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Prochaine rencontre Ljubljana les 20 et 21 mai 2017

Transnational Social Strike


Compte-rendu de la rencontre de Londres, Février 2017

Publié, le dimanche 26 mars 2017 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : dimanche 26 mars 2017


En réponse à la transformation rapide du modèle occidental qui développe toujours plus de formes d’oppressions néolibérales la plateforme Transnationale Sociale Strike a été créée pour favoriser les échanges entre les pays afin d’élaborer des stratégies communes dans la lutte contre ce système. Elle accueille les idées politiques d’organisations de plusieurs pays, partageant un engagement commun dans la lutte contre la précarité, pour la défense du droit des femmes et des migrants.

Via le site internet Transnational Social Strike et lors des rencontres organisées régulièrement dans différents pays d’Europe, le partage d’expériences de luttes menées dans plusieurs pays, avec leurs particularités et leurs ressemblances, permet de mettre en commun des outils pour lutter là où l’exploitation prend forme, là où le capitalisme marginalise les précaires, les femmes et les migrants.

Le but de cette plateforme est de permettre la rencontre entre les acteurs des luttes, les délégués de différentes organisations venus de toute l’Europe, afin de créer des liens pour porter collectivement des revendications européennes telles que la liberté de circulation pour les personnes, la mise en place d’un salaire minimum légal et l’établissement d’une protection sociale tout en partageant des moyens de lutter contre l’oppression néolibérale et la montée de l’extrême droite.

Les rencontres Transnational Social Strike ont pour but de renforcer des mouvements de grève au niveau transnational dans des secteurs d’activité dont les entreprises sont établies dans plusieurs pays. Cette plateforme a été créée par des travailleurs du secteur de la logistique. A l’origine, des employés d’Amazon, lors d’une grève sur un site polonais en 2015, se sont regroupés avec des collègues d’Allemagne dont les conditions de travail étaient meilleures, pour revendiquer un salaire minimum pour tous les salariés européens du groupe. En France à la même période, le syndicat Sud Commerces et Services a organisé une rencontre avec les délégués de la plateforme Amazon d’Orléans pour tenter d’organiser une grève dans toute l’Europe. En Angleterre, ce sont des livreurs à vélo Deliveroo qui se sont mis grève en 2016. Enfin, une semaine de mobilisation contre l’enseigne New Look et sa politique de répression syndicale a eu lieu en février 2017 dans plusieurs villes de France et devant des magasins polonais à Varsovie et à Poznan, allant jusqu’au siège social de la marque à Londres.

La plateforme du TSS considère la logistique comme cruciale dans la lutte contre l’exploitation, car il touche plusieurs secteurs : le transport, les infrastructures, la livraison, la communication et le commerce. Les principales transformations de la production y ont eu lieu ces dernières décennies, installant une nouvelle logique économique à travers les pays et imposant une organisation du travail régit par des logiciels. Bien sûr, il n’y a pas que les plateformes numériques qui sont transnationales et si les grands groupes industriels et bancaires le sont aussi, les syndicats ne tentent que rarement d’organiser des convergences à l’échelle européenne. La plateforme TSS est un outil pour faciliter la convergence des luttes. Le syndicat Sud Commerce et Service y est très actif depuis la création de la plateforme.

Les échanges au sein de la TSS permettent de rendre compte des luttes afin qu’elles convergent quand elles le peuvent, mais aussi pour qu’elles soient source d’inspiration et insufflent de la force à d’autres luttes.
Un mouvement reste dans la mémoire collective, d’où l’intérêt de porter sa visibilité le plus loin possible.

Lors des rencontres TSS organisées en Europe, les participants des différents pays peuvent confronter les similitudes et les différences de leurs approches afin d’envisager concrètement comment dépasser les divisions. Lors des ateliers, chacun peut prendre la parole à la suite des intervenants qui animent les discussions.

Compte-rendu Londres du 10 au 12 février 2017

Cette rencontre de Transnational Social Strike à Londres en février 2017 a réuni durant trois jours une centaine de personnes venues de plusieurs pays d’Europe et des Etats-Unis. Elle a permis de discuter de plusieurs sujets :

  1. Comment faire grève aujourd’hui ? Grève dans le secteur de la logistique
  2. One day without us : un jour sans immigrés/ appel à la grève du 20 février
  3. Vers une grève générale des femmes/ la journée du 8 mars

1 - Comment lutter quand votre patron est une machine, un programme ou une chaine ?

A l’échelle européenne le système de la « gig economy » s’installe progressivement. Cette économie dite des plateformes transforme l’emploi, isole et précarise les travailleurs dans un système numérique désincarné où ils n’ont parfois comme interlocuteur qu’un site internet. Ce système est peu coûteux. Il repose sur un réseau d’utilisateurs au détriment des employés. Il prône une flexibilité de l’emploi, fractionnant le travail en petits boulots, et justifie les réformes européennes du code du travail, afin de permettre la sous-traitance des travailleurs payés à la tâche. Il y a alors un double mouvement dans cette destruction du droits des travailleurs : d’une part flexibiliser le marché du travail, d’autre part transformer les salariés en indépendants qui auraient affaire à des usagers, faisant ainsi oublier la figure de l’employeur. Cette auto-exploitation qui existait déjà avec des recours abusif à l’auto-entrepreunariat, prend alors une autre dimensions, dite collaborative.

Du « Job act » en Italie, au « zéro hour contract » en Angleterre, de la loi Peters en Belgique à la loi Hartz en Allemagne et à la loi Travail en France, la destruction du droit des travailleurs est généralisée pour répondre à cette transformation du marché du travail.

Dans un tel contexte, comment trouver de nouveaux moyens de s’organiser pour faire grève ? Comment défendre un statut d’employé afin d’obtenir des congés payés et un salaire à taux fixe, dans un système qui met en avant l’indépendance et l’affranchissement des anciennes contraintes liées au salariat traditionnel ?

Du côté des salariés d’Amazon, la plateforme TSS permet d’organiser des actions transnationales. Depuis 2015 un réseau de salariés européens s’est tissé pour continuer à mettre la pression sur l’entreprise afin d’obtenir de meilleurs conditions de travail partout en Europe, pour lutter contre la politique de l’entreprise qui voudrait réduire ses salariés à des machines régies par des algorithmes [1]

2 - « One day without us/ Un jour sans nous », c’est-à-dire une journée de grève des immigrés, pour la reconnaissance de leur importance dans le fonctionnement du pays.

L’initiative circule d’un pays à l’autre depuis 2006 où la première journée « One day without us » a été organisé aux Etats-Unis. Lors de ce mouvement, les migrants ont pris conscience de leur pouvoir et de leur force [2]

En 2010 en Italie un appel à la grève des migrants d’une journée a permis de médiatiser la situation des immigrés dans le pays, lançant un mouvement de lutte qui a donné lieu à de grandes manifestations et des grèves dans des usines de Bologne par exemple, avec de nombreux travailleurs impliqués, et pas seulement des migrants. En 2011, deux semaines de grève des travailleurs agricoles africains dans la région des Pouilles ont marqué l’Italie comme la plus importante grève auto-organisée des migrants dans l’agriculture italienne. Cette grève reste symboliquement très importante [3].

En France, le 1er mars 2010, « la journée sans immigrés, 24 heure sans nous » a également donné lieu à une mobilisation, alors que les débats sur l’identité nationale installaient un climat nauséabonde. Plusieurs révélations sur la présence d’employés sans papiers dans les institutions et les entreprises françaises ont rappelé la lutte des sans-papiers de 2008 où plus de 300 travailleurs sans papiers avaient fait grève, soutenus par la CGT... et même un syndicat du patronat du milieu de l’hôtellerie et de la restauration, pour demander leur régularisation !

Durant la rencontre TSS, l’objectif de cette grève d’une journée sans immigrés touchait principalement l’Angleterre et les Etats-Unis qui, faisant face au Brexit et à l’élection de Trump, voulaient envoyer un message fort pour contrer le racisme et la xénophobie.
(Des journées « One day without us » ont été organisées aux Etats-Unis et en Angleterre entre le 16 et le 20 février 2017. )

Les discussions entre des intervenants venus de différents pays ont insisté sur l’importance que ces journées rendent visible la situation des immigrés dans nos pays, au lieu d’axer la mobilisation sur l’importance de leur participation à l’économie du pays. Il a été dit que ces journées doivent impulser politiquement un mouvement dans lequel les migrants prennent la parole pour eux-mêmes sur les conditions de précarité et de misère dans lesquels ils vivent. Pour ne pas les laisser seuls face au système, les syndicats et les citoyens doivent les soutenir et si besoin les aider à s’organiser pour repenser les modalités de la grève au-delà des limites conventionnelles. Dans une pratique d’insubordination susceptible de se propager à plusieurs pans de la société, les solidarités entre précaires, migrants et demandeurs d’asile peuvent se renforcer pour dépasser les divisions et favoriser l’auto-organisation. Pour aller au-delà de la victimisation, nous devons déconstruire la division entre le bon et le mauvais migrant, celui qui a droit à l’asile et celui qui vient chercher du travail

3 - Vers une grève générale des femmes le 8 mars.

Plusieurs collectifs et syndicats d’Italie, de Pologne, de Suède, d’Irlande, d’Angleterre, d’Allemagne, de Slovénie et de France se sont réunis pour discuter du potentiel de la grève des femmes, en relation avec la plateforme Transnational Social Strike.

A travers l’Europe et ailleurs, le droit des femmes est attaqué par plusieurs biais. Partout dans le monde, les femmes se battent contre le patriarcat et les attaques du néolibéralisme. Elles subissent l’oppression et l’exploitation au sein de la société, sur leur lieu de travail et chez elles.

La lutte des femmes est un mouvement transnational. C’est un mouvement social, contre la disparité des salaires, le harcèlement dont les femmes sont victimes sur leur lieu de travail ou dans la société. Ce mouvement dépasse de loin toute réformes politiques, pour s’étendre à l’organisation actuelle de notre société.

Towards the Global Women Strike // March 8th, Transnationale Sociale Strike



Prochaine rencontre transnationale à Ljubljana les 20 et 21 mai 2017. Pour plus d’infos : transnational-strike.info.

Enregistrement des prises de parole durant la rencontre : https://soundcloud.com/arkatfilms/s...



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