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Archives - livre en ligne : Ouvriers et capital.

Lutte contre le travail - Mario Tronti

Publié, le lundi 4 avril 2016 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : samedi 9 avril 2016


En guise de contribution í la lutte contre une énií¨me loi du capital, la loi travail, ce retour í une pensée antagoniste dans et contre le capital, retour au point de vue ouvrier [1].

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Lutte contre le travail - Mario Tronti, pdf, 4p.

Lutte contre le travail

Pour finir revenons donc au point de départ [2] : í la nature í la fois double, scindée et antagonique du travail. Non plus cependant du travail contenu dans la marchandise, mais de la classe ouvrií¨re contenue dans le capital. La zwieschlächtige Natur de la classe ouvrií¨re consiste en ce qu’elle est í la fois travail concret et travail abstrait, travail et force de travail, valeur d’usage et travail productif, í la fois capital et non-capital – partant í la fois capital et classe ouvrií¨re. C’est lí que la division est déjí antagonisme. Et l’antagonisme est toujours lutte. Mais la lutte n’est pas encore organisation. Il ne suffit pas qu’il y ait une division objective du travail et de la force de travail dans la classe ouvrií¨re : car c’est précisément de la sorte qu’ils se présentent unis dans le capital. Il faut les diviser par une intervention subjective : en effet ce n’est que de la sorte qu’ils deviendront les moyens d’une alternative de pouvoir.

Il est vrai que la Trennung, la séparation, la division, constitue le rapport normal de cette société. Mais il est également vrai que la force du capital consiste justement í maintenir ensemble ce qui est divisé ; que c’est ce qui a fait son histoire et qui fera ce qu’il lui reste d’avenir. Maintenir la classe ouvrií¨re í l’intérieur de lui-míªme et contre lui-míªme, puis imposer dans ces conditions í la société les lois de son propre développement, c’est í cela que tient l’existence du capital, et il n’y a pas pour lui d’autre existence possible. Il faut donc trouver l’endroit oí¹ il devient possible d’empíªcher l’unité, oí¹ il devient praticable de bloquer le mécanisme de la synthí¨se, en séparant par la force les extríªmes jusqu’au seuil de rupture et au-delí .

Ce point se situe í l’intérieur de la classe ouvrií¨re tout comme la classe ouvrií¨re se situe í l’intérieur du capital. C’est précisément la séparation de la classe ouvrií¨re d’avec elle-míªme, d’avec le travail et par conséquent d’avec le capital. C’est la séparation de la force politique d’avec la catégorie économique. Et la division, ou la séparation, c’est trop peu : il faut la lutte, l’opposition, l’antagonisme. Pour lutter contre le capital, la classe ouvrií¨re doit lutter contre elle-míªme en tant que capital. C’est le stade maximum de la contradiction, non pour les ouvriers mais pour les capitalistes. Il suffit d’exaspérer ce stade, d’organiser cette contradiction, et le systí¨me capitaliste ne fonctionne plus, le plan du capital [3], commence í marcher í rebours, non plus comme développement social, mais comme processus révolutionnaire.

Lutte ouvrií¨re contre le travail, lutte de l’ouvrier contre lui-míªme comme travailleur, refus de la force de travail de devenir travail, refus de la masse ouvrií¨re í ce qu’on utilise la force de travail, voilí les termes dans lesquels se pose maintenant stratégiquement, aprí¨s la tactique de la recherche, la division antagonique que l’analyse marxienne avait découverte dans la nature du travail. Le Doppelcharakter du travail représenté dans les marchandises [4]se réví¨le ainsi sous les traits de la double nature de la classe ouvrií¨re, double et en míªme temps divisée, divisée et en míªme temps antagonique, antagonique et en míªme temps en lutte avec elle-míªme. Il nous faut nous rendre compte que tous les grands problí¨mes d’organisation, et la solution de ceux-ci, en retrouvant un rapport organique entre classe et parti [5], repose dans leur considérable complexité politique, sur ce rapport critique qui passe í l’intérieur de la classe ouvrií¨re elle-míªme, et dont le caractí¨re de problí¨me irrésolu s’approfondit d’autant plus que la force dominante de la classe ouvrií¨re s’accroí®t. C’est sur ces problí¨mes qu’il faut désormais diriger les armes effilées de la théorie, et celles grossií¨rement matérielles de la pratique quotidienne.

Du reste, lí aussi, il n’y a pas beaucoup í inventer. La lutte ouvrií¨re, sous ses formes modernes et dans les pays de grand capitalisme, comporte, dans le riche contenu de sa propre spontanéité, le mot d’ordre de lutte contre le travail, comme seul moyen de frapper le capital. Derechef, le parti se présente comme l’organisation de ce qui existe déjí dans la classe, mais que la classe ne parvient pas í organiser í elle toute seule. Aucun ouvrier n’est plus disposé aujourd’hui í reconnaí®tre l’existence du travail en dehors du capital. Travail = exploitation. C’est lí , í la fois, le présupposé et le résultat historique de la civilisation capitaliste. A partir de lí , on ne saurait revenir en arrií¨re. L’ouvrier ne sait que faire de la dignité du travailleur. Et l’orgueil du producteur il l’abandonne tout entier au patron. Il n’y a d’ailleurs que le patron qui ait continué í faire l’éloge du travail. Si c’est encore malheureusement le cas dans le mouvement ouvrier, dans la classe ouvrií¨re en revanche il n’y a plus de place pour l’idéologie.

Aujourd’hui la classe ouvrií¨re n’a qu’í se regarder pour comprendre le capital [6]. Elle n’a qu’í se combattre elle-míªme pour détruire le capital. Elle doit se reconnaí®tre comme puissance politique, et se nier comme force productive. Voyez le moment de la lutte : pour l’ouvrier le producteur s’y confond avec l’ennemi de classe. Le travail face í la classe ouvrií¨re et contre elle, comme un ennemi, c’est donc le point de départ et plus seulement pour l’antagonisme mais aussi pour son organisation. Si l’aliénation de l’ouvrier a un sens, c’est celui d’íªtre un grand fait révolutionnaire. Organisation de l’aliénation : telle est la phase obligatoire qui doit íªtre imposée d’en haut par le parti í la spontanéité ouvrií¨re. L’objectif est de nouveau le refus, í un niveau plus élevé : refus actif et collectif, refus politique de masse, organisé et planifié. Le but immédiat de l’organisation ouvrií¨re a pour nom aujourd’hui : le dépassement de la passivité. II n’est possible de le mener í bien qu’í la seule condition de reconnaí®tre dans la passivité le refus ouvrier sous sa forme élémentaire et spontanée.

La passivité de masse fait toujours suite soit í une défaite politique des ouvriers í imputer aux organisations officielles, soit í un saut franchi par le développement capitaliste dans l’appropriation des forces productives sociales. Tout le monde sait que ces deux prémisses objectives de la passivité ouvrií¨re se sont développées parallí¨lement ces dernií¨res décennies, et qu’elles sont devenues de plus en plus, toutes deux, le pouvoir despotique absolu du capital. Tandis que ce dernier se laní§ait í la conquíªte de toute la société í niveau international, et se socialisait lui-míªme, l’idée de faire assumer au mouvement ouvrier la figure politique de gérant de l’intéríªt social national, nous a exposés í un suicide historique. Elle a interrompu le processus révolutionnaire qui avait eu pour étapes successives juin 48, 71, 17 [7]. C’est í partir de ce moment-lí que les annales de la révolution titrent : défaite ouvrií¨re. Qu’est-ce qui a empíªché le processus de se précipiter ? Plus on regarde de prí¨s, plus on découvre la puissante digue de la passivité pour empíªcher toutes les reprises révolutionnaires possibles í l’avenir. En réalité le renoncement massif des ouvriers, í se sentir partie active de la société du capital, est déjí un refus de prendre part au jeu, refus dirigé contre les intéríªts sociaux. Ainsi ce qui apparaí®t comme l’intégration des ouvriers dans le systí¨me, ne se présente pas comme la renoncement í combattre le capital, mais en fait comme le renoncement í le développer et í le stabiliser au-delí de certaines limites politiques, au-delí de certaines marges de sécurité d’oí¹ pourront partir les prochaines sorties offensives lancées contre lui. Si du cí´té ouvrier on cherchait une seule réponse í la production capitaliste et au mouvement ouvrier officiel, elle ne pouvait íªtre que la suivante : une forme spécifique d’auto-organisation entií¨rement ouvrií¨re fondée sur la spontanéité de la passivité, l’organisation sans organisation, ce qui voulait dire l’organisation ouvrií¨re sans institutionnalisation bourgeoise, l’un de ces miracles d’organisation qui ne sont possibles que du point de vue ouvrier. Comme l’í‰tat bourgeois sans bourgeois dont parlait Lénine, non plus la forme intermédiaire d’í‰tat ouvrier, mais la forme préalable du parti ouvrier.

Cela pour dire que, si les nouvelles grandes arches du parti sont jetées aujourd’hui sur un terrifiant vide politique d’expériences pratiques et de recherche théorique, cela n’enlí¨ve rien au fait que, sur le terrain décisif, la classe ouvrií¨re, elle, est en train d’en ériger les piliers colossaux, plantés au plus profond et indiquant l’endroit oí¹ le saut commence, et le lieu qu’il doit approcher. La non-collaboration passive au développement du capital et le refus politique actif de son pouvoir constituent précisément les deux bords extríªmes de ce saut. L’ouverture du processus révolutionnaire se situe entií¨rement au-delí . Et c’est en deí§í qu’existent tous les problí¨mes présents de l’organisation pour la révolution. Tactique de l’organisation par conséquent pour arriver í la stratégie du refus [8].

C’est au cÅ“ur de cela que l’on dirigera continuellement, contre l’ennemi de classe, la seule arme subversive capable de réduire í une force subalterne : la menace d’í´ter au rapport social de la production capitaliste la médiation ouvrií¨re. Ne plus se faire les vecteurs des besoins du capital, y compris sous la forme de revendications ouvrií¨res, contraindre la classe des capitalistes í présenter directement ses nécessités objectives, pour les refuser ensuite subjectivement, obliger les patrons í se demander pourquoi les ouvriers peuvent dire non de faí§on active, c’est-í -dire sous des formes organisées.

On ne peut dépasser la passivité ouvrií¨re aujourd’hui qu’en en renversant la forme que prend actuellement sa spontanéité, et en en maintenant le contenu politique présent de négation et de révolte. Le premier non ouvrier aux premií¨res revendications des capitalistes explosera alors comme une déclaration de guerre totale, comme l’appel historique í la lutte décisive, comme la forme moderne que revíªtira le vieux mot d’ordre : prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! Tout cela ne se produira pas sans un maximum de violence.

Nous l’avons dit : dans tous les bouleversements passés, on n’avait jamais touché au type d’activité. Il ne s’agissait toujours que d’une distribution différente de cette míªme activité, d’une nouvelle distribution du travail í d’autres personnes. Seule la révolution communiste, comme disait Marx, ou simplement seule la révolution, comme nous pouvons commencer í le dire aujourd’hui, c’est-í -dire seul le programme minimum actuel du parti ouvrier, se retourne pour la premií¨re fois contre tout le mode d’activité qui a existé jusqu’í présent. Il supprime le travail dans le mode d’activité. C’est précisément de la sorte qu’il abolit la domination de classe.

La suppression ouvrií¨re du travail et la destruction violente du capital forment par conséquent une seule et míªme chose. Et le travail « comme premier besoin de la vie » ? Il convient peut-íªtre de le transférer de la perspective future du communisme í l’histoire présente du capitalisme, le faire tomber des mains des ouvriers pour le confier aux patrons. Mais ainsi, le point de vue ouvrier n’arrivera-t-il pas au parricide vis-í -vis de Marx ? C’est une question í laquelle on ne peut encore répondre. La suite de la recherche qu’on a présentée ici sera décisive pour la solution de ce problí¨me, ainsi que pour celle de tous les autres soulevés par la míªme occasion. Aucun résultat qui ne soit déjí démontré. De nouveau tout reste í faire. Et pour ce faire, il faudra garder longtemps l’Å“il fixé sur le point le plus obscur de tout le processus, tant que nous ne serons pas parvenus í voir clairement ce qui s’est produit í l’intérieur de la classe ouvrií¨re aprí¨s Marx.

Avertissement pour Ouvriers et capital de Mario Tronti
Préface de l’édition franí§aise, 1977.

Ce livre étrange a provoqué de vifs débats en Italie oí¹ il a beaucoup circulé dans la frange la plus active de la gauche « extra-parlementaire ». Traduit dans son intégralité en allemand, en portugais et partiellement en anglais il est devenu un « classique », destin assez exceptionnel pour un ouvrage écrit entre 1960 et 1970.
Si l’on tentait l’aventure risquée de dresser non pas une « histoire des idées » immédiates, mais une reconstitution de la « sensibilité militante » de la gauche révolutionnaire européenne (la Nouvelle Gauche, les « gauchistes » ou la Gauche Extra-parlementaire selon les pays) on serait amené í distinguer des courants nouveaux í cí´té du fonds marxiste et non-marxiste légué par l’histoire du mouvement ouvrier (anarchisme, ultra-gauche, trotskisme, gramscisme et stalinisme). Le maoí¯sme, l’école althusérienne, dont on a beaucoup parlé en France, sont au nombre de ceux-ci. L’école de Francfort, dont Marcuse n’est qu’un des représentants, s’est imposée d’abord dans les faits í partir de Mai 68 comme une intuition ; ce n’est que récemment que s’est esquissée chez nous la tentative d’en évaluer l’apport. Le courant de pensée, incarné par la Revue Socialisme ou Barbarie qui part d’une expérience militante trí¨s minoritaire de 1950 í 1962, a connu un regain d’actualité et une diffusion beaucoup plus large dans le mouvement aprí¨s 1968.
Il est toutefois une dernií¨re composante, mal connue en France, et dont l’influence en profondeur sur le plan théorique et militant a été forte, dans la mesure, en particulier, oí¹ elle s’aví¨re la plus nettement liée aux nouvelles luttes ouvrií¨res qui ont secoué l’Europe du « miracle économique » durant ces quinze dernií¨res années : c’est « l’operaismo » (l’ouvriérisme) italien.

Or l’« operaismo » italien ne saurait se dissocier d’Ouvriers et capital de Mario Tronti [9]. Cet ouvrage en représente sans doute l’expression la plus achevée. Par la période qu’il couvre « ” la décennie 1960-1970 »”, par l’expérience politique í laquelle il a été associé, par ses qualités, comme par ses défauts, ou ses lacunes, il incarne le « modí¨le », le « classique » de « l’operaismo ».
Comme tous les grands classiques, il « se tient » tout seul sans qu’il soit besoin de l’étayer de précautions, de nuances, de rectifications. Le lecteur s’apercevra vite í son contact qu’il ne requiert pas une méthode d’accí¨s, puisqu’il est lui-míªme probablement l’un des trí¨s rares livres de formation marxiste qui ne sente pas son XIXe sií¨cle. Aussi nous a-t-il semblé préférable de lui laisser le cí´té abrupt qu’il a pu avoir pour des lecteurs italiens en 1966 lors de sa premií¨re édition, en 69 dans son édition pirate, et en 71 dans l’édition augmentée d’une centaine de pages, et enfin dans la réédition de 1977.
Deux choses devraient, jugeons-nous, frapper le lecteur franí§ais. La date que porte chaque essai, comme l’indique laconiquement l’auteur. Sans doute fait-elle la part de ce qui est dépassé. Il nous semble toutefois qu’elle témoigne d’un exceptionnel degré d’anticipation sur l’analyse du capitalisme moderne, sur les problí¨mes politiques qu’a í affronter le mouvement ouvrier. Rien qu’í ce titre, Ouvriers et capital demeure un document de premier ordre pour l’étude des années soixante.
Il y a plus, et c’est le deuxií¨me aspect étonnant de ce livre, lu aujourd’hui í la lumií¨re de la crise des modí¨les « socialistes » : du type particulier de crise « politique » que traverse le capitalisme, í la lumií¨re également de données plus conjoncturelles comme « le compromis historique », ou l’évolution d’une certaine gauche intellectuelle liée au Parti Communiste (tels Althusser et Balibar), il revíªt une dimension nouvelle pour nous.
C’est pourquoi nous avons opté pour une traduction intégrale de l’ensemble des essais qui composent le livre. La partie la plus proprement théorique (Marx hier et aujourd’hui, L’usine et la société, Le plan du capital, l’essai central : Marx, force de travail et classe ouvrií¨re ainsi que le Post-scriptum autour de quelques problí¨mes) reste en effet étroitement liée í l’expérience politique dont Tronti a voulu présenter l’essentiel í ses yeux dans l’Introduction et dans les quatre essais qui parurent comme éditoriaux dans le journal militant Classe Operaia, dont le fameux mot d’ordre « Lénine en Angleterre ».
La mise en situation de l’ensemble de l’ouvrage impliquerait une reconstruction historique de l’ensemble du courant ouvriériste italien et de la gauche extra-parlementaire en Italie qui dépasse les limites imparties í la présentation d’un traducteur.
La série qui s’ouvre avec cet ouvrage aura pour objet précisément de présenter les contributions au courant « ouvriériste » d’autres auteurs. Contributions divergentes, ou différenciées, mais si cohérentes et si étrangí¨res í l’ensemble de la tradition du mouvement ouvrier dans son « orthodoxie » comme dans ses « hérésies » que lors d’une conférence í Coventry de l’Association des í‰conomistes Socialistes (Conference of Socialist Economists) des participants en vinrent í parler de l’« í‰cole Italienne », appellation énergiquement refusée par ceux qui s’en voyaient gratifiés.

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La traduction de Tronti présente une difficulté particulií¨re. La langue utilisée, langue étrange dans l’italien míªme, offre l’illustration d’un retournement de la « rhétorique ». Cette forme est évidemment liée au contenu délibéremment provocateur d’antithí¨ses destinées í jouer sur les thí¨ses, pour transformer les vieilles questions théoriques. Nous nous sommes efforcés de rester le plus prí¨s de l’effet provoqué en italien par son style particulier, nous interdisant en particulier de lisser, d’alléger, bref de réduire la tension qui traverse l’expression.
Nous tenons enfin í remercier tous ceux qui nous ont aidé dans ce travail. Lapo Berti qui a bien voulu nous communiquer le texte de présentation í l’ouvrage qu’il avait préparé pour l’édition allemande (texte dactylocopié). Giuseppe Bezza, Ferruccio Gambino, Manuel Villaverde Cabrai í qui nous devons d’avoir lu et voulu traduire ce livre. G. Bezza a été associé étroitement í cette traduction en particulier í l’introduction, aux deux premiers essais, ainsi qu’aux quatre chapitres décisifs (1, 5, 9 et 10) de l’essai central. Robert Paris a guidé nos premiers pas en relisant le résultat. Il va de soi que les erreurs s’il y a en a nous incombent entií¨rement. Nous tenons enfin í remercier les éditions Edi qui en 69 prirent des options sur le livre, et Christian Bourgois d’avoir accepté d’en assurer la co-édition, comme premier titre de la série Cibles.



Notes :

[1] Il s’agit également de proposer un détour théorique préalable í la séance de l’université ouverte sur le droit au chí´mage proposée ce 10 avril 2016 í Paris

[2] Ce texte est inclus dans le chapitre d’Ouvriers et Capital intitulé « Premií¨res thí¨ses », dont il constitue le quatorzií¨me et dernier point. La premií¨re édition d’Operai e capitale a été publiée en 1966 aux éditions Einaudi. La traduction franí§aise, réalisée par Yann Moulier, avec la collaboration de G. Bezza, a été publiée en 1977 chez Christian Bourgois.
Indisponible depuis fort longtemps, Ouvriers et capital vient enfin d’íªtre réédité par les éditions Entremonde, dans la collection "” rupture.
Pour les notes qui suivent, ce recueil de textes sera désigné O.C.

[3] Le plan du capital / Le Capital social, O.C.

[4] La particularité de la marchandise force de travail, O.C.

[5] Classe et parti, O.C., 1964.

[6] Nous pouvons ainsi tenter de reprendre í notre compte le dicton de Marxien, « comprendre pour transformer », tout faire pour forger un point de vue situé, une tentative en ce sens í l’heure du mouvement contre la loi travail : Proposition d’enquíªte-action í destination des AG de lutte et des isolés appelés í les rejoindre.

[7] 1848, 1871, 1917

[8] La stratégie du refus, O.C.

[9] De Mario Tronti, on trouve également en franí§ais, La politique au crépuscule, Nous opéraí¯stes, aux éditions de l’éclat.

Pour revenir sur ces notions, voir l’article Opéraïsme publié dans le Dictionnaire critique du marxisme ainsi que La ligne de conduite, introduction àOuvriers et Capital, de Mario Tronti

• L’expression « refus du travail  » renvoie àdeux significations distinctes, deux orientations théoriques et pratiques sur lesquelles nous devons àprésent nous attarder : Le refus du travail - L’orda d’oro

• Deux textes sur le salaire, Nanni Ballestrini, Paolo Virno

• Les principes de 1969. La force d’une thèse honnie : le salaire variable indépendante, Paolo Virno, 1998.

• Le refus du travail aujourd’hui, Marcel Duchamp et le refus du travail, Maurizio Lazzarato

• Pas de droit du travail sans droit au chí´mage !, 2016.



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