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De la précarité du théí¢tre de l’Aquarium, des autres lieux de culture et de tout finalement

Publié, le dimanche 5 juillet 2015 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : dimanche 5 juillet 2015


La présidente du Medef en 2003 l’avait dit : « La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il í cette loi ? ».
Aujourd’hui alors que c’est l’avenir de tout un peuple - le peuple grec - qu’on prétend rendre servile, le destin des migrants qu’on prétend briser aux frontií¨res, pourquoi en effet le projet d’un théí¢tre, celui de l’Aquarium, comme celui d’autres lieux en région parisienne (le Théí¢tre de la Cité Internationale [1], le Forum du Blanc-Mesnil, ou la Parole Errante í Montreuil), prétendrait-il s’exonérer de la loi de fer de madame Parisot ?

í‰tymologiquement la précarité se définit comme l’état de celui qui doit avoir recours í la prií¨re pour obtenir quelque chose.
Une des tocades du Ministí¨re de la Culture est aujourd’hui d’écourter brutalement le mandat de direction du théí¢tre de l’Aquarium, au mépris du travail en cours.

Une pétition a été mise en ligne ici.
On pourrait se dire que c’est la vie, que le lieu ne va pas íªtre physiquement détruit et que míªme il sera encore dédié í la culture.

Mais il ne s’agit pas que du soutien ponctuel í tel ou tel théí¢tre ou festival menacé dans son existence - et ils sont légions ces jours-ci. La question doit íªtre posée du mode de gouvernance qui se profile lí et qui ne concerne pas que le monde étroit de la culture.
On constate dans cette affaire comment l’Etat n’est en rien le juge impartial qui récompense les vertueux obéissant í ses crití¨res et punit les fraudeurs. Ici l’Etat annonce des rí¨gles, donne un cahier des charges, et quand bien míªme ont été obéies celles-ci et respecté celui-lí comme c’est le cas avec le théí¢tre de l’Aquarium, il n’en tient aucun compte. C’est que son vrai maí®tre, sa seule manií¨re de juger, c’est le marché. Ici, comme ailleurs, ce n’est pas í une dérive libérale que l’on assiste, mais í un cap résolu, avec une main de fer posée sur la barre, vers le libéralisme. Ce qui est reproché í Franí§ois Rancillac, directeur du Théí¢tre de l’Aquarium, in fine, c’est de ne pas íªtre un produit aisé í vendre comme produit culturel. La notion d’Å“uvre, de durée, de projets au long cours sont, pour le gouvernement socialiste comme pour ses prédécesseurs de droite, í jeter í la poubelle, au profit des événements, des coups, des retours immédiats sur investissement.

Au-delí du cas d’un théí¢tre particulier, inventé il y a des lustres de cela comme une utopie politique, il subsiste bien des ripostes í imaginer contre le management de la culture qui nous englue. Il faut se rappeler que les théí¢tres, comme les autres entreprises, peuvent se mettre en grí¨ve, que ce sont des lieux de travail qui peuvent íªtre réappropriés par ceux qui les habitent et y travaillent, que des ministres peuvent ne plus y íªtre bienvenus (ce fut le cas il n’y a pas si longtemps) , bref qu’il ne tient qu’í nous de reprendre ces lieux supposés émancipés des lois du marché.
Ils nous appartiennent í tous.

Nous voulons des lieux pour habiter le monde, pour choisir comment l’habiter !



Notes :

[1] Pour signer la pétition de soutien au TCI, c’est lí 



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