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Faire entendre la révolte - Les occupant.e.s du Lutetia

Publié, le jeudi 18 septembre 2014 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : dimanche 21 septembre 2014


Nous occupons aujourd’hui l’hôtel de luxe Lutetia en travaux [1].

Nous voulions faire une Assemblée Générale avec les travailleurs du chantier.
Nous avions à peine commencé à leur parler de leur conditions d’emploi et des pertes de revenu imposées par la nouvelle convention d’assurance chômage, que la direction les a sommés de sortir. Encore une fois, il s’agit d’empêcher l’information, le dialogue, la possibilité de se regrouper, de se coordonner...

Nous sommes aussi ici pour montrer notre vigilance par rapport aux concertations en cours sur le chômage. Les échos que nous avons des ateliers de ce matin sont désastreux [2]. Les problèmes sont soit niés, soit esquivés.

Nous exigeons toujours l’accès aux données brutes de l’Unedic, aucune expertise sérieuse ne peut se faire, sans cela. Il est indispensable que de réels ateliers de travail soient organisés pour l’ensemble de l’assurance chômage car le problème est vaste. Or, à ce jour, aucune nouvelle séance n’est prévue.

Plus que jamais nous continuons à exiger l’abrogation de la convention d’assurance chômage et l’ouverture de négociations avec les premiers concernés, sur la base de nos propositions.

Nous serons également vigilants à ce que les travailleurs du chantier Lutetia soient payés, c’est leur droit. La CGT interim, présente lors de l’action, les a informés qu’elle pourra suivre leurs dossiers.

Cette occupation est un blocage économique qui ne s’exerce pas à l’encontre des travailleurs mais évidemment des gros employeurs, et aujourd’hui Vinci, qui veulent nous imposer des conditions de travail et de vie inacceptables. Imposons-leur notre révolte.

Un récent rapport de l’Insee [3] démontre l’augmentation de la précarisation des vies. Soyons nombreux pour refuser de laisser faire, et pour construire de nouveaux droits.

Paris, 18 septembre 2014, 15h50

Les occupant.e.s du Lutetia



Notes :

[1] Occupation de l’Hôtel Lutetia à Paris :
De l’argent il y en a pour construire de nouveaux droits

[2] Les ateliers de la concertation « sur l’intermittence » étaient : « accès à la protection sociale » et « relation avec les organismes gestionnaires », le troisième « formation professionnelle » a été annulé au dernier moment, sous prétexte de négociations en cours ! Voir les compte rendus des séances précédentes : Les 1ères tables rondes de concertation sur l’intermittence du gouvernement Valls I

[3] Le Monde résumait ainsi ce rapport sur la rotation des emplois : « Explosion du nombre de contrats temporaires, missions de plus en plus courtes... Le bilan d’une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publiée mercredi 17 septembre est sans appel : en 30 ans, l’instabilité s’est propagée sur le marché du travail.
Pour arriver à ce constat, l’Insee se base sur un indicateur de l’instabilité de l’emploi : le taux de rotation de la main-d’œuvre. Celui-ci a presque quintuplé entre 1982 et 2011. En 1982, l’Insee recensait ainsi en moyenne 38 « actes d’embauche et de débauche » pour 100 postes dans une entreprise. En 2011, ce ratio a bondi à 177 pour 100.
Une explosion qui s’explique notamment par la multiplication des contrats temporaires (CDD et intérim principalement) et leur raccourcissement. Sur la même période, la part de ces derniers dans l’emploi a presque triplé – passant de 5 à 13 % – tandis que leur durée était divisée par trois – de 3 à 1 mois.
De leur côté, les salariés en contrat à durée indéterminée (CDI), dont la part est toutefois restée largement majoritaire (87 % en 2011), ont eu tendance à rester plus longtemps en poste (10 ans en 2011, contre 6 ans en 1982). « Tout ceci suggère que le fonctionnement du marché du travail se rapproche d’un modèle segmenté, où les emplois stables et les emplois instables forment deux mondes séparés », observe l’étude.
D’autant que les emplois « précaires » jouent de moins en moins un rôle de « tremplin vers la stabilité », piégeant au contraire ceux qui les occupent dans « une trappe », selon l’auteur de l’enquête, Claude Picart. Au début des années 1980, la moitié des salariés en CDD, intérim ou stage signaient en CDI l’année suivante. Aujourd’hui, c’est le cas d’à peine plus d’un cinquième d’entre eux.
Comme le souligne enfin Claude Picart, même si les jeunes restent les plus touchés par cette instabilité, la situation relative des seniors s’est elle aussi dégradée.

Le rapport précise, entre autres éléments : « la rotation augmente beaucoup plus vite dans les métiers où elle était déjà élevée En matière de rotation, la hiérarchie des familles professionnelles est stable depuis 1990. Dans les 10 familles professionnelles au taux de rotation le moins élevé (ingénierie, banque, assurance) la rotation a été multipliée par 1,5 en 20 ans. Dans les 10 familles professionnelles au taux de rotation le plus élevé (manutention, arts et spectacles, hôtellerie-restauration) la rotation a quintuplé en 20 ans. En CDD, une embauche sur deux concerne les professions à « CDD d’usage » Créé en 1990, le « CDD d’usage » permet de conclure des CDD successifs avec le même salarié pour certaines activités spécifiques (arts et spectacle, hôtellerie-restauration, journalisme). Si ces professions ne concernent qu’un salarié sur 10, elles concentrent la moitié des embauches en CDD. Ainsi, dans le domaine des arts et spectacles, un tiers des postes sont occupés par des salariés sur des contrats d’une semaine en moyenne. Par ailleurs, 8 salariés sur 10 en CDD ont une ancienneté supérieure à la durée de leur contrat. En effet, la récurrence des embauches, plus fréquente dans les arts et spectacles, se développe également dans d’autres professions, comme le commerce. » Dossier - Une rotation de la main-d’œuvre presque quintuplée en 30 ans, Insee



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