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Qu’on bosse ou pas, la loi travail on n’en veut pas

Publié, le samedi 2 avril 2016 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : mercredi 29 juin 2016


Nous voilí enfin plein dans la rue. Des années qu’on attendait, des années qu’on essayait. On en a vu passer des trucs auxquels s’opposer. De l’impunité policií¨re organisée í l’í‰tat d’urgence permanent, du greenwashing hypocrite de la COP21 í la loi Macron en passant par les menaces d’expulsion de la ZAD de Notre-Dame des Landes, í§a n’a pas manqué. On a arpenté les manifs de long en large, souvent trop seul.es ; et parfois míªme qu’on y était pas, fatigués ou assignés í résidence. Hé bien voilí , puisque nous sommes enfin nombreux.es, réveillé.es, au míªme endroit et au míªme moment, on ne va pas se priver de foutre un maximum de bordel.

Nous sommes contre le travail, entendant par lí tous ces boulots pourris (avec ou sans CDI), oí¹ il s’agit toujours grosso modo, d’acheter, de produire ou de vendre des services et des objets inutiles, nuisibles, trop chers. Tout í§a ne donne pas un sens í nos vies : í§a les gí¢che. íŠtre contre le travail ne nous empíªche d’ailleurs pas de travailler. On bosse pour de l’argent quand il le faut, on tient des projets sans argent (journaux, cantines, lieux culturels, etc.) quand on le peut. Parfois míªme, certain.es trouvent un boulot payé qui leur convient. Ce n’est pas souvent mais on ne va pas se l’interdire !

On est contre le travail mais on défend quand míªme son code. Bizarre. C’est qu’on le connaí®t, nous aussi, le fameux « monde de l’entreprise ». Et qu’on sait bien ce que c’est de devoir « négocier », seul.e ou avec quelques collí¨gues, avec son chef ou son patron. On a vécu les heures de trajet pour aller trimer, l’impossibilité de partir un peu plus tí´t le jour oí¹ c’était important, la peur de faire grí¨ve au risque de se faire mal voir, la galí¨re de se faire payer les heures sup’ au tarif légal... Alors quand le gouvernement essaye de nous faire croire qu’en supprimant un maximum de rí¨gles les patrons vont íªtre de bonne humeur et trouver de super arrangements « gagnants-gagnants » avec leurs salariés pour ensuite pouvoir embaucher plein de monde, í§a nous fait bien rigoler. Personne n’y croit d’ailleurs, car il s’agit surtout de mettre au pas les salarié.es pour le principe : simplement parce que Valls, Hollande et El Khomri croient í la loi du plus fort. Parce que l’idée d’un monde oí¹ les plus faibles s’organisent pour se défendre n’est pas du tout la leur. En prétendant « s’adapter » aux « réalités » d’aujourd’hui, ils veulent nous faire croire qu’il n’y a plus rien d’autre í faire. Désolés messieurs-dames, nous ne nous adapterons pas. Puisque vous nous attaquez, on se défend. Et défendre nos droits dans le monde du travail ne nous empíªchera pas d’attaquer le travail. De le détourner, de s’y débattre, de l’éviter, de le saboter. Et de tisser des liens de solidarité, dans le travail et contre lui.

Quelques dizaines de personnes de banlieue parisienne

Précaires, chí´meuses, fonctionnaires, doctorantes... qui bossent au black, en CDI ou sans salaires

Suivi le 26 mai de Qu’on casse ou pas, la loi travail on n’en veut pas



• Un autre tract diffusé dans les rues de Paris ce 31 mars : Mars attaque ! Mai ce sera trop tard !

• Unedic , 1/4 d’allocs en moins ? :Appel í rassemblements - Coordinations des Intermittents et Précaires, durant la 1ère semaine d’avril 2016. Maintenant !

• Retrait de la Loi travail : Pas de droit du travail sans droit au chômage !.

• Proposition d’enquíªte-action í destination des AG de lutte et des isolés appelés í les rejoindre

• Un retour au point de vue ouvrier. En guise de contribution àla lutte contre une énième loi du capital, la loi travail, détour théorique par une pensée antagoniste dans et contre le capital : Lutte contre le travail, Mario Tronti, 1965.



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