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Retrait de la Loi travail !

Pas de droit du travail sans droit au chí´mage !

Publié, le mardi 8 mars 2016 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : lundi 4 avril 2016


Dissipons un malentendu. Ni tout í fait imbéciles ni tout í fait naí¯fs, nous n’avions pourtant pas compris ce « Mon ennemi c’est la finance » adressé peu avant la dernií¨re alternance politique í un électorat populaire alors instamment sollicité. Ce n’est qu’avec les actes qui ont suivi ces paroles que l’énoncé a pris sens. Il fallait simplement prolonger la phrase : l’ennemi dont il était question, c’était « la finance »... des pauvres, des précaires et des salariés.

Eh oui, le « changement » c’était í§a, et pas autre chose : alors que plus de 40 milliards de crédit d’impí´ts ont été offerts aux entreprises au nom de la compétitivité, les intérimaires ont vu leurs droits sociaux rabotés, d’innombrables « chí´meurs en activité í temps réduit » ont subi les dommages de « droits rechargeables » qui réduisent leurs allocations ; le SMIC horaire est toujours aussi faible pour des emplois toujours plus sous pression tandis que les salaires stagnent ; un RSA en baisse est assorti de davantage de stigmatisation et de contrí´le de ceux qui en dépendent...

L’austérité, c’est faire travailler plus, faire plus de profit, contrí´ler davantage le temps des vivants pour une économie qui n’est rien d’autre que la politique du capital. Aprí¨s quarante ans de précarisation et de chí´mage de masse, le mythe du plein emploi, et sa version édulcorée « la création d’emploi », sont encore et toujours invoqués pour mettre en concurrence des pans de plus en plus larges de la population, au nom de la raison économique.

C’est encore au nom de l’emploi - et par lí míªme, implicitement, au nom du droit au travail - que le gouvernement entend renverser le droit du travail avec sa Loi travail. Une fois de plus, il faudrait accepter davantage de flexibilité et moins de droits. On cherche par tous les moyens í nous acculer í un chacun pour soi suicidaire.

Venons-en í l’avant-dernier épisode de la série de mauvais coups qui ont précédé l’ultime tentative de renversement du droit du travail en droit des entreprises, en droit du capital.

Précariser les chí´meurs pour précariser tout le monde

Ce détour-lí est en réalité indispensable car, comme souvent, c’est í la périphérie du prétendu « contrat social », parmi les « étrangers » et les « chí´meurs », que sont initiées des manÅ“uvres décisives pour l’ensemble de la population. En janvier dernier, devaní§ant les négociations des partenaires « sociaux » sur l’assurance chí´mage, le premier président de la République í avoir été formé í HEC a lancé les hostilités. Hollande a décrit l’indemnisation du chí´mage comme étant des plus « généreuses » et appelé í de « raisonnables efforts » pour résorber un « déficit » í l’existence contestable, les cotisations étant toujours largement supérieures aux indemnités versées.

Une fois l’offensive lancée, les experts de la Cour des comptes ont rempli leur rí´le en maquillant les mécanismes d’un déficit de l’Unedic dont il s’agissait avant tout de dramatiser l’ampleur. Divers hiérarques socialistes ont fait chorus, puis la ministre du Travail, suggérant d’instaurer la dégressivité des allocations chí´mage, a brandi la menace : une réduction insuffisante du « déficit » par les partenaires « sociaux » conduirait l’í‰tat í refuser d’agréer le protocole Unedic et í « reprendre la main » pour imposer sa convention chí´mage, son plan d’économie contre les chí´meurs.

Pour nos écono-maí®tres, que 57% des chí´meurs soient actuellement dépourvus d’allocations chí´mage ne suffit pas ! Le plan d’austérité annoncé implique de diminuer de 800 millions d’euros le montant des allocations. Le ministí¨re du Budget a établi des scénarii de coupes budgétaires : une diminution de 100 jours de la durée d’indemnisation toucherait 400 000 personnes ; un jour d’emploi ne vaudrait plus un jour indemnisé mais 0,9, ce qui réduirait les droits de 947 000 allocataires ; diminuer l’indemnisation de 57 % í 49 % de l’ancien salaire brut affecterait 1,28 million de chí´meurs. En actionnant les curseurs avec dextérité, les économies pourraient míªme dépasser les 800 millions escomptés.

Aucun scrupule n’arríªtera nos dirigeants ...

Sans droit au chí´mage, sans droits des chí´meurs, le droit du travail continuera d’íªtre battu en brí¨che. De fait, la contre-réforme est permanente et elle se déploie sur de multiples plans.

Ainsi, bien que les syndicats n’en disent mot, l’instauration d’une prime d’activité, qui vient remplacer des compléments RSA chichement alloués í des salariés précaires et la « prime pour l’emploi », est une énií¨me disposition destinée í fabriquer en quantité de nouveaux travailleurs pauvres.

Tous ceux qui sont ici aujourd’hui savent bien que s’exprimer sur les réseaux sociaux et pétitionner ne suffira pas. í€ nous tous de le faire savoir, í chacun de nous d’inviter í une mobilisation « dans la vraie vie ». Seule une telle mobilisation, massive, déterminée, pourra obtenir le retrait de la Loi travail et donner un coup d’arríªt í une politique de précarisation qui s’applique partout, par-delí les divers statuts juridiques sous lesquels nous sommes enrí´lés dans la production (CDI, CDD, auto-entrepreneur, CDDU, stagiaires, intérim, ...).

Si la rue ne fait pas la loi, force restera aux lois de l’économie

Pour eux, ce qui ne coí »te rien ne vaut rien. Qu’í cela ne tienne ! Prenons nos affaires en mains, organisons-nous collectivement pour faire grí¨ve, bloquer l’économie et lui nuire, et le pouvoir devra reculer. Ce n’est pas la richesse qui manque. Unis, déterminés, en lutte, nous saurons inventer d’autres pratiques, de nouveaux droits collectifs et imposer une tout autre logique.

Coordination des intermittents et précaires

Ce tract est fait pour íªtre lu, (photo)copié (collé, par fragments ou sur les murs), discuté, pillé, imprimé, distribué, prolongé :

PDF - 58 ko
Tract : Loi travail ? !? Droit au chômage !!!
Word - 117.5 ko
Pas de droit du travail sans droit au chômage !

9 Mars : joignons-nous í la mobilisation lors du rassemblement contre la Loi Travail et la précarisation des salariés employés ou chí´meurs í 14h Place de La République í Paris, RDV devant le magasin Habitat.





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