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La courbe monte... les chômeurs trinquent - Recours radiations

Publié, le mercredi 3 septembre 2014 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : mercredi 3 septembre 2014


Ce communiqué de presse fait suite aux propos tenus par Monsieur Rebsamen, Ministre du Travail, concernant le contrôle des chômeurs.

Vous pourrez constater que nous nous attendions à cela, depuis le mois de mai, suite à ce décret qui rend l’accompagnement aléatoire, et est passé complètement inaperçu...

La courbe monte... les chômeur trinquent

Après les cadeaux (Crédits d’Impôts pour la Compétitivité et l’Emploi, pacte de responsabilité...) et les déclarations d’amour du Premier ministre aux entreprises ; après la signature de la convention d’assurance chômage (véritable projet de société du MEDEF) qui fait payer une partie du déficit de l’UNEDIC par les chômeurs [1], le ministre du Travail vient, encore une fois, prêter main forte au MEDEF [2]. Monsieur Rebsamen exige de Pôle Emploi qu’il contrôle plus les chômeurs, et les sanctionne quand ils ne cherchent pas d’emploi ou quand ils n’acceptent pas les offres qu’on leur propose [3].

Nous nous y attendions.

Juste avant cette pression mise sur Pôle Emploi et les chômeurs, le 1er Ministre, Monsieur Valls chargeait le Ministre du travail de l’exécution d’un décret (article 12) sorti en catimini en mai 2014. Ce décret a sonné la fin de l’obligation pour Pôle Emploi d’accompagner les chômeurs en les rencontrant au moins une fois tous les 3 mois.

Moins d’accompagnement pour aider à concrétiser leur projet d’accès à l’emploi, plus de contrôles et de sanctions pour inciter à prendre n’importe quel emploi [4] au prétexte que des milliers d’offres ne seraient pas pourvues... On connaît la ritournelle !

Face à la fin du plein emploi qu’ils feignent d’ignorer, ils organisent la répression contre ceux qui refusent de prendre ces innombrables miettes de petits boulots qui jonchent le marché du travail et les résidus de salaires allant avec.. Quand on a faim, on n’a pas le droit de faire la « fine gueule » ! Cette convention d’assurance chômage insécurisante, pleine de pièges pour les demandeurs d’emploi, associée aux menaces de sanctions, vient à point : les voilà poussés à accepter un emploi ne correspondant pas à leur choix (qualification, durée, rémunération et temps de travail) sous peine de radiation [5].

On devine déjà de quoi sera faite la prochaine convention tripartite entre L’ÉTAT, L’UNEDIC et -pris entre le marteau et l’enclume- POLE EMPLOI.

Le marteau UNEDIC exerce un pouvoir d’autant plus grand qu’il est le financeur le plus important de Pôle Emploi (et c’est avec les cotisations des salariés). En contre partie, l’État enclume se désengage, et laisse la main à l’UNEDIC, sur les chômeurs et l’un de ses opérateurs : Pôle Emploi.

Nous nous y attendions et nous nous organisons. Des collectifs partout en France se sont constitués, des permanences vont se tenir. Ensemble, nous mettrons tout en œuvre pour faire respecter les droits des chômeurs, pour faire annuler cette convention : Recours au Conseil d’État (requête sommaire déposée le 26 août [6]), actions pour amplifier le mouvement... et surtout : gagner de nouveaux droits sociaux pour tous.

Nous ne lâcherons pas.

2 septembre 2014,

Recours Radiations



Notes :

[1] À propos de cette convention anti chômeurs, on consultera Décryptage de l’accord Unedic du 22 mars 2014 : régime général, annexe 4 et annexes 8 et 10 ainsi que Pour les intérimaires et intermittents hors spectacle, la convention Unédic est un désastre

[2] Le Medef, mouvement des entreprises de France (sic), est une création de la fin des années 90. L’entreprise avait d’abord été mise « au coeur de la société » et décrite comme la seule créatrice de richesses par les gouvernements socialistes des années 80 (voir Trois critiques des années Mitterrand). C’est un renversement « marxiste » du marxisme : aux producteurs de richesses, prolétaires exploités et dépourvus de pouvoir politique, privés de toute capacité de décision quant à l’organisation de la société, non-citoyens de fait, était dévolue la capacité de détruire la société du capital et d’en créer une autre, gérée par les producteurs eux-mêmes. Dans la version socialiste française, on substitue aux « salariés » - désormais décrits comme des coûts - l’institution entreprise promue « coeur de la société ». C’est désormais explicitement du point de vue de l’entreprise que cette société est dirigée. Il n’y a ainsi aucun hasard à ce que soit des sortants d’HEC qui remplissent ce rôle au sommet de l’État. La refondation « sociale » patronale de la fin des années 90 a pu s’appuyer sur l’idéologie du travail socialiste et son corollaire, l’apologie de l’entreprise (voir « Refondation sociale » patronale : Le gouvernement par l’individualisation, Maurizio Lazzarato) tandis que la subjectivité de chacun avait à intégrer de nouvelles modalités d’assujettissement à la logique concurrentielle (voir La personne devient une entreprise, note sur le travail de production de soi, André Gorz).

[3] Alerte ! Pôle emploi commence à radier pour refus d’Offre Raisonnable d’Emploi

[4] En 1983, le premier ministre Pierre Mauroy avait dénoncé les « faux chômeurs ». En 1992, Marine Aubry, alors ministre de l’emploi, instaurait une « loi sur le contrôle des chômeurs » qui inversait la charge de la preuve. Depuis lors, c’est en principe au chômeur de démontrer qu’il est bien à la recherche d’un emploi.

[5] Sans mobilisation collective d’ampleur, la « maîtrise du chômage » implique chasse aux chômeurs et généralisation accrue des emplois précaires et sous payés. Sans luttes déterminées, le plein emploi précaire « à l’allemande », et ses 25% de travailleurs pauvres, est l’horizon de nos dirigeants, voir Dette et austérité, le modèle allemand du plein emploi précaire.

[6] Voir l’appel qui a précédé et permis cette procédure Attention ceci est un avis de recherche - Urgent !



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