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A propos de la réforme du chômage, un intermittent de la restauration

Publié, le dimanche 6 juillet 2014 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : dimanche 6 juillet 2014


Il est temps d’interpeller l’opinion publique, les instances décisionnelles, les professionnels de l’hôtellerie, des domaines événementiels ainsi que mes collaborateurs intermittents de la culture et du spectacle. Je suis un homme de 36 ans, père d’un enfant de 4 ans qui a le droit et le besoin de vivre avec moi. Je suis un professionnel de la restauration (M. Valls dînait sur une prestation où je collaborais, avec 26 intermittents sur 30 employés, en pleine actualité du sujet).

Je travaille de par ma situation de façon précaire, en vacations pour un gros organisateur d’évènement parisien et un restaurant qui sans nul doute trouvent bien plus d’avantages à l’assistance d’une assurance chômage spécifique que moi-même ou mes collègues, contraints à des astreintes récurrentes mensuelles comme pointages, justifications d’activités et rendez-vous obligatoires [1].

Je suis choqué lorsque je regarde la réforme de l’UNEDIC qui est mise en place. Toute notre branche d’activité est amenée à disparaître, d’une seule décision, il va en découler que nous allons être spoliés de près de 20% de nos revenus annuels d’un claquement de talons ! Mais ça c’est un détail, nous sommes des bosseurs, c’est le vide juridique sans commune mesure que l’on contraint ces intermittents-là à subir qui est scandaleux.

Le gouvernement oriente la nouvelle annexe 4 des intérimaires [2], contraignant ainsi les travailleurs à accepter des taux horaires toujours plus revus à la baisse, pour satisfaire de nouveaux intermédiaires (agences et état) se servant sur les revenus de notre travail. Il n’y aura plus aucune indemnisation d’accordée lorsque nos revenus mensuels égaleront nos indemnités chômage toujours plus dérisoires. J’ai toujours pensé que notre hyper flexibilité trouvait son sens au fait de nos indemnités ; que les employeurs s’y retrouvaient et que les gouvernements s’évitaient, dans un domaine de plus, une tâche trop besogneuse. Je dois apporter des précisions sur les contextes et normes auxquels nous sommes exposés.

Il nous est imposé jusqu’à plus de 250 heures de travail mensuel lorsque cela est nécessaire aux yeux de nos employeurs. Si nous ne répondons pas favorablement à ces exigences, nous nous voyons privés de planning sur plusieurs semaines.

Nous sommes régis par la convention collective Café Hôtel Restaurant (CHR) qui ne tient aucun compte dans ses 283 pages du travail fourni jusqu’à minuit ou 2 heures du matin, du travail par obligation des samedis, des dimanches et des jours fériés, aucune indemnisation sérieuse, aucune majoration horaire concrète n’existent en 2014 pour pallier ces situations. Aucune considération non plus du fait que les transports en commun n’ont aucune utilité pour nous dans le cadre de nos amplitudes horaires. Imaginez-vous seulement nos frais en carburant.

Les échos médiatiques actuels ne rapportent jamais la situation qui se présente aux dizaines de milliers de précaires répondant aux besoins d’activités événementielles et culturelles que la France réclame devoir préserver [3]. Ne serions-nous pas les sacrifiés d’une tactique politique visant à faire baisser les statistiques du nombre de chômeurs pour faire valoir ce que de droit à des élus ? J’ insiste sur le fait qu’aucune aide sociale d’aucune sorte n’est accordée pour assumer nos familles, ayant des revenus n’entrant pas dans les normes établies.

Lorsque l’on est contraint de répondre favorablement à une vacation un soir où nos familles comptent, cela coûtera environ 100 euros de dépenses alors qu’une rémunération ne sera que de 80 euros tout au plus. Mon employeur facturera à son client plus de 400 euros ma prestation de 6h. Dans ce cas, je ne comprends pas la spécificité de nos professions : pourquoi nos corps de métiers ne pourraient-ils pas être statués auto-entrepreneurs ou free lance ? Pour la machine à fric de l’état !? Pour que les employeurs s’improvisent agences d’intérim !? Je veux bien en tant que citoyen concevoir la nécessité du dit pacte de responsabilité, mais devons-nous réellement être poussés au suicide collectif pour autant ? Il est plus simple de culpabiliser des chômeurs qui travaillent (!!) plutôt que de trouver de vraies solutions. Il y a plus de 4 000 000 de chômeurs à ce jour, il n’existe pas plus de 200 000 offres d’emplois ! Et quelles offres souvent !!!

Comprenez bien une chose, mes employeurs se sont toujours protégés de leurs responsabilités face à nos périodes de chômage en rétorquant que nous avions droit aux ASSEDIC. Plus facile d’optimiser un compte de résultat d’une entreprise plutôt que d’assurer des ressources HUMAINES indispensables. A présent, vu les nouvelles méthodes de calcul, devons-nous être les petits chiens du système qui nous soumettons à l’opinion défavorable de nos concitoyens ? Pour autant, je n’aime pas l’idée de culpabiliser des patrons dans leurs façons d’agir, car le principe même de patron n’existe plus malheureusement. Le système hyper capitaliste a fait disparaître les véritables patrons d’entreprises pour faire valoir toujours plus les spéculations économiques outrancières de groupes nationaux et internationaux. Nos employeurs embauchent depuis dix ans sous nos yeux, mais pas les intermittents travaillant dans leurs entreprises, car c’est une aubaine de pouvoir faire travailler des employés durant 16h, les faire dormir 3 h puis les refaire travailler 18h !! Alors je fais appel à votre raison, ne cautionnez pas les idées de gens qui coupent les têtes des précaires de leur société. Pensez donc à tous les privilèges consentis par ces donneurs d’ordres qui vous viennent à l’esprit et réagissez avec nous.

Ce texte a été publié sur : http://blogs.mediapart.fr/blog/nico...



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Mise en ligne le : 6 juillet 2014



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