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Immolation par le feu devant une caisse de retraite à Marseille : il ne s’agit ni d’un fait divers, ni d’un drame individuel

Publié, le lundi 23 mai 2016 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : lundi 23 mai 2016


Le 27 avril dernier à Marseille, Patrice Claude, 62 ans, s’est immolé par le feu devant la Caisse d’assurance retraite Sud-Est où son dossier d’examen de droits était bloqué. Son geste est politique et revendiqué comme tel : Patrice Claude dénonce ainsi les dysfonctionnements gravissimes dont les assurés sociaux sont victimes au moment de passer du statut de salarié à celui de retraité. Des dysfonctionnements qui ne doivent rien au hasard : l’Etat déléguant désormais la gestion des dossiers à des « organismes de droit privé chargés d’une mission de service public », en l’occurrence la Carsat Sud-Est, les ayants-droits sont de plus en plus démunis devant des délais arbitraires et des chicanes administratives « kafkaïennes » (dixit Patrice Claude) qui les laissent sans ressources financières durant des mois.
Patrice Claude, lui, s’est immolé trois jours avant la date où il perdait tous ses droits. Quand on lui a annoncé « avec le sourire » que la personne chargée de son dossier était partie en vacances, « la pression a été trop forte. C’était une accumulation. »

Patrice avait pourtant joué le jeu, commençant son parcours de rendez-vous dès janvier. Devant Carsat, des fils d’attente interminables, des personnes venant parfois de Nîmes — la Carsat « couvre » une bonne partie de la région Paca — pour s’entendre dire que leur rendez-vous est repoussé ou qu’il manque encore un papier. À Patrice Claude, on réclamait entre autre un justificatif de service militaire que le bureau concerné ne lui envoyait pas.

Depuis le drame, la direction de la Carsat comme les services du ministère des Affaires Sociales s’activent… à se défausser [1]. Des conseillers de Marisol Touraine appellent l’hôpital où Patrice se trouve après que des passants lui aient porté secours : pour réaffirmer que l’Etat, déléguant à un organisme de droit privé, n’« a pas la main ». Quant aux vigiles du bâtiment ultrasécurisé de la Carsat où travaillent 1500 personnes, ils ne sont intervenus que tardivement. Par malchance, les caméras de surveillance n’ont pas filmé la scène, qui pourrait bien relever de la non-assistance à personne en danger. La direction ne reconnaît aucune part de responsabilité. Une des stratégies mises en œuvre consiste à tenter de psychiatriser l’affaire. La réduire à un fait divers isolé pour en évider la portée politique. Ce qui s’avère inepte, Patrice Claude ne correspondant à aucun de ces clichés.

Intermittent pendant des années, Patrice travaillait sur des tournages de cinéma et de télévision, puis comme administrateur d’une compagnie théâtrale Jeune public. Handicapé par une grave maladie musculaire, il percevait l’Aide Adulte Handicapé (AAH) depuis environ six ans.

Pour poursuivre sa lutte, Coraline Claude, la fille de Patrice, a décidé de recueillir le plus grand nombre possible de témoignages d’assurés sociaux victimes des mêmes difficultés, sur ce mail : pourpapa13 [at] gmail.com. L’idée d’une plainte collective fait son chemin.

Il ne s’agit ni d’un fait divers, ni d’un drame individuel.





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