAC ou une DIRECCTE, là était le sens de notre vie, là était la sauvegarde des biens communs.

Et aujourd’hui, nous sommes plus forts de ça, nous sommes sages et en cohérence, enfin avec nos idées.
Et nous venons vous voir Monsieur Py, ce soir, demain, pour vous en parler, et vous expliquer la vie, la vie ensemble, la vie du peuple, que vous avez perdu de vue. Revenez à vous, Monsieur Py, avant qu’il ne soit trop tard ! Pour vous et pour nous. Merci. À tout de suite.

PMP





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