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Vers une grí¨ve sociale transnationale - Assemblée samedi 11 Juin í 12 h, Place de la République

Publié, le samedi 28 mai 2016 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : samedi 28 mai 2016


Des militants et des syndicalistes de la Plate-forme vers une grí¨ve sociale transnationale (Transnational social strike) ont participé aux grí¨ves et mobilisations des derniers mois en France et également au week-end international des 7 et 8 mai et aussi au 15M #GlobalDebout. A partir de cela, nous souhaitons approfondir la discussion í propos des liens qui selon nous relient la France avec de nombreux mouvements sociaux, de grí¨ves et d’insubordination í travers l’Europe. Nous souhaitons profiter que soit organisé Place de la République, avec Nuit Debout, un outil de convergence des luttes, un espace oí¹ nous pouvons collectivement imaginer comment surmonter nos limites, les habitudes, les croyances, les pratiques institutionnalisées, les hiérarchies í l’intérieur et í l’extérieur des lieux de travail dans la perspective de rassembler les forces.

Nous partons d’un constat : la « loi travail » n’est pas seulement une loi nationale. Elle fait partie d’un processus de précarisation et d’une attaque visant l’ensemble des salariés et leurs droits, une attaque commune í l’ensemble de l’Union européenne et au-delí . Le plan d’austérité en Grí¨ce, la Loi sur l’emploi en Italie, Hartz IV en Allemagne, les restrictions des droits au Royaume-Uni et en Belgique, et de nombreuses autres mesures sont prises selon la míªme logique : la précarité dans l’UE est devenue la norme. Ceux qui travaillent sous des législations protectrices peuvent - eux-aussi - subir des attaques sociales majeures, réduisant leurs droits au chí´mage et í la sécurité sociale.

La précarité est désormais présente dans les usines, les écoles, la fonction publique. Elle est aussi la condition des migrants, venus de l’intérieur et de l’extérieur de l’UE, qui bien souvent perdent leurs droits au permis de séjour si ils et elles perdent leur emploi, et font également l’objet d’une véritable exploitation, les entreprises et les Etats jouant sur les différences des salaires minimums et les législations du travail qui prévalent parmi l’ensemble des pays du continent. La mobilité croissante du travail et de l’organisation transnationale de la production font que chaque espace, ville, pays, lieu de travail se trouve régi par des dynamiques transnationales. Cependant, alors que la production et les lois portant atteintes aux travailleurs sont organisées de faí§on transfrontalií¨re, nos stratégies sont encore développées autour de la dynamique nationale.

Ainsi, í une échelle importante, en France, il se passe quelque chose de proche de ce qu’est une grí¨ve sociale, qui est un processus capable de combiner l’expression et l’insubordination de ceux qui se sentent exclus des organisations traditionnelles ( que ce soit des syndicats ou des mouvements sociaux), avec la question cruciale de « comment gagner tous ensemble ? » par la grí¨ve et les blocages, tout en mutualisant les forces.

Comment surmonter la division entre ceux qui ont la possibilité de se mettre en grí¨ve et ceux qui ne l’ont pas ? Comment transformer la grí¨ve en une arme politique qui peut íªtre utilisée par le plus grand nombre, dans toute la société ? Quels sont les obstacles í surmonter pour étendre le mouvement de grí¨ve í toute la société ? Pouvons-nous nous organiser et contre attaquer par delí les frontií¨res ? Telles sont les questions qui ont amenés í la création de la Plate-forme vers la grí¨ve sociale transnationale, qui se veut un espace d’expérimentation ouvert,dont l’objectif est l’organisation d’une grí¨ve sociale transnationale. Nous voyons ce qui se passe en France comme un pas en avant dans cette direction.

L’assemblée sur la Place de la République pourra íªtre également un moment d’échange d’expériences et de tactiques sur ce qui a déjí été fait, en France et ailleurs. Ainsi, nous souhaiterions avoir une discussion autour de l’organisation de la solidarité et de quelle manií¨re la plate-forme vers une grí¨ve sociale transnationale pourrait íªtre utile dans le soutien í la mobilisation en France. Ce serait aussi une occasion de débattre de la manií¨re de mettre en oeuvre ensemble l’opposition í la loi travail et son monde en France et dans d’autres pays d’Europe. Nous sommes intéressés pour discuter également de la question de surmonter les différences nationales, de trouver de nouvelles voies de convergence aussi par-delí les frontií¨res, devant les similitudes des lois antisociales avec beaucoup d’autres réformes du travail í travers l’Europe en vigueur dans les dernií¨res années et le pouvoir exercé par les entreprises transnationales. Nous souhaitons ainsi aborder ensemble des questions qui nous semblent cruciales : pouvons-nous définir des revendications communes et des questions politiques qui formeraient la base d’une collaboration transnationale ? Comment combiner le rythme des mobilisations actuelles avec l’optique plus longue, la perspective de la convergence ? Comment consolider ce qui a été conquis en termes de mobilisation dans la société ?

Source : 11 juin, From France to Europe. Building a Transnational Social Strike





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