Atelier-projection le samedi 21 janvier 2006 (groupe Boris Barnet)

mercredi 18 janvier 2006
Dernière modification : vendredi 20 janvier 2006

« Brûler des voitures ? Laisser libre cours à sa rage devant l’injustice et l’indécence ? Casser, tout casser ? Nombreux, nous l’avons rêvé ; ils l’ont fait. Je laisse à d’autres la responsabilité de punir ces actes plutôt que d’autres. »
(François Athané - jeudi 10 novembre 2005)

Le groupe Boris Barnet vous invite à un atelier-projections-lectures-discussion-tartiflette le samedi 21 janvier à 14h 30, à la coordination des intermittents et précaires d’île-de-France, 14 quai de charente, m° corentin cariou

  1. Montage d’extraits (Godard, Pialat, Pasolini, Bunuel)
    Puisque la télévision, comme à son habitude, n’a rien vu ni rien montré, qu’est-ce qu’on voit dans le cinéma, qui est en train de se préparer ?
  2. L’amour existe, Maurice Pialat,1961, 19’
    « La grande banlieue est la terre élue du Petit pavillon. C’est la folie des petitesses. Ma petite maison, mon petit jardin, mon petit boulot, une bonne petite vie tranquille. Vie passée à attendre la paye. Vie pesée en heures de travail. Vie riche en heures supplémentaires. Vie pensée en termes d’assistance, de sécurité, de retraite, d’assurance. Vivants qui achètent tout au prix de détail et qui se vendent, eux, au prix de gros. »
    Maurice Pialat
  3. Les Amants réguliers, Philippe Garrel, première partie
    1968. Sous la caméra du réalisateur ce n’est ni un phénomène historique, ni une étude sociologique, ni une occasion de ressortir costumes pat’ d’eph’ et patchouli. Les évènements de mai ont existé avant d’entrer dans l’Histoire parce que des jeunes croyaient en leurs espoirs et rêvaient leur idéal. Ils se sont battus aux côtés de quelques adultes pour changer la société. Qui a dit qu’ils avaient gagné ?
  4. Lectures de textes (Michel Foucault, Erri de Luca, Arlette Farge, SNOP : Syndicat National des Officiers de Police)
    « Nul n’est tenu de trouver que ces voix confuses chantent mieux que les autres et disent le fin fond du vrai. Il suffit qu’elles existent et qu’elles aient contre elles tout ce qui s’acharne à les faire taire, pour qu’il y ait un sens à les écouter et à chercher ce qu’elles veulent dire. »
    (Michel Foucault)
  5. Tartiflette

A propos de L’amour existe

« Pourquoi un film ne serait-il pas confus lorsqu’il est l’expression par un « jeune homme confus », d’une société confuse dans une époque confuse ?
Pourquoi un film ne pourrait-il pas être qu’un outil d’interrogation, et simultanément support de partage de ladite interrogation ?
Changez interrogation par recherche, quête si vous le souhaitez.
Seule la donne éminemment économique du cinéma s’oppose à cela.
L’Amour existe me parle parce qu’il est l’équivalent quarante ans plus tôt, de tous ces films qui existent et que je veux voir exister aujourd’hui.
Il s’agit d’un film à très faible budget, et si préalablement écrit (...), « composé » en tous cas sur la table de montage par quelqu’un qui s’était approprié « lui-même » les techniques inhérentes à un cinéma « pauvre » et léger.
Toutes relèvent d’un cinéma plus ou moins « auto-financé » (peu ou pas de sons directs, caméra sur pied, épaule ou « travellings domestiques »...), et soulignent au moins, au final, la cohérence morale du projet...
Pour faire ces films dits pauvres, il faut savoir, vouloir aussi...autant d’humilité que d’orgueil...mais il faut les faire...

Moi j’aime cette confusion, cette impatience, ce « qu’est-ce qu’on attend ? » quasi subliminal...
J’aime cet inconnu au bout de la confusion, ce quelque chose vers quoi il faut vite tendre et aller, sans quoi il n’y aura point de salut pour l’homme...
C’est aussi ma vie, mon modeste combat, ma petite révolution, la seule possible, celle qui conduit simplement à l’autre...
L’autre qui est autre...l’autre que je suis...
Militant de l’autre ...
En 2004 !...

Le cinéma comme une expérience qui aboutit parfois à un film, parfois à un bon...
Le cinéma comme un simple chemin vers l’autre...
Le cinéma comme une simple prise de parole...
Le cinéma comme une esquisse...
Comme une poésie griffonnée... »

Laurent Charles