sur l’incompétence (7 novembre 2003)

mardi 6 juillet 2004
Dernière modification : mardi 6 juillet 2004

Communiqué de la commission des mots,

in la Coordination des intermittents et précaires d’Île de France.

- Je compète
- Tu compètes
- Il/elle compète
- Nous compétons
- Vous compétez
- Ils/elles compètent.

Le Tribunal de Grande Instance se déclare incompétent. La Commissure des mots se déclare, elle, présomptueusement compétente.

Incompétent. Antonyme de compétent. Du verbe compéter. Compéter. Du latin competere « tendre vers un même point ». Formé du préfixe cum et du verbe petere « chercher à atteindre, à obtenir ». Le verbe petere n’a que des dérivés préfixés dans la langue française : Appétit, impétueux, perpétuer, pétulant, pétition, répéter, répétition, impétigo, compétition, et parpaing.

La compétence est étymologiquement l’action de tendre vers un même point. L’incompétence est étymologiquement l’action de ne pas tendre vers un même point.

Alors oui, le TGI est incompétent. En le déclarant, il dit bel et bien qu’il ne tend pas vers le même point. Que ceux qui montrent, depuis quatre mois et demi, que le protocole ne colle pas, que ce soit dans l’idée ou dans la procédure.

Qui est compétent ? Qui compète ?

L’incompétence est apparue au XVIe siècle. Elle a aujourd’hui une double valeur, juridique et courante. La commission des mots entend la juridique, mais choisit la courante.

Se déclarer incompétent. C’est quelque chose.

La commission des mots pétule, et répète son impétueux appétit, perpétuant la pétulance de sa compétence. Gare aux parpaings.

La commission des mots.

PS : le mot protocole est issu du latin protocollum , lui-même issu du grec protokolon , qui signifie « ce qui est collé en premier ». Certes, il nous colle aux fesses.

Décollons.