Tract,Lettre : Culture en danger

lundi 17 avril 2006
Dernière modification : lundi 17 avril 2006

Culture en danger

Cher public,

Nous tenons à vous faire part de la situation dramatique de la culture aujourd’hui. En effet, les politique culturelles menées notamment depuis 2003 sont en train de dévaster ce bien précieux qui est commun à tous, à nous créateurs et à vous public, au lieu de le protéger. Ce spectacle que vous allez ou venez de voir est le fruit du travail collectif d’artistes, techniciens et administrateurs qui exercent leur métier en partie grâce au régime d’assurance chômage des intermittents du spectacle.
Suite aux effets d’annonce du ministre de la culture, relayés par les médias, vous pensiez peut-être que la situation des intermittents du spectacle était résolue. Il n’en est rien.

En ce début d’année 2006 une nouvelle convention Unédic (dont fait partie le protocole d’accord -annexe VIII et X- qui régit nos professions) vient d’être signée par les partenaires sociaux (sauf CGT et FO). Cette nouvelle convention entraînera des dizaines milliers de chômeurs et de salariés à emploi discontinu vers une précarité croissante.

En ce qui concerne plus particulièrement le régime des intermittents du spectacle, les discussions pour un nouvel accord sont en cours et nous savons d’ores et déjà que les propositions faites ne feraient qu’aggraver la situation actuelle.

Depuis trois ans
nous crions haut et fort que cet accord est injuste, inégalitaire et désastreux,
Nous manifestons,
Nous organisons des prises de paroles,
Nous informons,
Nous faisons des propositions,
Nous menons des actions.

Notre lutte, nos pressions constantes ont permis de ré-obtenir quelques droits fondamentaux, ainsi qu’un fonds transitoire temporaire qui a permis de rattraper à ce jour, 19.300 intermittents ; une goutte d’eau, un pansement qui ne résout en rien les problèmes à long terme.

Pour comprendre, nous avons travaillé sur une enquête collective conduite par un laboratoire de chercheurs. Cette enquête sociologique a démontré l’inadéquation de ce protocole à nos pratiques d’emploi, son injustice et son coût onéreux (40% plus cher que le modèle précédent ) alors qu’il était censé résorber le déficit des annexes du spectacle.

Pour avancer nous avons pensé et proposé un nouveau modèle d’indemnisation basé sur le principe de la mutualisation et d’une meilleure redistribution.

Nous avons interpellé nos élus.
L’ensemble des concernés, Ministre, expert nommé par le gouvernement, parlementaires ont reconnu que ce protocole est désastreux et ne peut subsister en l’état..

Une proposition de loi parlementaire a été déposée, soutenue par 470 députés, elle n’attend que le gouvernement pour en faire un projet de loi.

Que fait-il ?

Face à ce mutisme, comment la saison culturelle, les festivals, pourraient-ils se dérouler normalement ? Alors que la culture est déjà gravement atteinte, comment continuer à nous taire ?
Quelques soient les actions que nous seront encore contraints de mener, sachez qu’elle ne sont pas tournées contre vous. Bien sûr nous luttons pour le maintien de nos droits et pour travailler dans des conditions décentes, mais aussi pour vous.
Pour que vous, public, continuiez à avoir droit à cette richesse culturelle, aujourd’hui mise à bas comme le sont les services publics et les droits sociaux.

Il est aujourd’hui plus qu’urgent de nous mobiliser ensemble avant qu’il ne soit trop tard. Ce que nous risquons de perdre aujourd’hui c’est ce que d’autres, avant nous et pour nous, avaient obtenu.
Quelle que soit votre profession, votre situation, salarié permanent, chômeur ou précaire, notre combat est le vôtre. Ensemble exigeons du gouvernement qu’il retire son agrément de la convention Unédic et qu’il mette à l’ordre du jour de l’assemblée nationale la proposition de projet de loi soutenue par la majorité des parlementaires.

Ce que nous défendons nous le défendons pour tous.

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