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Les droits n’ont pas de prix, mais l’injustice a désormais un coí »t

Publié, le lundi 5 janvier 2015 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : mardi 6 janvier 2015


Les réformes structurelles qui commencent par générer des coí »ts avant de produire des avantages, peuvent se heurter í une opposition politique moindre si le poids du changement politique est supporté dans un premier temps par les chí´meurs. OCDE.

Mission de concertation des intermittents du spectacle :
les droits n’ont pas de prix, mais l’injustice a désormais un coí »t.

M. Valls enfume les chí´meurs, précaires, intermittents, intérimaires et tous les salariés en tentant de séparer le sort des intermittents du spectacle de celui des autres chí´meurs. Nous ne nous y trompons pas, les tables de concertations sur les annexes 8 et 10 n’ont rien réglé, pour personne.

Elles ont néanmoins permis une chose : le chiffrage de différents modí¨les alternatifs proposés respectivement par la CIP, le SYNDEAC, et la CGT.

Nous réclamions une expertise semblable depuis dix ans. Nous savons í présent par l’Unedic elle míªme que l’application du Nouveau Modí¨le d’Indemnisation du chí´mage coní§u en 2004 par les coordinations d’intermittents et de précaires - modí¨le que nous savons plus juste, puisque mutualiste - n’est pas plus coí »teux comparé í celui imaginé par le Medef, allié í la CFDT et agréé par tous les gouvernements successifs.

í‰videmment, les droits, sociaux ou autre, n’ont pas í íªtre régis par l’économie, mais par la politique. La question n’est pas de choisir le systí¨me le moins cher d’indemnisation chí´mage, mais le plus juste : celui qui donne les moyens de vivre au plus grand nombre qui en éprouvent le besoin.

L’intéríªt premier du Nouveau Modí¨le n’est pas de faire des économies, mais d’avoir été imaginé collectivement par les premiers concernés, intermittents et précaires, dans le sens d’une distribution plus juste des richesses, et de proposer d’élargir son application í tous les intermittents de l’emploi quel que soit leur domaine d’activité [1].

Cependant, avec cette expertise, la preuve est faite que c’est bien uniquement une visée idéologique qui guidait les soi-disant réformateurs de 2003. Il fallait, quel qu’en soit í proprement parler le prix, briser le modí¨le de l’intermittence, qui, quoique trí¨s discutable, permettait de pratiquer une activité rémunérée choisie, et d’allier le travail par projet avec une certaine sécurité de vie, voire un bonheur apparemment coupable.
Aujourd’hui que s’applique une récente convention chí´mage qui institue le plein emploi précaire, alors que le but politique est de faire accepter aux chí´meurs n’importe quel emploi í n’importe quel prix, on mesure l’importance qu’avait la destruction de ce « mauvais exemple » que constituait la figure de l’intermittent.

Est aussi faite la preuve de la gabegie financií¨re qu’implique la mise en action de leur idéologie. Nous connaissions depuis longtemps le prix humain des convictions du Medef et de la CFDT. Nous en connaissons aujourd’hui le coí »t financier.

Nous savons que dans l’esprit de ceux qui nous dirigent, cet aveu forcé de l’Unedic de sa trí¨s politique, trí¨s idéologique, trí¨s libérale et trí¨s coí »teuse conception des équilibres budgétaires ne changera rien.

Bien des fois, la démonstration a été faite du gí¢chis que générait l’application de la doxa libérale [2]. Qu’importe aux príªtres de cette religion qui nous gouverne ! Leur religion de la concurrence et du marché leur ordonne d’agir en dépit du bon sens. Ils lui obéissent comme tout intégriste, aveuglément. Leurs échecs, l’observation, le dialogue ne leur apprennent rien, mais au contraire les conforte dans leur foi í soumettre les politiques aux marchés.

En revanche, chacun des intéressés dans son domaine imaginera sans peine que si í§a se passe comme í§a pour les annexes 8 et 10, í§a se passe ainsi partout oí¹ se prennent des décisions politiques doctement expliquées par des raisons prétendument « d’économie ».

Ce qui importe aujourd’hui c’est comment les intéressés, ceux qui subissent les conséquences désastreuses de ces politiques, s’empareront de cette nouvelle arme que peut constituer le Nouveau Modí¨le d’Indemnisation du Chí´mage proposé par la CIP.

Nous l’avouons sans peine, ce Nouveau Modí¨le est un instrument bricolé í plusieurs, dans l’urgence, au sein d’un mouvement social en effervescence. Il est loin d’íªtre clos, fini, parfait, mais demande sans cesse í íªtre transformé, imaginé, remis en question collectivement. S’il sert de modí¨le de réappropriation des questions collectives, tant mieux. S’il est une nouvelle arme pertinente í opposer í nos adversaires dont d’autres pourront s’emparer, nous nous réjouirons de son efficacité.

Et sera ainsi vérifié l’adage selon lequel il importe de se souvenir que le Titanic a été dessiné par des professionnels et l’Arche de Noé par des amateurs.





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