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Éléments versés au débat pour un bilan des luttes intermittentes et précaires de l’été 2014

Artistes éclairés, professionnels de la transgression, scandaleux de salons, indignés circonstanciels, arrêtez votre cirque, séchez vos larmes de crocodiles et secouez vos plumes d’autruches

Publié, le mercredi 27 août 2014 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : mercredi 27 août 2014


Pour bien des raisons, il semble utile de réfléchir sur comment s’est déroulée la lutte cet été dans les festivals. Au moins, pour imaginer comment la continuer, l’amplifier, l’élargir enfin. À cette fin sont proposés ici trois textes. Les deux derniers ont déjà été publiés sur notre site : l’un propose un récit d’une tentative d’élargissement de la lutte autour du festival d’Ales, l’autre une chronique d’une insurrection qui n’en finit pas de ne pas venir à Châlon.
Le premier d’entre eux critique la duplicité du monde de la culture à Avignon.
Chacun de ces textes est discutable, et aucun ne prétend résoudre les questions importantes qui se posent au mouvement. Mais, ils constituent une base d’un débat collectif nécessaire voire désirable.

Artistes éclairés, professionnels de la transgression, scandaleux de salons, indignés circonstanciels, arrêtez votre cirque, séchez vos larmes de crocodiles et secouez vos plumes d’autruches

Mesdames et messieurs les membres des compagnies participant au 68ème Festival d’Avignon, ce 26 juin dernier vous avez émis ce que vous même avez appelé l’hypothèse d’Avignon, que vous avez cru nécessaire de rendre publique.

Vous semblez y saluer la tournure nouvelle du mouvement actuel, mené par des intermittents et précaires de ce pays, qui ne se laisse plus réduire à une « grogne » corporatiste, mais s’envisage sous « la cause commune des travailleurs les plus exposés aux caprices du marché ».
Vous semblez reconnaître que l’ampleur qu’a pris ce mouvement est le fruit de « la pression de grèves répétées » depuis le début du mois de juin. Vous semblez comprendre que cette pression a poussé le gouvernement a mettre en place une concertation, dont vous semblez signaler immédiatement l’inadéquation la plus évidente.
Vous ne semblez donc rien ignorer ni de l’efficacité du rapport de force, ni des vieilles stratégies gouvernementales qui de toute éternité « jouent l’apaisement pour obtenir l’épuisement et activer les motifs de divisions ». Cependant vous préférez déclarer d’emblée venir au festival « dans l’idée (courte) de jouer (petit) ».

Si ce mouvement comme vous en faites l’hypothèse est un commencement, quand et comment comptez vous le rejoindre, vous y inscrire en acte s’entend ?
A moins que vous ne pensiez sincèrement que tel est déjà le cas, que vos messages de soutien de début de spectacle, les petits carrés rouges accrochés au revers du veston comme d’autres arborent la rosette, les tables rondes orchestrées par les autorisés, sont les actions qui vont perturber le raout annuel de la consommation culturelle et l’économie touristique qui gravite autour, et ainsi faire trembler le gouvernement.

Lucides comme vous l’êtes, vous n’êtes pas sans savoir qu’en dehors de vos remparts ces actions n’ont aucun impact réel. Au mieux elles font partie des animations « militantes » d’un festival normal. Elles lui octroient tout au plus un « supplément d’âme », qui en effet en l’état paraîtrait lui faire défaut.

Si jusque là on peut vous prêter une certaine ingénuité, en revanche votre hypothèse de la durée d’un mouvement que vous n’osez aujourd’hui rejoindre que du bout des doigts, devient franchement grotesque, sinon suspecte. Est-ce votre incapacité à saisir le présent qui vous pousse à faire ce pari scabreux sur l’avenir ? Une façon de tromper votre impuissance ou de rassurer vos bailleurs de fond (de petits commerces) ?

Rendez-vous à l’automne, à l’hiver, au printemps prochains dites vous. Comment arriverez-vous jusque là ? Grâce aux fantassins grévistes des premières lignes tandis que vous tenez dignement les places fortes en veillant à ce que tout s’y déroule comme à l’accoutumé ?
Et surtout pour y faire quoi ? Continuer à tirer profit de la précarité ? Monter ce petit théâtre de l’entre-soi, les antichambres du cloître St Louis, où l’on se pique de mots la main sur le cœur et la compassion aux commissures des lèvres ? Pouah !

Non ce mouvement n’est pas un commencement, voilà plus de vingt ans qu’il persiste et signe et réfléchit et agit et propose, qu’il va même jusqu’à s’asseoir à la table de la « concertation », sans illusion, pour continuer à dire fort et clair à tous les sourds qui ne veulent pas entendre qu’il est vivant. Il a plus d’un sens à sa vie, il n’attend pas qu’on lui lève le rideau pour exister.

Déclarer le festival « militant », sans oser une seule action digne de créer un réel rapport de force, c’est la marque d’un opportunisme édifiant.
Pour l’heure la forme que prend votre hypothèse d’expérience avignonnaise, jour après jour, ressemble à s’y méprendre à une hypothèque des précaires et intermittents d’hier, d’aujourd’hui et surtout de demain, autrement dit tous, vous compris.
A prendre la cerise pour le gâteau, bientôt tous ne mangeront plus que les nèfles que cultivent le Medef et leurs affidés.

Personne ne vous demande d’être héroïques, ce n’est pas à vous femmes et hommes de culture, qu’on va apprendre que personne n’a besoin de héros, pas même le peuple. En revanche, épargnez nous votre angélisme, il ne fait que servir le cynisme des plus roués, ceux qui se frottent les mains à l’annonce de la sanctuarisation du budget de la culture et de leur position dans le cénacle, et s’empressent de siffler le retour au bercail.

Allons artistes éclairés, professionnels de la transgression, scandaleux de salons, indignés circonstanciels, arrêtez votre cirque, séchez vos larmes de crocodiles et secouez vos plumes d’autruches. A attendre le sens du vent, sans oser le souffler vous même, serez vous définitivement à l’image du patron du festival dans lequel vous jouez, les représentants girouettes d’une culture ravie d’elle-même ?

Joséphine Lacantat-Rice


Dans la même veine, un autre cheval :
Après onze années de conflits, vous venez vous joindre à nous pour nous aider de vos conseils. Merci Ariane Mnouchkine de venir nous sauver de nous-mêmes, et de notre passion suicidaire. Il faut cependant que vous sachiez qu’un des grands acquis de notre lutte a été de nous affranchir des grandes figures, des sauveurs suprêmes, des vous-mêmes. Merci donc de nous avoir émancipé de votre tutelle en nous annonçant en 2003 qu’en votant la grève, nous nous tirions une balle dans le pied.
• à notre soi-disant amie

À l’inverse de ceux qui précèdent, les deux textes qui suivent proposent une critique interne du mouvement, de ses limites, des freins qui hypothèquent sa dynamique, bridant ainsi l’actualisation de sa force potentielle.

Ce texte essaye de revenir sur la grève et la lutte lors du festival Cratère surface à Alès du 30 juin au 5 juillet. Ce fut l’un des épisodes du mouvement contre l’accord UNEDIC. Ce festival se tenait entre celui du Printemps des comédiens à Montpellier, qui fut le premier où les travailleurs se mirent massivement en grève, et celui d’Avignon.
Nous sommes quelques-uns du collectif Exploités Énervés (composé de travailleurs, de précaires, de chômeurs, de RSAstes...) à nous être investi dans ce combat. Cette tentative d’analyse part de nos points de vue.

Une illustration des limites du consensus démocratique dans la lutte - La grève des intermittents à Cratère surface (Alès)

À l’approche du festival d’Aurillac et au lendemain d’un mois de juillet que nous pourrions qualifier ainsi : « pluvieux, avec quelques éclaircies, ici où là », je voudrais proposer un regard sur ce qui s’est passé, sur ce que j’ai vu, vécu, compris ou interprété, pour tenter d’y voir un peu plus clair, pour se donner une chance de formuler un espoir !
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